Courrier à M. Nicolas Sarkozy

Lettre à M. Nicolas Sarkozy pour l'inviter à développer une réflexion sur la place des minorités spirituelles dans notre pays.


24 mai 2005

Monsieur Sarkozy,

Nous vous remercions d'avoir répondu à notre courrier du 27 février.

Vous insistez dans votre lettre sur la nécessité de combattre et de condamner les déviances intégristes de certaines religions, dénonçant ces déviances comme source de violence, de haine, d'extrémisme et d'intolérance. Nous ne nions pas l'existence d'un tel phénomène qui peut mener à des actions extrêmes, jusqu'au terrorisme, mais là n'est pas le propos de notre association.

Comme nous vous l'avons présenté dans notre précédent courrier, nous constatons qu'il existe en France une grave atteinte à la liberté fondamentale pour chaque citoyen, de vivre, d'exprimer et de partager ses convictions spirituelles, et nous nous inquiétons de constater une orientation de plus en plus répressive de la part des pouvoirs publics à l'encontre des minorités spirituelles péjorativement qualifiées de sectes.

Dans votre livre vous écrivez :

" En l'état actuel, nous n'avons aucun indice d'une vague de dérives sectaires qui submergerait la France, ni même d'une extension du phénomène. Certes, il convient de rester vigilant et de ne faire preuve d'aucune faiblesse. Je me demande cependant si parfois l'on n'a pas été trop loin, jusqu'à faire preuve d'un certain sectarisme ! Loin de moi l'idée d'accepter n'importe quoi ou même d'être seulement laxiste. Mais de là à poursuivre de sa vindicte toute organisation, y compris les plus inoffensives, il y a un pas qui ne doit pas être franchi. "

Puis plus loin :

"…Mais cette inquiétude ne justifie pas une lutte tous azimuts et sans mesure contre le moindre mouvement spirituel nouveau. "

Nous aurions beaucoup apprécié de développer cette réflexion avec vous puisque vos propos indiquent que vous êtes témoin de cet excès de vigilance de la part des pouvoirs publics envers des minorités spirituelles inoffensives et nous aimerions avoir un retour de votre part sur notre action qui a pour but d'alerter l'opinion sur les conséquences dramatiques de tels excès pour la vie des personnes concernées.

Nous espérons trouver auprès d'hommes politiques tels que vous l'ouverture de cœur et d'esprit pour poser avec nous un nouveau regard sur la question de la spiritualité et de sa place au sein de notre société.

Veuillez croire, Monsieur Sarkozy, en l'assurance de nos respectueux sentiments.

Marie Calvia
Pour le CICNS

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