Le diplôme et l'innéité

 

par André Tarassi  (décembre 2005)

Sur la question des thérapies ou des pratiques spirituelles, le discours des autorités et des médias présente le diplôme comme le seul garant de la valeur d'un accompagnement thérapeutique. Autrement dit, hors diplôme, il ne serait pas raisonnable de penser qu'un être humain puisse en aider un autre.

 

Le diplôme est l'expression d'une croyance moderne qui affirme que nous devons acquérir certaines capacités par la connaissance et l'apprentissage, et que rien n'est inné. Cette certitude occulte évidemment le fait qu'à l'origine de tous les diplômes, il y a ces personnages de l'histoire qui ont puisé en leur for intérieur (par une réflexion plus intime, moins cérébrale) ou par l'expérience ces mêmes connaissances pour les partager ensuite. Elle occulte tout autant le fait qu'à instruction égale, les diplômés ont des compétences très variables en fonction de leur capacité innée à l'empathie et l'écoute ou leur éveil personnel à certaines valeurs qui ne peuvent pas demeurer uniquement sur le plan intellectuel si elles doivent jouer un rôle dans l'accompagnement. La sagesse et l'amour ne s'obtiennent pas sur les gradins des universités.

 

Voilà pourquoi, au sein de nombreuses minorités spirituelles aujourd'hui, on insiste beaucoup plus sur l'éveil spirituel que sur la connaissance intellectuelle, l'apprentissage ou certaines formes d'ordination moderne. 

 

On pourra, certes, opposer que cela n'est pas plus une garantie que le diplôme et je pourrais accepter cette réserve à la condition que les deux perceptions soient respectées. L'obsession du diplôme, d'autant plus dépassée que le diplôme a grandement perdu de sa valeur aujourd'hui, a conduit à une ségrégation dommageable dans les méthodes d'accompagnement thérapeutiques et de soulagement de la souffrance humaine. 

 

Pour beaucoup, la science a compartimenté le vivant au point de limiter la perception des causes de la souffrance à la mécanique du corps et du cerveau. Il serait vraiment regrettable et tragique d'écarter de la relation d'aide les personnes qui, hors du circuit des écoles, se sont éveillées à des réalités essentielles pour l'humanité et à partir desquelles les autorités de demain ne manqueront pas d'inventer de nouveaux diplômes.

 

Lire également cet article qui, en 2006, fait écho à mon propos : « Qui ne se réclame que d’un diplôme, ou d’une formation technique, pour exercer la psychothérapie, se sent incité à prendre une position de maîtrise(…)  Les héritiers des courants majeurs de la psychopathologie possèdent des modes de formation spécifiques, issus d’une expérience séculaire, ils mettent au premier plan une expérience de mutation subjective, plus déterminante qu’un savoir académique. » Jean-Claude Maleval et Marie-Jean Sauret.

 

André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux états-unis.  Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.

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