Une rencontre catastrophique pour les thèses antisectes primaires de M. Fenech...  que ce dernier n'hésite pourtant pas à présenter comme un succès

Par le CICNS (juillet 2012)  

Le 6 avril 2011, Georges Fenech reçoit Mgr Konstantin Bendas, vice-président de l’union russe des chrétiens évangéliques pour lui présenter le "modèle français" de lutte contre les "sectes".

M. Fenech résume cette rencontre ainsi (source) :

« L’entretien qui s’est déroulé dans des conditions très cordiales a permis de préciser les approches russe et française de la question. Mgr Bendas a exprimé le souhait d'inviter le président de la Miviludes en Russie, notamment pour expliquer à la Douma l'organisation, les missions et le fonctionnement de la Miviludes, ainsi que le dispositif législatif français en la matière. M. Fenech a répondu qu'il accepterait volontiers une invitation à se rendre à Moscou

Sans se douter que Mgr Bendas ne manquerait pas de publier son avis cinglant, à l'opposé de sa présentation falsifiée (source) :

« Les antisectes créent le mythe qu’ils veulent combattre avec l’argent de l’État »

 

Source: Service de presse ROSKHVE 18 Juin 2012 (traduction CICNS)

 « Paris Tribune » a annoncé le 8 juin 2012 que George Fenech, président de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Lutte contre les Dérives Sectaires), a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 1 juin 2012 pour diffamation. Laffaire a commencé avec des accusations diffamatoires publiées dans le rapport de la MIVILUDES de 2009 à propos d’une organisation laïque : la société française pour la défense de la tradition, de la famille et de la propriété.  

La 17eme Chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée dans les affaires liées aux médias et à la presse, a jugé le caractère calomnieux des propos accusateurs contenus dans le rapport présenté à Monsieur le Premier Ministre. Le Parquet a surtout noté le manque de précision dans ce rapport ainsi que l’indélicatesse des expressions utilisées. Le Parquet a mis l’accent sur le fait qu’une agence d’État comme la MIVILUDES ne devrait pas utiliser des formulations et des hypothèses vagues et confuses dans son travail. 

Lors de sa visite officielle en France, en 2011, le vice-président de l'Union russe des chrétiens évangéliques, l’évêque Konstantin Bendas, a rencontré George Fenech et a fait part de ses impressions : 

« La rencontre avec le président de la MIVILUDES m’a laissé des sentiments plus qu’ambigüs. En plus de moi et M. Fenech, son premier adjoint, le représentant du Ministère des Affaires Etrangères, qui avait organisé ma visite, ainsi que la traductrice mise à notre disposition étaient présents à cette réunion. Je dois préciser que tout mon voyage en France était consacré à un échange d'expériences dans le domaine des relations interconfessionnelles et aux rapports entre l’État et la religion. En France, comme en Russie, différentes forces essaient de plus en plus souvent d’utiliser la religion afin de provoquer des sentiments d’hostilité, de créer une tension dans la société et, dans certains cas, pour justifier des crimes. En divers endroits de notre planète, des guerres et des conflits sont mis en place, provoqués ou justifiés sur la base de la religion.

J'ai d'abord été stupéfié par le niveau de paranoïa et de protection du cabinet de M. Fenech. Le bâtiment de la MIVILUDES n'affichait aucune plaque indicative mais était muni d'un nombre impressionnant de caméras de surveillance. Nous avons été accueillis par des officiers de la gendarmerie équipés de gilets pare-balles et d’armes automatiques. Partout, à l’intérieur du bâtiment, des caméras de surveillance étaient installées, y compris dans le petit ascenseur, et un gendarme nous a escortés jusqu’au bureau du président. Le bureau de M. Fenech est meublé d’une façon très coûteuse, même en comparaison des bureaux des autres hauts fonctionnaires que j’ai rencontrés, par exemple du ministre de l’Éducation Nationale, du responsable d’un des départements du Ministère de la Défense, ou du Ministre de l’Intérieur. Nulle part, je n’ai vu de meubles et de décorations si coûteux et luxueux. Aucun des fonctionnaires de l’État de France que j’ai rencontrés ne se permet de porter des costumes et des montres en or aussi chers. 

J’ai sincèrement essayé de comprendre cette menace contre laquelle il a fallu mettre en place de tels moyens de protection et investir de telles sommes. Hélas, pendant notre conversation d’une heure et demie, je n’ai pas obtenu de réponse claire. Des formules fabriquées et sans fondement constitutionnel comme « menace sectaire » ou « dérives sectaires » ont été utilisées. À ma question directe de savoir ce que cela signifie vraiment, je n’ai pas reçu de réponse. D’après les propos de M. Fenech, il s’agirait de quelque chose « qui dépasse les limites de l’existant ». Mais les critères de cet « existant » sont restés flous. Par exemple, j’ai demandé si l’enseignement et la pratique de l’Église Catholique romaine pourraient être pris comme critère et si les écarts par rapport à ce critère pourraient être considérés comme sectaires. « Non, m’a-t-il répondu, même dans l’Église catholique, il y a beaucoup de dérives sectaires ». De plus, selon le président de la MIVILUDES, la lute contre les sectes ne concerne pas exclusivement le domaine religieux. Les dérives sectaires peuvent se trouver partout : dans la politique, l’économie, des questions sociales. D’après les propos de M. Fenech, la menace sectaire est la tentative d’influencer de différentes façons un être humain qui se trouve dans un état de « faiblesse ». En comptant sur ses doigts, le combattant des sectes français a énuméré les situations suivantes : une personne qui a récemment perdu des membres de sa famille, une personne malade, handicapée, divorcée récemment, qui a vécu des difficultés familiales ou des conflits, ainsi que les enfants, les adolescents, les  écoliers, les étudiants, les femmes enceintes, les agents des forces militaires, les prisonniers, les employés... Il ne manquait que « ceux qui se sont levés du mauvais pied » ! Toute la population de notre planète tombe dans la catégorie d’êtres humains susceptibles d’être manipulés par une secte. C’est donc de l’influence d’un être humain sur un autre être humain que la MIVILUDES tente de nous protéger. Comme nous le voyons, c’est un champ d’activité très vaste, dont les critères ne sont fixés que par cette organisation, la MIVILUDES.

À mon avis, ces gens ont inventé une menace horrible et pour pouvoir lutter contre elle, ils reçoivent des sommes d’argent très importantes. Avec l’argent de l'État, celui des contribuables, la MIVILUDES cherche un chat noir dans une chambre noire, où il ne se trouve même pas. Fenech met à son crédit sa propre influence sur les structures et organisations antisectes dans d’autres pays, y compris en Russie.

Lorsque cette rencontre a pris fin et que nous sommes sortis dans la rue, j’ai entendu le soupir de soulagement de la traductrice qui m’accompagnait. Je lui ai demandé ses impressions et cette personne laïque, sans lien avec le domaine religieux, m’a dit : « Je n’ai jamais fait partie d’une secte, mais si elles existent, alors elles doivent vraiment ressembler à la MIVILUDES ! »  

Que conclure en résumé ? Nous ne devrions en aucun cas inventer de nouvelles menaces et de nouvelles méthodes de lutte dépassant le cadre de la législation existante et des droits fondamentaux. Nous devons rester particulièrement prudents dans le monde d’aujourd’hui. Les organisations qui construisent la paix et le dialogue international et interconfessionnel ont besoin d’un soutien véritable de l’État, car c’est grâce à son effort que nous pourrons réunir la société. Cependant, face à ces combattants contre des menaces sectaires mythiques, excusez-moi cette tautologie, il faut vraiment lutter en appliquant toute la rigueur de la loi. »

 

 

 

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