Correspondance entre le CICNS et le gouvernement

Lettre adressée à M. Nicolas Sarkozy au sujet du changement de Président de la MIVILUDES.

A l'attention de Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République Française
Palais de l'Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Montpezat de Quercy, mercredi 11 juin 2008

Objet            Remplacement du Président de la MIVILUDES en 2008

Réf                cicns/NS/n°4

Monsieur le Président, 

Lors des discours de Saint-Jean de Latran et de Riyad, vous avez présenté sans équivoque la valeur que représentent à vos yeux les religions et, plus généralement, la spiritualité pour la société française. Vos propos ont suscité des réactions parce qu'ils évoquent le sujet sensible de la laïcité. Lorsque des désaccords sont exprimés, ils participent à faire avancer la réflexion. 

A la même période, des paroles encourageantes ont, dans un premier temps, été prononcées par  la Ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie concernant le traitement de la question des dérives sectaires. Ces propos n'ont malheureusement pas été suivis d'effets positifs et la Ministre a lancé des actions traduisant plutôt son souhait de "décomplexer la lutte contre les dérives sectaires" (Le Parisien) que d'engager une réflexion de bon sens sur le sujet. 

S'il fallait résumer la politique de lutte, en particulier par l'entremise de la MIVILUDES , le mot de "complexée" ne viendrait pas à l'esprit. Il nous semble plus objectif de parler d'une regrettable exception française aux "dérives" patentes, attestées par le travail d'analyse de nombreux sociologues, juristes, observateurs français mais également étrangers et d'associations comme le CICNS.

La recherche spirituelle est aujourd'hui très diversifiée et cette diversité est en principe protégée dans le cadre de la loi de 1905 qui garantit également le respect de l'ordre public. Cette protection n'est pourtant plus assurée aujourd'hui dans la mesure où ces démarches alternatives sont accusées arbitrairement de dérives sectaires et sujettes à discrimination. Ce n'est pas là l'esprit de notre laïcité. 

Nous considérons que le sujet important de la place de la spiritualité dans notre société nécessite la création d'un Observatoire indépendant des minorités spirituelles [1]. Nous vous invitons à prendre en considération ce projet d'Observatoire dont nous avons une présentation sur notre site.

La MIVILUDES ne remplit pas ce rôle. Dans peu de temps, sa présidence sera vacante et, afin de rétablir au minimum un débat serein à défaut de traiter un sujet de société dans son ensemble, il nous parait urgent de choisir un nouveau président qui ait démontré son ouverture d'esprit, son sens du dialogue, de la conciliation, et qui accepte de s'entourer d'experts reconnus (notre pays n'en manque pas).   

De plus en plus de personnes expriment leur désarroi mais également leur profond mécontentement sur la façon dont ils sont stigmatisés en raison de leurs choix spirituels alternatifs. La politique de lutte contre les dérives sectaires ne doit pas retourner la société française contre une partie d'elle-même. 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.  

Pour le CICNS,  

Marie-Christine Koenig, Porte-parole  

Requête soutenue également par Human Rights Without Frontiers (Brussels) - Willy Fautré     

 

[1] Voir la page de notre site consacrée à ce projet :

http://www.cicns.net /Observatoire_Independant_des_Minorites_Spirituelles_Projet.htm 

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