Éditoriaux

Tous les éditoriaux depuis la première lettre du CICNS


Janvier 2008

La simple mention d’une remise en cause de notre « laïcité à la française » a suffit à rallumer un conflit vieux de plus de deux cents ans, que la loi de 1905 n’a pas réussi à éteindre.  
Hier une bonne partie de la gauche s’offusque devant l’audace d’un chef d’État osant défier les principes immuables de notre République laïque : « Amis athées, retournez à votre dépression, vous n’appartenez plus au genre humain… », dramatise Caroline Fourest. Aujourd’hui, le Grand Orient s’indigne de « l’offensive des sectes sur l’Europe » et appelle à une mobilisation « à l'heure où certains - et les sectes au premier rang - entendent réformer la loi française de 1905 ».  
Selon Raphaël Liogier, sociologue des religions : « L’exception française est une exception qui se caractérise par l’obsession du religieux ». Est-il alors permis d’envisager que, malgré quelques « raccourcis historiques au moins cavaliers » (A. Duhamel, Libération, 23/01/08), les propos de Nicolas Sarkozy fassent écho à l'aspiration profonde d’une partie des Français à vivre ouvertement leur foi, quelle qu’elle soit ?  
M. Liogier poursuit en décrivant comment, du point de vue historique, la France en est venue à être « un des pays qui intervient le plus dans le domaine religieux en Europe, en donnant des définitions religieuses, en faisant des classifications religieuses. » Une étude qui surprendrait bien des partisans de la laïcité s’ils prenaient la peine de lire ces recherches universitaires dont nous avons tant besoin pour ramener un peu de bon sens dans ces querelles de clochers.  
De l'autre côté de l'Atlantique, Barack Obama, candidat à l’élection présidentielle, vient lui aussi briser les vieux tabous : « Dans neuf petits jours, près de la moitié du pays aura l'occasion de nous rejoindre pour dire que nous en avons assez des vieilles habitudes de Washington, que nous avons faim de changement et que nous sommes prêts à croire à nouveau », déclare le sénateur de l’Illinois.  
Si le monde bouge, pourquoi la France ne bougerait-elle pas avec lui ?


Janvier 2008

Nicolas Sarkozy, lors de son déplacement au Vatican, a réaffirmé sa conviction que les Français sont en attente de spiritualité, de valeurs et d'espérance. C'est en effet la réalité d'une grande partie de la population qui se tourne vers la recherche spirituelle dans l'espoir de trouver un sens plus profond à l'existence. Le nombre de livres témoignant d'expériences spirituelles, la fréquentation croissante de stages proposant des espaces de ressourcement et de méditation, la multiplication des groupes de personnes réunies autour de valeurs spirituelles communes, traduisent ce fort besoin de valeurs et de sens que le Président perçoit chez ses compatriotes.

Paradoxalement la lutte contre les mouvements spirituels stigmatisés sous le terme de sectes s'intensifie et la MIVILUDES vient de sortir un nouveau guide, à l'intention de tous les acteurs de la vie économique pour sensibiliser dirigeants et salariés aux risques sectaires. On peut lire dans cet ouvrage une liste de mots suspects que le lecteur est invité à associer avec l'idée de dérive sectaire. Pour n'en citer que quelques-uns : accomplissement de soi - bien-être - quête de sens - savoir être - confiance - sens du partage .... Ces expressions, qui sont justement le reflet de la quête de sens d'une multitude de Français, sont ainsi montrées du doigt afin d'instiller toujours plus de méfiance et de peur à l'égard de toute démarche spirituelle. 

La croisade anti-sectes de ces vingt-cinq dernières années n'aura pourtant pas réussi à éteindre la foi et l'espérance dans le coeur des Français. Le malaise croissant de la société matérialiste ne peut pas être que le terreau de la haine, de la peur et de la violence, il porte en lui également le germe d'une société plus juste et fraternelle, tournée vers des valeurs humanistes et spirituelles.
 
A l'aube de cette année 2008, le  CICNS invite toutes les personnes concernées par la spiritualité à ne pas céder à la peur, mais à revendiquer leur droit fondamental de vivre sans se cacher, la spiritualité de leur choix.
 
Notre équipe va continuer son action d'information auprès du grand public et des autorités pour tenter d'instaurer un dialogue constructif sur la place de la spiritualité dans la société. Nous serons très attentifs à la façon dont notre Président de la République va concilier sa conviction du besoin de spiritualité des Français avec la politique menée par son gouvernement pour condamner et lutter contre toute nouvelle expression de la quête spirituelle.


Décembre 2007

Nous savons que le discours antisectes ressemble plus à une tentative de « bourrage de crânes » qu’à une volonté pédagogique d’alerter la population sur une menace réelle. La répétition incantatoire d’un danger dont les preuves sont inexistantes (malgré trois commissions parlementaires !), les propos simplistes qui trahissent le désir d’effrayer plus que d’éduquer, l’opportunisme des interventions de certains politiques (en période d’élections, par exemple) les amalgames et la grossièreté des caricatures présentées au grand public sont la démonstration d’une intention totalitaire qui ne peut évidemment pas s’afficher au grand jour. Quelque part, quelqu'un a pensé qu'il fallait faire le ménage en grand. La suggestion a séduit quelques lobbies et la machine s’est mise en marche. Les plaintes, les rappels de notions essentielles comme celles des droits de l’homme ou des libertés individuelles n’y feront rien car il ne s’agit pas (pour la plupart des acteurs antisectes) d’une méprise ou d’un manque d’éducation mais d’une campagne déterminée à débarrasser le paysage des minorités spirituelles. Pas de négociations possibles ou « on ne discute pas avec les sectes », selon le mot d’ordre général. C’est pourquoi notre action ne peut pas être limitée à la seule « information » des pouvoirs publics mais doit s'élargir également à celle des minorités spirituelles elles-mêmes, et du grand public qui n’a entendu résonner qu’un seul son de cloche lancinant depuis plus de 25 ans au point d’en être encore assourdi. Nous comptons sur votre aide pour relayer les informations que nous avons rassemblées et permettre ainsi que l’année 2008 voit un peu de sagesse, de discernement ou de bon sens renaître au milieu de ce marasme.


Décembre 2007

Madame Picard s'est exprimée à Brest au sujet des mouvements sectaires : "Ils font de la manipulation, séduisent, multiplient les propositions alléchantes dans les domaines du soin, de la santé, de l'alimentation, de l'éducation des enfants, des activités culturelles, scientifiques, environnementales. Les mouvements sectaires envahissent tous les domaines de la vie." 
Dans le numéro de Libération du 30 novembre 2007, Olivier Bomsel, économiste, membre de la mission sur le téléchargement, donne son opinion sur l'organisme "UFC Que choisir" : "L’UFC est une secte de charlatans. Une secte car elle ne représente qu’elle-même et instrumentalise le consommateur dans le débat public (...) Loin du consommateur, la secte ne défend plus que ses erreurs". Il existe un lien entre ces deux propos, même s'il n'apparaît pas au premier abord. L'argumentaire anti-secte d'exclusion des minorités spirituelles s'est construit un vocabulaire, une posture dans le débat, qui fait des émules un peu partout ; pourquoi s'en priver, l'effet est garanti. 
Madame Picard, ainsi qu'un certain nombre de personnes menant le même combat qu'elle, sont passés maître dans l'art d'instaurer un climat de peur autour d'un ennemi imaginaire. Cette technique de manipulation s'insinue dans tous les secteurs de la société : plutôt que d'engager un dialogue serein, malgré les différences de point de vue, on commence par discréditer verbalement son contradicteur, l'important n'étant pas d'être constructif mais de terrasser. Tout cela au nom de la Vérité, de la Démocratie, de la Liberté du Consommateur etc. 
D'une certaine façon, les minorités spirituelles ne sont plus seules désormais à porter le fardeau du label de secte. Faut-il s'en réjouir ? Non, car la généralisation d'une nouvelle rhétorique de discrimination est une régression. Pourtant, cette situation peut permettre de revenir à plus d'intelligence dans le débat en constatant que les reproches adressés aux minorités spirituelles, une fois débarrassés de leur charge d'ostracisme, ne sont pas particuliers à ces groupes. A partir de là, une réflexion d'ensemble, comparative, peut être engagée pour mieux comprendre les ressorts des groupes humains. Et ce n'est qu'à l'issue de cette réflexion que l'action publique pourra prendre le relais, le cas échéant. 
Notre projet d'Observatoire est une illustration de cette démarche.


Novembre 2007

Une dépêche AFP publiée dans le Monde.fr du 12 novembre 2007, mentionne que le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty "s'attaque, dans son dernier rapport, à un autre aspect de la lutte antiterroriste : les listes noires de terroristes présumés". 

En voici quelques extraits :

 

"Le sénateur suisse dénonce l'absence de "droits de la défense" pour les personnes listées" ; "Les conséquences peuvent être dramatiques sur la vie personnelle et professionnelle " ; "Un pays propose d'inclure une personne sur la liste sans fournir des raisons détaillées (...) Celui-ci  donne son accord sans entendre, ni même en informer l'intéressé ". "Il (Dick Marty) propose aussi une procédure de "dé-listing". "Or, et c'est franchement un comble, une telle procédure n'existe pas".

 

S'agissant des listes (mais aussi en raison de la violence policière de certains assauts), le sénateur Dick Marty arriverait assurément à la conclusion que les minorités spirituelles en France sont traitées comme des terroristes (un ethnologue comme Maurice Duval présente d'ailleurs le thème des sectes comme "l'axe du mal" à la française). Le même "non-droit" accable les personnes qui ont été listées.

 

Pour sortir de cette ornière, le CICNS propose la création d'un observatoire indépendant des minorités spirituelles. Le succès de sa création, au-delà des aspects financiers et techniques, repose sur un nouveau paradigme : l'émergence spirituelle de ces dernières années pourrait être l'expression renouvelée d'une dimension humaine essentielle qui ne devrait pas être écartée et encore moins stigmatisée, comme elle l'a malheureusement été depuis trente ans.


Novembre 2007

La région Île-de-France octroie une subvention de 17000 € par an sur trois ans à l'ADFI pour "recenser les groupes qui agissent sur les thèmes de la santé et du développement personnel" de façon à pister "des gourous peu scrupuleux, déguisés en thérapeutes, professeurs de Yoga ou voyants (qui) sévissent au détriment de personnes fragiles et des professionnels" (Source).

 

Il s'agit donc, en termes clairs, d'une nouvelle liste de personnes ou groupes jugés dangereux. L'État, scrupuleux d'offrir une image plus présentable, sous-traite la basse besogne de production d'une liste à son association fétiche.

 

Suite à la dernière commission d'enquête parlementaire sur les sectes, il est clairement apparu que les ADFI et l'UNADFI servent également de relais pour fournir à la MIVILUDES le résultat de leurs appréciations sur les croyances : une démarche que les pouvoirs publics peuvent difficilement avouer ouvertement s'ils veulent respecter, au moins dans les apparences, le pacte laïc.

 

Il est inutile de revenir sur l'incompétence de l'UNADFI et des ADFI pour traiter ces questions. Mais l'irresponsabilité de ces pratiques est véritablement préoccupante ainsi que l'absence d'organe de contrôle capable de sonner le signal d'alarme au sein des pouvoirs publics (l'Observatoire de la laïcité ne semblant être qu'un autre "machin" d'apparat pour employer une expression bien connue). Le constat reste donc négatif sur ce plan après trois ans d'action de notre association. Nous comptons sur votre soutien et vos témoignages pour donner le poids nécessaire à ce que nous dénonçons.


Octobre 2007

Lors d'une conférence récente au sein de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) à Varsovie, du  24 septembre au 5 octobre 2007 et dans le cadre plus précis de l'ODIHR (Office for Democratic Institutions and Human Rights), le gouvernement français par la voix de son ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’OSCE, a soutenu la position de la MIVILUDES et de la FECRIS, notamment en dénonçant "ceux qui renversent les rôles quand ils se positionnent en victimes de discrimination religieuse" : http://www.miviludes.gouv.fr/spip.php?article244&iddiv=2. 
Nous ne commenterons pas la regrettable quasi obligation du gouvernement français de soutenir une mission qu'il a créée, la MIVILUDES, et une fédération qu'il finance, la FECRIS, et ceci quels que soient les propos tenus par ces organismes. Il est intéressant de noter par ailleurs que FECRIS signifie Fédération Européenne des Centres de Recherche et d'Information sur le Sectarisme. Nous aimerions savoir ce qu'il faut comprendre par "Centre de Recherche", une expression qui suggère un ensemble d'autorités universitaires ou équivalentes reconnues en la matière ; quelles sont-elles ? Nous suspectons qu'en ce qui concerne la France, l'autorité est l'UNADFI. Soyons clairs : les ADFI n'ont aucune autorité, crédibilité, compétence, en terme de recherche scientifique sur les mouvements religieux ou ce qu'on appelle le sectarisme. La seule compétence de ces associations est auto-proclamée et malheureusement validée par le statut d'utilité publique accordé par l'Etat.
 
Revenons sur l'argumentaire : les minorités spirituelles, prétendues responsables de nombreuses "victimes du sectarisme", se feraient "malhonnêtement" passer pour des "victimes de l'anti-sectarisme". 
 
Le débat français sur les sectes a atteint le point de confusion où les preuves sont inaudibles. Il y a deux courants de pensée qui se côtoient, s'évitent à de rares expressions près et lorsqu'un échange a lieu, il bascule sur le mode de la confrontation et est donc inopérant ; les résultats de recherche en sociologie des religions et sociologie juridique deviennent hors sujet ; les seuls arguments qui "passent" sont au niveau de l'émotionnel, souvent générateur d'agressivité, et ils ressemblent de part et d'autre à une appropriation de la "vraie" défense des droits de l'homme.
 
Hors de toutes données factuelles, le citoyen pourrait alors se dire que tout cela est comme bonnet blanc et blanc bonnet. Pourtant, en attendant que se crée l'espace où les preuves seront enfin audibles, il convient d'insister sur l'énorme différence qu'il y a, lors de la référence aux valeurs fondamentales, entre le discours de type MIVILUDES/FECRIS et le discours du CICNS par exemple.
 
Dans le premier cas cette référence est affirmée, tout en refusant un dialogue ouvert avec les principaux concernés : les nouvelles spiritualités, et en s'écartant le plus possible d'une démarche de connaissance. Pour illustration, rappelons les propos de M. Roulet (Président de la MIVILUDES) au sujet de la réunion annuelle du CESNUR à Bordeaux : une façon "pour quelques universitaires de passer leur temps à se citer entre eux" (source : Sud-Ouest, 2 juin 2007 article de Hélène Rouquette-Valeins). Le respect de la personne n'est accordé que lorsqu'il va dans le sens d'une politique de victimisation sélective, et le principe de la présomption de culpabilité est systématiquement appliqué à l'encontre des minorités spirituelles.
 
Au contraire, le CICNS affirme la nécessité de respecter la liberté spirituelle et l'esprit de la loi de 1905, en rétablissant un dialogue permanent avec les membres des minorités spirituelles (des dizaines de milliers de personnes) et en utilisant le travail d'analyse des sociologues, des juristes et de toutes les personnes pour qui la présomption d'innocence est le principe de base de la relation à l'autre. Ce travail d'ensemble serait la mission d'un observatoire indépendant des nouvelles spiritualités, dont la création est un des objectifs du CICNS.
 
La différence évoquée ci-dessus distingue donc une société qui se contente de paraître démocratique, d'une société réellement démocratique. Certains, à l'évidence, se contentent du paraître.


Septembre 2007

Pourquoi est-il important de relancer un vrai débat sur la question desdites sectes ?
 
Parce qu'il n'y a pas de question humaine qui ne se résolve par le dialogue et un respect mutuel. Or, le traitement actuel de ce sujet l'a rendu tabou, rendant suspects aux yeux de l'opinion ceux qui osent confronter les idées reçues. Cette paresse intellectuelle est sournoise, elle transforme en "évidences" des comportements intolérants et des contre vérités.
 
Parce qu'on ne peut pas faire l'impasse sur les parties sombres d'une démocratie en exaltant ses vertus. Surtout si cette exaltation est l'alibi pour justifier un comportement anti-démocratique. Justifier la lutte contre les sectes telle qu'elle est pratiquée en France au nom de la laïcité et de la défense des droits de l'homme, fait partie de ces impostures.
 
Parce que se croire à l'abri aujourd'hui lorsqu'on est soi-même directement concerné par l'accusation d'être une "secte" est une illusion. Le discours anti-secte dans notre pays est basé sur la rumeur qui fait peu de cas d'une attitude discrète et respectueuse des lois. La rumeur balaye en un jour ce qui nécessite ensuite des années de reconstruction, si tant est que cela soit possible.
 
Parce que défendre la liberté de conscience, la liberté spirituelle, la liberté de choix thérapeutique, n'est pas une attitude restrictive destinée à garantir l'exercice de sa croyance ou de sa démarche. C'est forcément une attitude globale, dans le respect des lois, qu'il est nécessaire d'adopter lorsque les textes constitutionnels, législatifs, pourtant éloquents et protecteurs s'agissant de ces libertés, ne sont plus respectés dans leur esprit.
 
Nous espérons que vous serez nombreux à comprendre la nécessité de vous mobiliser ce dimanche 30 septembre 2007 afin de contribuer à régénérer ce débat.


Septembre 2007

L'UNADFI, par la voix de Jean-Pierre Jougla, s'est adressée au Conseil de L'Europe le 28 juin 2007. Nous en prenons un extrait (Source, traduit de l'Anglais par le CICNS) :
 
Les adeptes des sectes sont des victimes chroniques qui subissent une victimisation prolongée et répétée pendant un laps de temps indéfini et avec de multiples traumatismes. Ils sont toujours (quelle que soit la secte) victimes d'une influence excessive et leur état de faiblesse est abusé. Contrairement aux victimes courantes d'agressions tangibles, visibles ou soudaines, causées par un tiers, les adeptes de sectes ne sont pas conscients de leur état de victime ni de l'influence mentale dont ils sont l'objet. On peut donc affirmer qu'ils sont privés de la lucidité nécessaire à leur libre consentement... 
 
Les dizaines de milliers de personnes visées par ces propos, parce qu'elles sont accusées d'être dans des sectes, et qui ont fait un choix de vie conscient, se sentiront justement indignées par cette absence totale de respect de la liberté de conscience, déguisée en protection des droits de l'homme et des victimes "malgré elles". La victimisation forcée des personnes doublée d'une affirmation d'inconscience est l'outil rhétorique à la mode pour tenter de discréditer les nouvelles spiritualités.
 
Ces propos auraient peu d'importance s'ils n'étaient justement issus d'une association déclarée d'utilité publique en France ayant le soutien financier et moral de l'État. Il est urgent de rétablir un équilibre à la fois auprès de notre gouvernement (qui ne se grandit pas en s'associant très souvent à de tels propos) et auprès des instances européennes. Notre prochain colloque contribuera à cet indispensable sursaut.
  
-------------- le texte en Anglais
 
cult followers are chronic victims who undergo prolonged and repeated victimisation in an undefined lapse of time with multiple traumatisms. They are always (whatever the cult) victims of undue influence and whose state of weakness has been abused. Contrarily to current victims of tangible aggressions, visible or sudden, caused by a third person, the cult followers are unaware of their state of victim and are not conscious of the mental influence of which they are the object. One can thus affirm that they are deprived of the lucidity which should accompany the freedom of assent


Septembre 2007

À ce stade de notre action, nous souhaitons alerter toutes les personnes engagées dans des démarches spirituelles ou des modes de vie alternatifs respectueux de l’être humain de l’urgence grandissante à s’associer à l’action du CICNS et à faire entendre leur voix auprès des autorités (en écrivant à la MIVILUDES et au Premier Ministre pour témoigner des bienfaits de leurs démarches spirituelles ou pour dénoncer les discriminations et dérives policières subies, en signant notre pétition, en organisant des conférences de présentation de notre film, en participant à notre colloque).Il ne se passe en effet plus une semaine sans que nous apprenions la fermeture d’un lieu d’accueil de stages (un à Paris et un près de Nice récemment), ou le harcèlement policier auprès d’autres.Notre mise en garde ne porte pas assez loin ou assez fort apparemment et la dissolution du paysage spirituel français est en cours, dans le silence, la peur ou l’indifférence générale.Le nouveau président de l’Assemblée Nationale aurait même pris position en offrant sa protection à une personne accusée de diffamation par une minorité spirituelle dans un procès.Les médias continuent à user de leur pouvoir d’influence pour salir des réputations, se substituer à la Justice et faire la promotion des activistes les plus agressifs de l’antisectarisme primaire français.Les méfaits d’une démocratie à la dérive se multiplient et si les minorités spirituelles sont les premières à en ressentir les effets, elles n’en seront certainement pas les dernières.Il n'est peut être pas trop tard pour que les personnes concernées se réveillent de l'hypnose et la torpeur collectives, pour sortir du repli sur soi et de la résignation, et manifester leur élan solidaire au sein de ce marasme.
N’hésitez pas à nous contacter pour nous permettre de relayer vos témoignages, ou pour demander à participer à notre action. Ne laissez pas cette campagne de dénigrement étouffer vos aspirations les plus profondes. 


Août 2007

Selon une dépêche de l'AFP du 31 juillet 2007, Madame la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, envisage une adaptation du statut des cultes sans toutefois remettre en cause la loi de 1905 sur la laïcité. Il s'agira de "permettre l'établissement d'un flux financier entre les associations cultuelles régies par la loi de 1905 et les associations relevant du régime de la loi de 1901".
 
Anne Demetz critique cette démarche sur Betapolitique. Nous ne commenterons pas le bien-fondé ou non de la mesure envisagée par Madame le Ministre mais un des arguments chocs donné pour critiquer cette mesure : la loi actuelle serait "une des meilleures garanties contre les pratiques intégristes et sectaires", argument illustré à nouveau dans la suite de l'article. 
 
La peur sectaire est décidément l'argument passe-partout qui permet à tout contradicteur de gagner à sa cause les dubitatifs. Si les arguments factuels ne suffisent pas, alors le fantasme du danger sectaire devrait suffire.
 
Que viennent faire "les sectes" (ce grand ensemble indistinct de mouvements dits dangereux) dans un débat sur les flux financiers d'une association 1905 vers une association 1901 ? Cela fait bien longtemps que le statut juridique cultuel est refusé aux mouvements prétendus sectaires, à quelques exceptions près, comme les Antoinistes ou les Témoins de Jéhovah. Il est vrai que le principe de précaution actuellement en place commande de suspecter tout le monde hormis les grandes religions et que la liste des sectes est variable en fonction de l'interlocuteur. Notons au passage que le contentieux fiscal actuel entre l'État et les Témoins de Jéhovah, s'il aboutissait en faveur de l'État, serait annonciateur d'une remise en cause complète du financement de toutes les associations cultuelles ; mais il est vrai qu'il s'agit d'une "secte", certains sauront alors justifier, dans ce cas, la modification de l'esprit de la loi 1905.
 
Non seulement les minorités spirituelles désignées comme sectes n'ont pas accès au statut cultuel, mais on leur refuse le caractère de culte en raison de ce label. Ce qui permet alors à certains magistrats d'invalider des plaintes pour discrimination religieuse lorsque le groupe auquel appartient le plaignant est considéré comme une secte (voir notre interview de Raphaël Liogier). Dans ce cas à nouveau, peu s'émeuvent du non respect de la loi de 1905.
 
Rappelons enfin que ces "sectes" ont acquis ce label infamant ou vont l'acquérir à la suite de rapports parlementaires et de rapports de la MIVILUDES sans valeur juridique, et sous couvert de l'article 1 de la loi About-Picard dont on se demande toujours qui a la compétence et les moyens de l'appliquer.


Juillet 2007

 

Dans un article du Monde, le PDG de Peugeot-Citroën dénonce l'amalgame entre suicide et conditions de travail : "Les médias et beaucoup d'intervenants sollicités par la presse, tels que les syndicats, les médecins, les psychologues, ont voulu établir un lien étroit entre le travail et le suicide, relève M. Streiff. (...) Je m'insurge contre l'amalgame qui est fait pour dire que 'le travail tue', je pense que cela n'a pas de sens. C'est un manque d'humilité face à un fait que personne ne comprend."

 

Ces paroles nous paraissent sensées. Elles n'exonèrent pas bien entendu les PDG des industries de s'interroger très sérieusement sur les conditions de travail "déshumanisantes" où la productivité et les objectifs d'excellence tiennent lieu de dogme, où l'argent fait loi. Rajoutons les 3 suicides de Renault et imaginons un instant ces événements dramatiques au sein de minorités spirituelles. L'hallali aurait été sonné. Les anti-sectes de tout poil auraient hurlé à la mort en dénonçant la manipulation mentale, les sectes suicidaires. Des dossiers auraient été reconstitués à la va-vite dans tous les hebdomadaires évoquant Waco, l'OTS, pour montrer l'ennemi. En comparaison, M. Streiff bénéficie en fait d'une certaine "mesure" médiatique sans compter qu'il peut s'exprimer, ce que n'auraient pu faire des groupes spirituels condamnés d'avance.

 

Poursuivons les comparaisons. Dans une affaire récente à Lisieux, la loi About-Picard va être invoquée. Puisque chacun est égal devant la loi, ne pourrait-on invoquer l'abus de faiblesse chez Renault et Peugeot ? Ce qui aurait été immanquablement le cas si ces suicides avaient eu lieu au sein de groupes spirituels. Il ne s'agit pas pour nous d'encourager l'utilisation de cette mauvaise loi (voir news 1 et news 2), dont les promoteurs essaient fiévreusement d'obtenir l'inclusion dans notre jurisprudence, au contraire. Mais il est utile de mettre en évidence la discrimination que subissent tous ceux qui sont classés arbitrairement dans la catégorie secte.

 

Ces gesticulations médiatiques sont la norme aujourd'hui ; le traitement victimaire des problèmes de société nous permet de nous assoupir entre deux bouffées d'indignation et d'éluder les réflexions de fond (voir notre condensé de livre).

 


Juin 2007

 

C'est lorsqu'on subit soi-même la rumeur, qu'on mesure pleinement son effet à la fois personnellement et dans les conséquences qu'elle peut avoir sur l'entourage.

 

Un franc-maçon témoigne de sa stupeur lorsqu'il apprend que la MIVILUDES souhaite vérifier s'il n'y aurait pas de dérives sectaires au sein des obédiences maçonniques : Lien

 

Cette stupeur, des milliers de personnes au sein des minorités spirituelles l'ont vécue et la vivent tous les jours. Il est étonnant que la première réaction de ce citoyen franc-maçon soit : "Comme s'il n'y avait pas assez de sectes à s'occuper" et non pas de réaliser l'indifférence voire l'approbation que suscite le discrédit porté sur les autres, dont on ignore tout en général et avant toute enquête.

 

Si l'on n'y prend garde l'ensemble de la société civile sera bientôt passée au crible de la prévention sectaire. Tant que la rumeur ne sera pas dénoncée pour les autres, même, et peut-être surtout, lorsqu'elle nous accable, il y aura un terreau qui la fera vivre. A quoi donc a servi le drame d'Outreau ?

 

Nous ne cautionnons pas l'extension de la lutte anti-sectes de la MIVILUDES car la cécité qui accompagne l'action de cet organisme laisse perplexe. Les dégâts causés par une politique qui pousse un principe de précaution à l'extrême, en violant la liberté de conscience, sont bien plus importants que le nombre de soi-disant victimes qu'elle prétend protéger. Ces dommages sont malheureusement considérés comme "collatéraux" et ignorés du plus grand nombre. 

 


Juin 2007

 

Certains petits partis politiques présentant des candidats aux élections législatives ont été qualifiés de "loufoques", dans un amalgame implicite avec les sectes, sur la chaîne publique (France 2, mercredi 6 juin 2007, JT 20h). Chaque semaine apporte désormais son lot d'accusations anti-sectaires. Et chacun appréciera le caractère démocratique de cette attitude dirigée contre les mouvements alternatifs, à quelques jours des élections.

 

Il faut, une nouvelle fois et sans grand espoir, fustiger l'absence de déontologie des principaux médias sur le thème des sectes et en déplorer la gravité.

 

Certes "des images de personnes qui sautent sur des tapis" ont de quoi surprendre dans une élection présidentielle, mais finalement pas plus que l'empilement assez vulgaire de onze joueurs de football juste après le but : le sport étant fort bien considéré parmi nos hommes politiques (l'auteur de ces lignes aime bien le foot).

 

Le plus redoutable adversaire de la tolérance n'est pas le groupe de personnages anti-sectes forcenés qui hantent le domaine public, et dont certains représentants se sont vite emparés du reportage de France 2 pour enfoncer l'épine anti-sectaire. Certes, ce groupe a le porte-voix aujourd'hui mais il représente peu de monde. Le plus redoutable adversaire de la tolérance est l'anti-sectes tapi en chacun de nous, qui, après nous avoir fait dire que la chasse aux sectes est une absurdité, nous entraîne à en désigner une péremptoirement.

 


Mai 2007

 

Le mot "secte" est devenu une insulte qu'on se jette au visage pour discréditer son opposant. Son utilisation pendant près de trente ans au sujet des minorités spirituelles a fait des émules qui ont bien perçu son pouvoir de discrédit.

 

Ainsi Claude Allègre (entre autres) dans son dernier ouvrage "Ma vérité sur la planète" parle de la secte verte pour désigner les écologistes dérangeants pour les intérêts industriels. Dans un article de Libération, il est question de la secte bleue pour désigner l'équipe de France.  Les partis politiques LCR et FO ont également eu les faveurs de cette appellation (la secte rouge ?).

 

Le mot finit par désigner le mal de façon générique, un peu comme on parlait du démon il n'y a pas si longtemps. Avec le même caractère surnaturel et indiscutable qui permet de se dispenser d'explications ou de preuves. Le concept a juste été laïcisé.

 

Lorsque des personnalités à forte audience médiatique utilisent un mot si chargé pour avancer leurs arguments, leur premier réflexe devrait être de s'interroger sur les intentions préalables qui les poussent à dénigrer l'autre a priori avec un terme aussi blessant. Mais bien peu ont cette honnêteté.

 


Mai 2007

 

L'UNADFI s'intéresse au "contenu doctrinal des sectes" (voir "news"). Ce point avait été mentionné par Mme Picard, Présidente de l'UNADFI, lors de son audition pour la troisième commission d'enquête parlementaire sur les sectes (voir nos commentaires des auditions). Mme Picard précisait que son association se devait d'étudier les doctrines lorsqu'elles sont attentatoires à l'ordre public. Personne au sein de la commission n'avait trouvé à commenter...

 

Qu'une association décide d'évaluer les croyances dans un pays d'expression libre est son droit le plus légitime. Qu'une association déclarée d'utilité publique le fasse alors qu'elle est le principal pourvoyeur d'informations sur le sujet auprès des pouvoirs publics pose la question de sa compétence pour donner de tels avis. Lorsqu'on sait que les sociologues des religions sont écartés du débat par ces mêmes pouvoirs publics, il ne reste ainsi aucune légitimité à cette organisation.

 

Nous pouvons sérieusement nous interroger sur l'affirmation des autorités exécutives et législatives de ne pas s'occuper des croyances, tant il est vrai que notre "laïcité" est à géométrie variable. La République ne les juge pas mais apparemment "délègue" cette mission à des associations déclarées d'utilité publique. Un bon sujet pour le nouvel Observatoire de la laïcité.

 


Mai 2007

 

Le bon et le mauvais usage du statut de victime sont très bien illustrés dans un article du Monde d'Allain Salle du 21 avril 2007.  Alain Salles explique : "Qui peut être contre les victimes ? Les partis politiques sont à leur chevet. Jean-Pierre Raffarin leur a donné une éphémère secrétaire d'Etat : Nicole Guedj. Nicolas Sarkozy veut créer des juges qui leur soient dédiés. Ségolène Royal propose de "mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte". 
Plus loin, il donne la parole à Daniel Soulez Larivière et Caroline Eliacheff : "L'arrivée de plus en plus massive des victimes sur la scène judiciaire pénale est une reculade de la symbolisation dans la justice ; et sous des prétextes fallacieux de soins prodigués aux victimes, c'est une occasion de régression sociale et individuelle." et conclut :  "La victime vient au tribunal pour obtenir vengeance. Or, le système judiciaire est construit pour s'opposer à la vengeance et au lynchage". 
Alain Salle cite également Robert Badinter : "Il y a eu une dérive et une récupération de cette juste cause. On est passé de la légitime préoccupation de la condition des victimes à un activisme politique. Des associations d'aide se sont transformées en associations de défense de tel ou tel, à qui on donne un rôle équivalant à celui des parties civiles ou du ministère public dans le processus judiciaire, dans une compassion sélective". "La justice ne peut devenir un service d'assistance psychologique, une "justice de deuil". Ces propos ne sauraient mieux traduire l'instrumentalisation des victimes de prétendues "sectes". 

 


Avril 2007

 

Beaucoup a été dit sur les candidats, trop sans doute. Un mot sur les militants. L'enthousiasme qu'ils démontrent pour leur champion(ne) lors des meetings mérite que l'on s'y arrête. A bien des égards, leurs ovations impulsives à la moindre proposition appuyée de l'orateur sont similaires aux hourras des supporters sportifs. Ces manifestations bruyantes, comme autant de buts marqués contre les adversaires, n'ajoutent aucun crédit à l'action politique qui devrait sortir du mode de compétition dans lequel elle s'est enferrée, et nous regrettons qu'une grosse partie de l'effort électoral consiste à déconsidérer son adversaire ou à montrer qu'il n'est pas à la hauteur.

La plupart des médias semblent également plus intéressés par la tactique de jeu, le dribble ou le tacle vainqueur, que par le sens profond du match. Ils sont à la surface, et s'interrogent sur la justesse des analyses et des pronostics, activité futile s'il en est.

Tout le monde jurera que l'avenir de la France est en jeu mais combien pèse réellement cet élément face au plaisir du suspense dans la joute électorale ?

 

Les jeux du cirque s'arrêteront lorsque nous en aurons assez. En attendant notre équipe a fait le choix du "combattant" qui nous paraît le plus volontaire pour défendre la valeur de la dimension spirituelle et un "vivre ensemble" plus fraternel.

 


Avril 2007

 

Des mots reviennent sans cesse dans les discours des candidats : pauvreté, précarité, chômage... et leurs remèdes : croissance, compétitivité, solidarité dans l'effort, relance de la machine économique. Une constante se dégage : la valeur primordiale accordée au travail. Au point de lui associer la dignité humaine ; ne pas avoir de travail, c'est se sentir indigne (Nicolas Sarkozy), humilié (Ségolène Royal). 

Est-ce qu'une mère au foyer devrait se sentir indigne ? Tout le monde répondra non, bien sûr, mais c'est un trait préoccupant de notre société de consommation que d'avoir réduit la dignité humaine au seul fait d'avoir un travail reconnu socialement comme tel. Les adolescents expriment leur inquiétude du chômage très tôt parce qu'on les matraque avec cette peur du non emploi et on réduit leurs perspectives de vie à cette valeur du travail, pilier de notre société de consommation. 

Pour beaucoup et notamment les personnes qui animent une dimension spirituelle, la valeur de la vie est à l'intérieur de soi et la dignité repose sur des valeurs différentes de celles du travail en tant que pilier de l'existence. Ces témoignages sont une richesse pour la société, pour l'aider à sortir de sa folie consumériste et de cette hantise de la décroissance économique. 

Encore faudrait-il laisser l'espace à cette inspiration ; nous avons noté cette phrase chez Nicolas Sarkozy (discours de Villebon) : "Je revendique le droit de dire que le capitalisme ne peut pas survivre sans une éthique, sans le respect d'un certain nombre de valeurs spirituelles, sans l'humanisme " et nous trouvons rafraîchissant le "Vive la vie" à la fin du discours de François Bayrou (Zénith) … tellement plus que la Marseillaise et la violence de ses couplets.

La France est championne du monde en "laïcité". Et elle souhaite battre son propre record. Elle vient donc de créer un Observatoire de la laïcité. Nous attendrons de voir quelle sera l'action de cet organe mais on peut d'ores et déjà s'en inquiéter. L'esprit de la laïcité n'est pas respecté en France. Les minorités spirituelles sont bien placées pour le savoir, puisque la dénomination de "sectes" les fait sortir de facto du cadre de cette laïcité. Si cet observatoire a pour fonction de rétablir cet esprit initial de tolérance et de protection des cultes et croyances dans le respect de l'ordre public et sans dévoyer la notion d'ordre public, alors cet observatoire aura un intérêt. Si cet organisme doit appuyer la lutte contre les sectes et observer les mères de famille portant des signes religieux en accompagnant leurs enfants lors des sorties scolaires, gageons que nos pouvoirs publics vont encore se décrédibiliser aux dépens des concitoyens.


Mars 2007

 

Le 27 février 2007, le Journal Officiel publiait une question de M.Fenech (député et récemment président de la commission d'enquête sur le thème des sectes et des mineurs) à M. le Garde des Sceaux, sur les motivations qui avaient conduit la Chancellerie à remettre en cause la formation des magistrats à la lutte contre les dérives sectaires (dans le cadre de l'Ecole Nationale de la Magistrature : ENM). 
M. Fenech parle pudiquement du phénomène sectaire comme d'un "phénomène de société en développement et dont les victimes appartiennent à des publics fragilisés au premier rang desquels se trouvent les mineurs", justifiant ainsi une formation ad hoc dans le cadre de l'ENM. 
Les administrations auditionnées lors de la troisième commission d'enquête parlementaire (dont faisait partie la Justice) ont toutes fourni des chiffres montrant au contraire que le phénomène sectaire est insignifiant. Rappelons le principe d'Occam, un principe scientifique qui a fait ses preuves : face à une question, il est souhaitable de réduire le nombre d'hypothèses et la plus simple est généralement la bonne. Si les chiffres indiquent que le nombre de cas de dérives sectaires est insignifiant, l'hypothèse la plus simple est de dire qu'il n'y a pas de phénomène de société en développement (surtout si plusieurs administrations aboutissent simultanément au même résultat), et non pas que les administrations ont mal fait leur travail comme l'a conclu la commission d'enquête. La Chancellerie semble l'avoir compris. 
Il n'est pas étonnant que M. Fenech persévère dans la voie tracée par la commission qu'il a présidée mais il défend des mesures de prévention qui ne correspondent à aucune réalité, sont sources de discriminations et coûtent de l'argent au contribuable.

 


Février 2007

 

Il vient un jour, dans nos sociétés, où l'on réalise que pour rester intègre, fidèle à sa foi ou ses choix de vie, on doit confronter l'oppression des puissants et des ignorants. Ce jour-là, on sent qu'il y a encore deux choix possibles : se taire et rester tranquille dans l'ombre des lois liberticides ou parler et risquer d'être bousculé en exposant son désaccord. Mais plus les lois deviennent effectivement liberticides moins le choix est réel.

En effet, les dérives font qu'il ne s'agit plus seulement d'être discret et conforme mais d'abandonner tout simplement ce que l'on ressent être juste et précieux.

Il n'y a alors plus d'alternative à moins de se renier : nous devons vivre notre vie en accord avec ce qui est juste et précieux parce qu'on ne peut tout simplement pas le sacrifier. Quelle vie resterait-il derrière un tel sacrifice ? Il n'y a donc plus de question, même si la tristesse et l'impuissance sont parfois au rendez-vous.

Ce jour est arrivé. Les tracasseries sont de plus en plus fréquentes (voir notre communiqué dans "nouveautés sur le site") et l'épée de Damoclès des puissants est au-dessus de toutes les têtes de ceux qui ne demandaient qu'à vivre cette existence comme ils l'entendent. 

La pression des puissants ne peut que réveiller le désaccord des minorités. Et le monde a évolué plus d'une fois de cette manière dans le passé. Faisons connaître notre désaccord, paisiblement mais avec courage.

 


Février 2007

 

Selon un article du Monde du 6 février 2007 : "Les Français accepteraient mal l'irrévérence religieuse". "Ils sont 51% à trouver inacceptable qu'une religion soit montrée du doigt pour son influence sur la société. La critique du mode de fonctionnement des religions ou de leur enseignement est également considérée comme malvenue" (voir également le procès en cours contre Charlie Hebdo au sujet des caricatures de Mahomet. Les caricatures des "sectes" que le magazine avait faites n'avaient pas fait autant de vagues).

 

Que doivent penser de ces chiffres les milliers de personnes qui appartiennent à des minorités spirituelles alors qu'elles sont traînées dans la boue (les assauts de police ou de gendarmeries se sont multipliés ces dernières semaines) à longueur d'enquêtes parlementaires et de rapports de la MIVILUDES ? Il apparaît ,encore une fois, que le fait d'être cités comme "sectes" fait sortir les groupes incriminés du cadre de la laïcité, donc des statistiques.

 

L'irrévérence devient alors lieu commun. Nous croyons qu'un public informé de façon équilibrée aurait une considération similaire à l'égard des nouvelles formes d'expression de la spiritualité que celle qu'il a à l'égard des religions. La situation actuelle française est le résultat d'une action politique délibérée, elle sera redressée par une volonté politique. Mais cette volonté ne connaît que la loi des urnes. Il est donc important de montrer que les personnes qui font un choix de vie particulier et veulent donner un sens profond à leur existence sont une force électorale qui compte.

 

C'est le sens de notre banc d'essai présidentiel et de la déclaration d'engagement envoyée aux différents candidats.

 


Février 2007

 

Dans un article du Monde du 20 janvier 2007, Jean-Michel Dumay témoigne du phénomène de "phobie scolaire" vécu par un nombre croissant d'élèves.

Il n'est pas surprenant que, quelque temps après la sortie du rapport parlementaire "sectes et mineurs", une des vraies questions resurgisse, puisque la psychose anti-secte est le pointeur inversé des principaux problèmes que la société ne parvient pas à traiter. 

On a donc remplacé la "phobie scolaire" par la "phobie sectaire" et déposé des amendements de lois contre les alternatives à l'enseignement de la République, ce dernier garantissant l'épanouissement de nos enfants (?).

Proposons un test. Prenons les enfants qui vivent cette "phobie scolaire" et lançons une commission d'enquête parlementaire sur le sujet en utilisant les méthodes de la commission "sectes et mineurs", c'est à dire en ne prenant en compte que le témoignage de ces élèves... L'Education Nationale serait immanquablement déclarée "secte dangereuse" et fermée. Est-ce une démarche acceptable, même si en l'occurence une réforme de fond est nécessaire dans cette institution ? La réponse est non bien entendu.

Il y a les vrais problèmes, comme celui de l'éducation, et puis ceux que l'on invente. La MIVILUDES vient d'inventer (incidemment à la charge du CICNS) une activité sectaire de "lobbying dans le domaine de la propriété intellectuelle". Personne n'en avait entendu parler, mais peu importe, vrai ou faux problème, les prétendues sectes auront à en endosser la responsabilité. 

 


Janvier 2007

 

Les bons sentiments nous donnent bonne conscience.

 

Au nom de la protection de l'enfance, du développement de l'esprit critique, d'un contact avec la dure réalité humaine, une commission d'enquête parlementaire tente de réduire à néant les tentatives, parfois peut-être maladroites, mais sincères de certains, d'apprendre aux enfants de nouvelles valeurs. Il suffit pourtant de regarder les journaux télévisés et les programmes télé de fin d'année pour constater l'abêtissement dont nous ne devrions surtout pas priver notre jeunesse.

 

De même qu'à une certaine époque, la noblesse cachait son manque d'hygiène en se parfumant, une certaine bien-pensance s'asperge et nous asperge de bons sentiments pour préserver un système de valeurs qui ne correspond plus à l'aspiration de beaucoup de personnes ou ne sont que des faire-valoir.

 

Le début d'année est symboliquement un moment pour prendre de bonnes résolutions. La prochaine période d'élections est propice à  faire entendre la voix d'un changement que peu de candidats prennent en compte : laisser à la dimension spirituelle la place qu'elle mérite dans la société.


Décembre 2006

 

Un an après l'anniversaire de la loi de 1905, la France démontre sa difficulté (son incapacité ?) à être véritablement laïque. L'insistance de bon nombre de responsables politiques pour porter la laïcité comme une décoration d'apparatchik est certainement la marque d'un déchirement intérieur mal vécu. La conférence de presse de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes a restitué tous les artifices connus pour démontrer qu'il n'est pas sain de faire un choix spirituel alternatif hors des religions reconnues ou labellisées par l'État. L'expression "petite reconnaissance" contient toute l'hypocrisie du système.

Le dernier coup de boutoir, après l'échec de toutes les autres mesures pour éradiquer la diversité spirituelle, fut d'utiliser le thème de l'enfance. Bien sûr, les députés affirment, condescendants, que les adultes peuvent faire ce qu'ils veulent (entendez : s'illusionner sur le sens qu'ils donnent à leur existence), mais les enfants devront se plier aux exigences républicaines (c'est-à-dire celles décidées par quelques députés) et si les parents ne sont pas d'accord... ils savent ce qu'il leur reste à faire.

Nous avons exprimé à plusieurs reprises l'inanité de cette lutte sans discernement : elle ne détournera pas de leur choix les centaines de milliers de personnes qui entendent vivre différemment. Ce combat d'arrière-garde rend la vie inutilement difficile ; il est une perte de temps pour la collectivité.

 


Décembre 2006

 

Dans un article de La Croix du 28 novembre 2006, la journaliste Marie Boëton cite les députés de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes (MM Fenech, Gest, Vuilque, Brard). Suite à une visite de trois heures dans la communauté de Tabitha's place, ces députés se sont octroyés une compétence en psychologie des enfants et en analyse du comportement dont ils font profiter la planète médiatique qui prend pour argent comptant et sans beaucoup de discernement ce martèlement de propos alarmistes infondés (les députés se disent "sous le choc", "il est urgent de lutter contre l'isolement psychologique et social de ces enfants").

 

Derrière les grands sentiments et concédons-le, peut-être un désir de bien faire chez certains, les mineurs sont aujourd'hui un faire valoir politique. Quinze députés étaient présents pour voter la loi sur la délinquance. Comme si les jeux une fois faits, le sujet perdait son intérêt. Il ne fait aucun doute que les grandes lignes des propositions du rapport parlementaire sur les sectes étaient déjà écrites en juin 2006 au lancement de la commission d'enquête. Elles seront annoncées coûte que coûte, au moment des fêtes, quitte à faire plier la réalité et à remplacer le bon sens par une avalanche d'amendements liberticides.

 

Hormis l'inconséquence et le manque d'humilité de nos députés qui s'auto-proclament psychologues (une attitude qu'ils qualifieraient aisément de "dérive sectaire" chez d'autres), on peut craindre l'impact de ces saillies médiatiques sur les personnes de terrain, inspecteurs de l'Éducation Nationale, assistantes sociales, etc... qui ne confondent pas l'évaluation de l'éducation d'un enfant avec le jeu des 1000 euros et qui, par l'écoute et le dialogue, ont une coopération fructueuse avec les personnes proposant une alternative à l'enseignement de la République. C'est le vrai sens de la liberté d'enseignement.

 

Réduire l'éducation à la connaissance et à un pot pourri de culture (Mozart, Zidane, les Beatles, sans aucun jugement de valeur ou de goût de notre part sur ces personnages) est certainement la plus grande méprise de notre système éducatif ; il n'est pas étonnant, dès lors, que beaucoup, au sein des minorités spirituelles, mettent en avant d'autres valeurs.

 


Décembre 2006

 

Au Kazakhstan, une commission gouvernementale doit statuer sur la question d'une minorité spirituelle : la Société pour la Conscience de Krishna. Avant la publication du rapport, les autorités ont entrepris une action de démolition des habitations de certains membres de cette minorité. 

En France, une commission d'enquête parlementaire à bout de souffle, sur le thème "sectes et mineurs", engage une descente médiatique dans une communauté avec l'objectif de proposer des lois rendant la scolarisation obligatoire et pour protéger les mineurs de l'influence "sectaire". Rappelons qu'en France, la scolarisation n'est pas obligatoire, seule l'instruction l'est, selon le principe fondamental de liberté d'enseignement reconnu par les lois de la République et confirmé par la décision du Conseil constitutionnel du 23 novembre 1977 et que les résultats scolaires des enfants éduqués à la maison sont égaux et parfois supérieurs à ceux de l'éducation nationale

S'il y a une différence de forme dans le traitement (et ce point mériterait un approfondissement, lire à nouveau notre article sur les assauts), y a-t-il une réelle différence d'objectif entre ces deux événements ? 

Bien que nous entendions parler plus souvent ici des valeurs de notre République, du cadre de notre droit, du socle de notre laïcité, la différence est minime dans les faits, car si dans cette autre République les tractopelles ont expulsé sans scrupule les indésirables, dans la nôtre, à moins d'un véritable sursaut citoyen, les lois et les directives finiront par étouffer toute expression de la différence même si cette différence s'exprime dans le cadre des lois et le respect de la Constitution.

 


Novembre 2006

 

Le CICNS a procédé à une analyse des auditions de la commission d'enquête parlementaire sur le thème "sectes et mineurs". Notre constat est sévère.

 

Beaucoup voient la société comme malade. Il est probable qu'une des causes de la maladie est la résistance à accepter les forces de changement à l'intérieur de la société. Les minorités spirituelles, malgré d'éventuelles maladresses, apportent une dynamique de changement.

 

La plupart des membres de la commission pensent au contraire qu'elles sont la maladie. Plutôt que de regarder ce qui la cause et de s’attaquer à ces causes, ils cherchent à généraliser un nom à cette maladie, comme si cela pouvait aider à la soigner. Les noms de la maladie sont « secte », « dérive sectaire ». Et ils essaient de coller l'étiquette "fiévreusement" à tout ce qui dérange par sa différence.

 

Ces expressions dans le contexte français sont inextricablement associées à une démarche d’amalgames qui rejette en bloc tout ce qui sort de la norme. Au lieu d’étudier au cas par cas les situations qui posent question, la commission entretient un système de stigmatisation tous azimuts. Les amalgames ont un triste avantage : un coupable, tous coupables. Pourtant tout montre que le problème tel qu'il est appréhendé n'existe pas.

 

Peuvent-ils entendre qu'il vaut mieux accompagner ce changement que de s'y confronter ?

 


Novembre 2006

 

L'intervention de Didier Leschi lors de son audition auprès de la troisième commission d'enquête parlementaire sur les sectes est significative. Elle montre qu'un certain nombre de personnes au gouvernement ont compris la difficulté des questions posées et, devant cette difficulté, se refusent à pratiquer l'amalgame. Elles sont, nous en sommes persuadés, plus nombreuses que celles qui pratiquent une stigmatisation systématique, mais curieusement ces dernières ont le porte-voix en leur faveur.

 

Le trouble supposé à l'ordre public, sans arrêt évoqué dans cette commission, conduit en principe, tôt ou tard, à une action en justice ou à un avis du conseil d'État. Il apparaît donc naturel dans un État de droit de se référer in fine aux décisions de ces organismes pour évaluer le trouble à l'ordre public.

 

Apparemment, les députés de la commission ne l'entendent pas de cette oreille et expliquent qu'un niveau de trouble existe qui n'est pas pris en compte par la jurisprudence mais  néanmoins significatif et documenté dans les différentes conventions internationales de défense des droits des enfants.

 

La commission invoque des "témoignages de victimes" pour étayer ses thèses de dangerosité des minorités spirituelles. Même si ces témoignages doivent être entendus, ils ne peuvent en aucune manière constituer un élément suffisant pour affirmer une dangerosité de façon globale : dans ces situations, quelle part revient aux comportements humains que l'on pourrait retrouver dans n'importe quelle organisation et quelle part de ces comportements peut être attribuée à la doctrine du groupe ? Reconnaissons, d'autre part, que si l'on évaluait n'importe quelle organisation à partir des personnes qui la quittent et se retournent contre elle, aucune n'y survivrait. Mais, à l'évidence dans ce cas, c'est le but recherché.

 

Les députés de la commission estiment, sans preuve donc, qu'il faut prendre en compte une menace non cernée par la justice. Admettons. Mais alors, les membres de cette commission n'ont pas réuni l'expertise requise pour évaluer ce nouveau "trouble à l'ordre public". La question ayant été subtilement déplacée de la sphère du droit vers une sphère d'évaluation psychologique, sociologique, ethnologique, veut-on nous faire croire que les quelques personnes auditionnées (en grande majorité, du reste, porte parole du discours anti-secte) permettront aux députés d'apprécier justement toutes les minorités qu'ils visent ? Cela n'est pas sérieux.

 

La seule façon de sortir de l'impasse est de créer en France un véritable observatoire de la spiritualité, comme le propose le CICNS. Cet observatoire, indépendant, permettra aux différentes expertises rassemblées d'adopter enfin une démarche de connaissance et de tourner le dos à une voie de stigmatisation suivie depuis de trop nombreuses années. Il évitera également à certains de nos députés d'improviser dramatiquement sur des sujets sensibles.

 


Octobre 2006

 

Les débats de la campagne présidentielle ont commencé. On y parle de "mieux consommer", de "mieux vivre", la seconde proposition étant souvent dépendante de la première.  

 

Pourtant, pour beaucoup de personnes engagées dans une démarche spirituelle, la vie se définit à un niveau plus profond. Ce domaine a longtemps été une affaire privée en France, mais l'exposition négative des minorités spirituelles depuis de nombreuses années à renverser cette tendance. Aujourd'hui, elles "subissent" une troisième enquête parlementaire qui les désigne comme l'ennemi à abattre.

 

Pourquoi la lutte contre les sectes à la française ne pourra-t-elle avoir d'issue ? Parce que la grande majorité des personnes ayant choisi une démarche spirituelle alternative sont sincères et ont fait un choix en conscience qui donne un sens à leur existence. Elles vont donc poursuivre leur démarche d'une façon ou d'une autre. Les stigmatiser ne sert qu'à envenimer des relations qui pourraient être tolérantes sinon harmonieuses.

 

Il est temps que nos responsables politiques réalisent cette simple réalité soit avec leur bon sens soit, à terme, à n'en pas douter, par la force pacifique électorale que représentent les centaines de milliers de personnes engagées spirituellement et qui envisagent une société d'abord basée sur des relations humaines et non marchandes.

 

Saluons à ce titre les propos de Didier Leschi Directeur du bureau des cultes à l'adresse des présidents de la commission d'enquête parlementaire et de la Miviludes. Le fait qu'il relève des "approximations" indiscutables dans le traitement de la question desdites "sectes" auprès de ces deux organismes est un signe de rééquilibrage indispensable sur ce sujet de société.

 


Octobre 2006

 

Le CICNS était présent aux nouvelles rencontres Science et Conscience 2006 qui avaient pour thème : "La liberté, qu'en avons-nous fait ?". 1200 personnes ont assisté sur deux jours aux quarante conférences proposées. Le site lui-même (Le Hohwald) n'est pas étranger à l'atmosphère conviviale de ces rencontres où chacun a pu échanger paisiblement sur un sujet pourtant délicat : la liberté. La majorité des propos (Pierre Rabhi, Jean-Marie Pelt et d'autres...) nous invitaient à un "vivre ensemble" différent qui ne semble pas hors de portée lors de ces rencontres.

Nous avons présenté notre action lors d'une conférence qui était l'occasion de projeter notre film sur les nouvelles spiritualités en France. L'autorisation de diffuser ce film lors de la conférence nous a été retirée au dernier moment par le comité d'organisation du colloque : Il ne trouvait pas le film assez positif ! (le film a néanmoins été autorisé pour diffusion sur notre stand). Ce petit incident est intéressant à plusieurs titres. D'abord parce qu'il montre que le film bouscule les idées reçues : il joue donc son rôle. Ensuite parce que ce "dérangement" montre combien le débat est difficile sur un sujet où certains ont l'impression qu'ils prennent des risques, s'il est abordé frontalement : peut-être à juste titre. Mais on ne peut pas éternellement se contenter de propos lénifiants ; il n'y a d'ailleurs pas eu de propos lénifiants de la part des conférenciers dans le colloque, ce qui montre que la peur attachée à ce thème particulier est artificielle. En tout état de cause nous remercions chaleureusement Nicole Bertaud (organisatrice du colloque) qui a soutenu avec dynamisme la présentation de notre action.

Les personnes présentes à la conférence ont permis un échange fructueux qui contraste vivement avec les propos préformatés et unilatéraux que l'on entend régulièrement dans les médias. On ne peut que saluer ce rassemblement d'idées permettant l'ouverture et le dialogue, et regretter l'appauvrissement de la réflexion entretenu par la presse et les pouvoirs publics.

Beaucoup de personnes sont venues à notre stand pour faire état de la difficulté à vivre paisiblement la spiritualité ou les convictions de son choix. C'est une réalité qui s'exprime souvent discrètement : certains ne veulent pas réveiller des mémoires difficiles ou même se disent qu'ils ne sont pas à l'abri d'autres ennuis. Mais chacun à sa manière, par sa détermination à rester en accord avec ses choix de vie, a permis d'évoquer la nécessaire solidarité qui doit être créée entre toutes les personnes attachées au droit à la liberté spirituelle.

 


Septembre 2006

 

Dans notre dernière lettre, nous avons rappelé la violence physique des assauts qu'ont subis un certain nombre de minorités spirituelles. 

 

Il est une autre violence, verbale celle-ci, qui s'est banalisée depuis une dizaine d'années. Dire d'un groupe qu'il est une secte sous-entend des délits graves : manipulation et exploitation des personnes, violence sur enfants, pédophilie, viols, escroquerie mafieuse, ... C'est donc un propos qui ne saurait être utilisé avec légèreté dans un État de droit. 


C'est pourtant une expression courante et presque personne ne s'en inquiète aujourd'hui. Certains parlementaires utilisent le terme abondamment pour désigner ceux qu'ils considèrent comme les ennemis des droits de l'homme. La grande majorité des médias, parce qu'ils confondent sensationnel et audimat avec information, n'ont plus intérêt à se poser la question (puisque seul serait important "le compte d'exploitation", comme l'affirme Patrick Le Lay en réponse à François Bayrou après son intervention sur le rôle des médias).


Du reste, notre jurisprudence ne considère pas le terme comme diffamatoire. Pour qu'il en soit ainsi, il faut par exemple dire "secte dangereuse", ce qui est une expression redondante. Retenons donc qu'une minorité spirituelle doit être désignée comme dangereuse au moins deux fois dans la même phrase pour que l'on commence à considérer l'éventualité d'une diffamation. 


Cette violence verbale "banalisée" est sans doute la plus insidieuse et conduit très certainement un jour ou l'autre aux débordements physiques constatés lors des assauts.

 


Septembre 2006

 

Deux dangers méritent notre attention, en particulier sur l'impact réel qu'ils ont sur la société française : le danger sectaire et le danger de la psychose entretenue sur la problématique sectaire.

 

La question sectaire est analysée depuis vingt ans par les pouvoirs publics. De quelles preuves, travaux de recherche ou enquêtes approfondies, références universitaires, statistiques probantes - vérifiables par des observateurs indépendants - dispose-t-on pour parler de fléau social et justifier l'arsenal de lutte mis en place ? De nombreux sociologues et juristes répondent que le fléau social n'existe pas ; ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas de problèmes dignes d'être regardés à la fois sociologiquement et juridiquement, mais rien ne s'apparente de près ou de loin au péril évoqué et ne justifie l'absence de débat ouvert sur ces questions.

 

La deuxième problématique est l'alimentation d'une psychose sur le supposé danger sectaire : des rapports parlementaires ne respectant pas le contradictoire et établissant des listes noires, une législation spécifique à l'encontre des minorités spirituelles suggérant l'idée que leur dangerosité nécessite une action spécifique hors du droit commun, une couverture médiatique partielle et partiale du phénomène (citons, comme dernier exemple en date, l'émission de France Inter du 5 septembre 2006, "Le téléphone sonne" sur le thème "D'où vient l'argent des sectes ?"). Cette émission affligeante de parti pris, sans la moindre ambition d'esprit critique, donne une idée de ce que sont devenus les médias français. L'impact de cette psychose est patent : des discriminations passées sous silence et une mise au ban de la société pour toutes les personnes concernées.

 

Le vrai trouble à l'ordre public - si souvent évoqué à l’encontre des minorités spirituelles, pour contourner l'esprit de la loi 1905, fondement de notre laïcité -, n'est-il pas dans l'entretien de cette peur nationale, injustifiée, qui retourne insidieusement la société française contre une partie d'elle-même ?

 


Septembre 2006

 

La question des sectes n'a pas connu de trêve estivale. La polémique autour du rassemblement des Témoins de Jéhovah à Lens résume à elle seule les ambiguïtés et, pourrait-on dire, les méandres de la laïcité française ainsi que la difficulté des minorités spirituelles à trouver une place dans la société française.

L'État ne reconnaît aucun culte. C'est la loi de 1905. Ce n'est donc pas lui qui décide qui est ou n'est pas un culte. Lorsque 20000 personnes décident de se rassembler autour de leur foi plus que centenaire, on peut difficilement nier le caractère cultuel de leur mouvement et le droit de se réunir dans le cadre de leurs associations. Mais la confusion vient du "statut d'association cultuelle" octroyé ou non par l'État sur des critères d'ailleurs rarement exempts de jugements de valeur, donc d'appréciation du contenu du culte. Cet octroi n'est donc en principe pas une "reconnaissance" du culte qui réunit ces personnes (puisque l'État est censé être incompétent sur cette question) mais permet de préciser un statut juridique et d'accorder des avantages fiscaux.

Certains (dont M. Nicolas Sarkozy) ont justifié le droit de rassemblement des Témoins de Jéhovah en raison du statut cultuel octroyé à l'association, tandis que d'autres (dont Me Pesenti sur RFI : http://www.cicns.net/RFI.htm) refusent ce droit car les Témoins de Jéhovah ne seraient pas reconnus comme une association cultuelle, au sens du statut pré-cité. Notons que le statut cultuel n'est même pas suffisant pour être traité dignement puisque les Antoinistes qui l'ont obtenu ont été mis sur la liste des sectes de 1996 de façon arbitraire, comme 171 autres mouvements spirituels minoritaires.

Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 (18 juillet 2006) a finalement résumé le fond du problème en demandant de façon caricaturale à Nicolas Sarkozy : " Est-ce que c'est une secte ou pas ? " en parlant des Témoins de Jéhovah.
Cette question que l'on pourrait remplacer par "est-ce que tous ces gens sont des criminels ou pas" est un blanc-seing pour sortir impunément du cadre démocratique et de la laïcité et autoriser par exemple Monsieur Jean-Pierre Brard sur TFI (20 juillet 2006) à appeler les Témoins de Jéhovah de "parfaits délinquants". Il devient alors admissible de discriminer des groupes qui sont considérés comme a priori coupables.

La troisième enquête parlementaire qui va statuer au mois de décembre 2006 sur l'impact des "sectes" (entendez des minorités spirituelles) sur les mineurs, part de la même présomption de culpabilité qui autorise au nom des grands principes cette "sortie" du cadre de notre laïcité et plus simplement de celui du respect et de la tolérance.
Les choses peuvent changer si nous sommes nombreux à témoigner ensemble d'un autre regard sur ce qu'on appelle les "sectes".

 


Juillet 2006

 

Les Césars de Rome organisaient des jeux du cirque pour plaire et mater le peuple. Aujourd'hui ils sont organisés par l'économie de marché, telle la coupe du monde de football. Il ne s'agit pas de bouder la beauté du jeu quand elle est là mais de reconnaître l'illusion à l'oeuvre. Il y a peu, les revendications et les désaccords s'accumulaient, notre qualification en finale rassemble les Français. Vraiment ?

 

Au moment où la France brille sportivement et croit retrouver son unité à travers le sport, une réalité beaucoup plus terne se fait jour. La commission d'enquête parlementaire devant statuer sur "l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs", est lancée. Elle doit rendre son rapport en décembre 2006. Les parlementaires de notre République laïque ont donc choisi de poursuivre la discrimination de certains de leurs concitoyens sur la question de la liberté spirituelle. Pour s'en convaincre, quelques citations de certains d'entre eux (source AFP): "L'endoctrinement des enfants est un enjeu majeur pour les groupes sectaires: c'est en effet lorsque les individus sont les plus malléables que l'emprise peut être complète", "des dérives et des mauvais traitements pouvant entraîner la mort sont avérés", "on estime à près de 20.000 le nombre d'enfants présents dans les sectes". Au sujet de la circulaire Raffarin de juin 2005 qui semblait mettre un terme à la méthode des listes noires : "En réalité, la question posée par le Premier ministre (ndlr : M. Raffarin) était celle du vieillissement des informations collectées en 1995 et 1999".

 

Ces quelques extraits indiquent que les résultats de cette enquête - le mot enquête n'est-il pas dévoyé ? - seront certainement de la même teneur que les deux précédentes (1995, 1999) avec des effets d'une aussi grande brutalité. Un soutien nombreux à notre projet de Commission d'Enquête Citoyenne sur la liberté spirituelle constituerait un signal fort d'affirmation de nos droits à l'adresse de nos élus.

 

Nous vous souhaitons de bonnes vacances.

 


Juin 2006

 

Le 30 mai 2006, le J.O. a publié une question de M. Éric Raoult à M. le Garde des Sceaux : "M. Éric Raoult attire l'attention de M. le Garde des Sceaux, ministre de la justice, sur le développement des sectes dans notre pays. En effet, d'après diverses informations parues tant dans la presse que dans certains rapports, notamment parlementaires, ces sectes se développent depuis plusieurs années dans les banlieues, dans les départements d'outre-mer, par l'intermédiaire d'organismes de formation professionnelle en direction de la jeunesse. Ces informations sont inquiétantes dans le contexte de tension actuel. Il lui demande donc de lui préciser l'action qu'il compte mener dans ce domaine. "

 

Un projet de commission d'enquête parlementaire avec pour intitulé : Influence des mouvements à caractère sectaire et conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des mineurs, était à l'ordre du jour le mercredi 21 juin 2006 en commission des lois.

 

Dernièrement Raphaël Liogier, professeur des universités à l'IEP d'Aix en Provence, nous disait que les études, les preuves sur la question des minorités spirituelles semblaient n'être d'aucune utilité, en ce sens que la lutte anti-sectes continue, tout en ne reposant sur aucune évidence. Les deux annonces ci-dessus en sont deux exemples parmi d'autres.

 

Une explication à cela est certainement que deux discours, effectués à des niveaux différents, n'arrivent pas à se rencontrer. Le discours anti-sectes est émotionnel, défensif et fondé sur la peur. Il ne peut s'accommoder d'une prise de recul et de l'évidence factuelle. Il suffit pour s'en rendre compte de se promener sur les forums anti-sectes où toute tentative de propos raisonné rencontre immédiatement une réponse agressive voire insultante.

 

On ne peut cependant avoir d'indulgence pour nos élus, qui disposent de suffisamment d'éléments pour engager un autre type de réflexion, ce qui serait d'ailleurs leur rôle. Même en admettant que certains d'entre eux se voient désemparés devant la peur sectaire, il est flagrant que ce sujet sert à détourner l'attention. Qui peut sérieusement penser que le phénomène dit sectaire ait une influence quelconque sur le "contexte de tension actuel" ? C'est une supercherie ! Le danger que représentent les minorités spirituelles dans notre pays est sociologiquement insignifiant. Le danger que représente une utilisation politique de la peur sectaire mérite toute notre attention (voir notre interview de Maurice Duval).

 

Alors faut-il continuer à apporter une information censée et équilibrée ? Oui, car elle nous tient en alerte. On peut cependant comparer la peur sectaire à un petit mur de Berlin qui sépare artificiellement des personnes que tout permet de laisser vivre ensemble. Un petit mur de la honte. Qu'est-ce qui a fait que le mur de Berlin est tombé sans coup férir ? On peut raisonnablement dire que c'est parce qu'un grand nombre de personnes l'ont voulu en même temps. Pour que le mur de la peur sectaire tombe, il nous faut le vouloir. C'est le sens de l'élan solidaire que le CICNS souhaite initier.

 


Juin 2006

 

Dans le Monde du 7 juin 2006 un article dresse un constat inquiétant de la délinquance, plus particulièrement  au sujet des armes en milieu scolaire ; préconisation de la DCRG : "filtrage des accès, développement de la vidéosurveillance aux abords voire dans les couloirs, installation d'alarmes et d'éclairages de mouvement, présence policière dans les espaces publics aux environs des établissements. Les RG suggèrent de rehausser les grilles anti-intrusion et de multiplier le nombre de surveillants".

 

Ségolène Royal, disant tout haut ce que certains n'avaient sans doute pas osé dire, a parlé d'encadrement militaire pour les délinquants.

 

Il y a quelque temps, nous avions évoqué un colloque du groupe parlementaire sur les sectes souhaitant alerter l'opinion sur l'embrigadement des enfants dans les sectes, sans preuve bien sûr. Quelle ironie !

 

Notre société n'ose plus se regarder en face. Pas dans le sens où les problèmes ne seraient pas évoqués, c'est le contraire, nous sommes abrutis de mauvaises nouvelles. Mais d'une certaine façon la responsabilité est éludée, nulle part ou sur un bouc émissaire. Très souvent, la seule riposte de nos élus est alors le pourrissement ou la répression ; nos valeurs de compétition et de mercantilisme généralisé ne sont jamais remises en question.

 

Un seul exemple, même s'il ne couvre pas entièrement la question : de nombreuses études ont montré que la violence des jeunes a un rapport avec le gavage qu'ils subissent (le mot est presque un euphémisme) de jeux vidéos et de séries télé où cette violence est banalisée. Une statistique a évalué qu'un enfant américain de 12 ans a déjà ingurgité 130000 agressions de toute nature et 9500 meurtres et assassinats. A-t-on entendu des propositions de mesures concrètes pour stopper cette dérive du libre marché ? Non, on préfère envisager d'installer de la vidéosurveillance, une présence policière, un encadrement militaire, en fait, finalement, recréer l'ambiance de ces jeux vidéos dans la réalité, puisqu'ils sont le reflet de la façon dont nous préservons nos valeurs ; et à l'occasion, le plus souvent possible, faire porter le chapeau d'une éducation dangereuse aux prétendues sectes.

 


Mai 2006

 

L'approche des élections présidentielles et législatives a relancé la machine électorale.

Nous assistons donc au début de cette longue série de contorsions médiatiques qui cachent souvent des combats sans merci et où l'on parle néanmoins de paix, de sécurité, d'intégration sociale et de progrès. Trouvez l'erreur.

Un récent sondage a montré qu'une large majorité des Français ne fait plus confiance au monde politique. Il n'est pas certain du reste que nous ne soyons pas ambivalents et simultanément déprimés par le spectacle politique et captivés par ces confrontations, tant notre lassitude le dispute à notre soif de spectacle.

Néanmoins, s'il est difficile de croire aux promesses électorales de nos candidats - qui sont, il faut bien le reconnaître, assaillis de demandes conflictuelles - il est essentiel de continuer à croire en nous. L'intérêt des campagnes électorales à venir n'est pas d'abord dans l'attente que ce que nous demandons sera réalisé, mais dans la solidarité qui nous unit à l'exprimer. C'est un début incontournable si l'on veut que les choses changent. Les hommes politiques suivront puisqu'ils ne peuvent de toute façon pas faire autrement aujourd'hui.

Nous avons initié un banc d'essai sur notre site qui comparera progressivement les visions des différents candidats sur la question des nouvelles spiritualités. Nous leur posons des questions concrètes dont les réponses seront assurément instructives. Qui sait, peut-être aurons-nous une bonne surprise parmi tous ces candidats. Ce sera alors à chacun, en son âme et conscience, d'accorder ses choix à ses aspirations.

 


Mai 2006

 

Il est intéressant de rapprocher deux événements récents : la publication du rapport de la MIVILUDES 2005 et l'affaire Clearstream. Dans les deux cas, des accusations sont proférées sous forme de rumeurs, d'informations partielles et partiales, de désinformation. A l'encontre des démarches alternatives spirituelles et de santé pour le premier, à l'encontre de la classe politique pour le second.

 

Dans l'affaire Clearstream, les nombreuses personnalités politiques mises en cause se sont aussitôt offusquées publiquement de ces attaques injustes. Une grande effervescence médiatique et juridique a pris place pour faire la lumière sur ces rumeurs et trouver le "corbeau" responsable de cette gabegie. Gageons que même si certains n'ont pas la conscience tranquille, ils passeront à travers les mailles du filet.

 

Quels sont les moyens donnés aux minorités spirituelles pour faire taire les rumeurs infondées qui les désignent comme une menace pour la République depuis plus de vingt ans ?

 

Où est la vraie menace ? Dans les tentatives parfois maladroites de certains de retrouver, seuls ou en groupe, une harmonie à travers une démarche spirituelle ? Ou bien dans cet étalage consternant de coups bas politiques, de conflits d'intérêts, de luttes de pouvoir tellement récurrents qu'on finit par s'y faire, une fois passé le premier désarroi ?

 


Mai 2006

 

La lutte contre les sectes en France est un exemple de combat dérisoire qui s'auto-justifie en inventant de nouveaux angles d'attaque contre un ennemi inexistant.

On a d'abord parlé de sectes, bien structurées, puis devant l'impossibilité de démontrer un quelconque fléau social, on explique que le phénomène évolue, qu'il ne s'agit plus uniquement de grands groupes mais de groupuscules qui se cachent, qui mutent dans leurs formes et leurs agissements. Quoi de plus pratique qu'un ennemi invisible et mutant pour justifier toute mesure répressive, aussi inconséquente soit-elle ?

D'abord étudiée et discréditée aux Etats-Unis (http://www.cesnur.org/testi/melton.htm), la notion de lavage de cerveau a été importée en France sous le vocable un peu plus édulcoré de manipulation mentale, qui s'est transformé dans la loi About Picard en abus de faiblesse, un terme plus conforme à notre droit. Les mots sont choisis pour devenir acceptables et rentrer dans le cadre démocratique, les actes eux peuvent rester anti démocratiques.

On parlait de délits de sectes, on est passé aux dérives sectaires, puis aux agissements à caractère sectaire. Un dégradé dans le flou qui n'a d'autre but que de ne laisser aucun doute sur les risques sectaires.

L'accent était mis sur les prétendus bourreaux mais cela n'a pas porté suffisamment de fruits, on place donc le projecteur sur les supposées nombreuses victimes, un discours plus apte à toucher la fibre émotionnelle et une attitude de défense : un diplôme universitaire de victimologie liée à la nuisance sectaire vient d'être créé.

On pourrait donner beaucoup d'exemples de cette auto adaptation du discours anti-sectes en France. Que de temps perdu à éviter soigneusement de comprendre un phénomène de société incontournable dont celle-ci a tout à gagner.

 


Avril 2006

 

Extrait du rapport de L'ONU sur la liberté de religion et de conviction en France (18-29 septembre 2005) paragraphe 108 : "Toutefois, elle [la Rapporteuse Spéciale] est d'avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l'égard de leurs enfants..."

Propos tenus lors d'un colloque du Groupe d'études sur les sectes de l'Assemblée Nationale à Saint-Priest (Rhône), 30 mars 2006 (source AFP) : "Plusieurs milliers d'enfants et d'adolescents sont aujourd'hui dans des sectes. Ils représentent un investissement rentable : ils assurent la relève"..."50.000 enfants sont victimes d'emprise sectaire sur 700.000 adeptes"

Le contraste entre ces deux visions est saisissant. Au-delà d'une argumentation pour un camp ou pour l'autre, lorsque des élus nationaux mandatés par le Parlement français dans le cadre d'une étude sur les sectes ont une appréciation si radicalement opposée à celle d'observateurs étrangers mandatés par l'organe de référence sur les droits de l'homme, il est temps d'ouvrir un débat public indépendant sur le sujet.  

Si les pouvoirs publics ne peuvent avoir le recul nécessaire pour appréhender la question des nouvelles spiritualités, c'est aux citoyens et aux experts de tous horizons de prendre la parole et de ramener le bon sens.

 


Avril 2006

 

Dans un article du Monde du 18 mars 2006, on peut lire :

 Presque tous les dérapages médiatiques dans les faits divers se produisent dans les 48 premières heures. Avant de se précipiter sur une histoire sensible, "nous y regarderons à deux fois, quitte à perdre un peu de terrain sur les confrères", promet M. Grenu, de France 3 Nord - Pas-de-Calais. "On parle souvent de la solitude du juge d'instruction, il y a aussi la solitude du journaliste, souligne Jean-Luc Evin, rédacteur en chef à Ouest-France. Nous encourageons les collègues à partager leurs doutes, quitte à retarder un papier d'une journée."

Toute la limite des efforts consentis est contenue dans cette concession : "quitte à perdre un peu de terrain". Quel sera le poids de ce "peu" vis-à-vis du sacro-saint audimat ? Y a-t-il vraiment un degré de précipitation acceptable quand il y a risque de diffamer et donc de salir des personnes présumées innocentes pour de longues années ? Quant à la solitude du journaliste, on se demande en quoi elle consiste s'il s'agit de relater les faits au plus juste - quand ils sont connus, s'entend, et qu'il y a quelque chose à dire - à moins que cette solitude ne soit liée à la fragilité de la renommée et la difficulté d'obtenir un "scoop".

La charte des journalistes contient tous les droits et devoirs permettant de faire un journalisme respectueux et efficace. Suite à l'affaire Outreau, on s'étonne que les grands médias n'aient pas déjà pris des mesures publiques pour retrouver le sens de cette charte. Mais gardons espoir...

L'image des minorités spirituelles serait bien différente aujourd'hui si ces valeurs journalistiques avaient été respectées ces vingt dernières années.

 


Mars 2006

 

S'il vous arrive de faire des haltes sur les aires d'autoroute, vous aurez sûrement remarqué ces petits kiosques présentant des guides sur des sujets très divers : histoire, politique, sciences etc. Ils sont en général assez bien faits. L'un concerne l'éducation civique "...basée sur le respect de l'autre dans le cadre de la vie en société...".

Au milieu de ce fascicule, il y a un paragraphe sur la non-discrimination : la constitution de 1958 assure "l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race ou de religion". Il est également mentionné que tout un arsenal juridique a été mis en place, "afin de lutter contre la discrimination sexuelle, raciale, de nom, et d'apparence physique". Notons que cet arsenal pour préserver les valeurs de notre constitution, omet de mentionner le terme "religion". Il n'est pas surprenant que des difficultés apparaissent si des mots essentiels sont supprimés.

Juste après ce paragraphe un encart jaune évoque la recrudescence des sectes et les efforts déployés pour bien déterminer la frontière entre secte et religion. Suit une définition de la secte, dont nous vous faisons grâce. Notons la prouesse de parvenir à une définition là où les sociologues contemporains ayant étudié sérieusement la question ont renoncé.

Il est important de garder le voyageur, jusque sur la route des vacances, en alerte face au dramatique et préoccupant fléau social que constituent les sectes...

 


Février 2006

 

Que nous apprend l'affaire des caricatures de Mahomet ? Les caricaturistes avaient-ils le droit de faire ces dessins ? Faut-il respecter coûte que coûte la liberté de la presse ? Faut-il protéger les religions des blasphèmes ? 

Le droit (fut-il divin) est invoqué au secours de chaque position. Certains diront qu'il s'agit de liberté, mais cette liberté s'exprime en général dans le cadre du droit. Une autre façon d'aborder la question pourrait être de s'interroger ainsi : quelle est l'intention de chaque protagoniste ? Quelle était l'intention des caricaturistes ? Qu'est-ce qui motive réellement ceux qui veulent protéger le droit de la presse ou l'image de leur religion ? Quelle était l'intention de ceux qui ont envenimé les choses ?

Est-ce une intention d'ouverture vers l'autre, tolérante, ou le contraire ? Ce simple constat honnête, qui ne se cache pas derrière l'invocation du droit, serait de nature à apaiser les divergences et permettrait sans doute de constater que les caricatures ne sont que des prétextes. Quelques dessins suffisent à enflammer toute une région du monde et en laissent une autre désemparée.

 


Février 2006

 

Au sujet de l'affaire Outreau, le Ministre de la justice s'exprime : "Tout le monde est profondément ému. C'est une bonne première étape et il ne faut pas en rester là, la deuxième étape c'est qu'il faudra reprendre son sang-froid et légiférer avec un peu de distance".

Cette distance semble effectivement souvent absente. Certaines "méthodes" similaires à celles que l'on veut dénoncer semblent être utilisées dans la recherche d'un coupable... d'un autre bouc émissaire, comme pour contrebalancer les horreurs qu'ont subies les premières victimes.

Cette sagesse de la "distance", du "recul" n'est-elle pas le fondement de la justice dans un état de droit ? La commission d'Outreau n'aura servi à rien si elle n'a pas pour résultat de promouvoir cette prise de distance sur tous les sujets. Un test sera d'observer le comportement de l'appareil judiciaire et plus généralement des pouvoirs publics et des médias vis-à-vis des nouvelles spiritualités.

 

 


Janvier 2006

 

La Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Outreau apporte son lot de révélations et d'émoi chaque jour.

Un seuil de tolérance a été franchi dans cette affaire qui oblige à reconsidérer l'ensemble du système judiciaire.

Et les nouvelles spiritualités dans tout cela ? Au risque de se répéter, rappelons la façon dont elles ont été stigmatisées dans un rapport parlementaire arbitraire et comment les discriminations qui en résultent sont passées sous silence dans les médias. C'est un seuil de tolérance que l'on peut qualifier de haut, mais apparemment insuffisant pour susciter un questionnement au niveau des pouvoirs publics.

Au CICNS, nous avons pu constater que le choc psychologique d'Outreau n'a pas encore eu d'effet sur le traitement des nouvelles spiritualités. Les même rumeurs et amalgames sont utilisés, y compris au cours de certains procès. Ces rumeurs font passer grossièrement ou subtilement suivant les cas, de la présomption d'innocence - qui est le fondement de notre droit - à la présomption de culpabilité.

Que faut-il pour revenir à la présomption d'innocence ?

Il est souhaitable que les aménagements qui seront apportés au système judiciaire jouent leur rôle de garde-fous. Mais ces garde-fous ne pourront certainement pas mettre fin à une attitude de méfiance envers la différence, sans la renaissance de certaines valeurs humaines. Comment une société basée sur la compétition et le gain peut-elle espérer développer la fraternité ?

Cette nouvelle fraternité existe pourtant, sous de multiples formes et en particulier au sein des nouvelles spiritualités. Il suffit sans doute de l'affirmer avec patience dans un grand élan solidaire.

 


Janvier 2006

 

Un article du Monde du 7 janvier 2006, perdu dans la masse des faits-divers, nous informe que, selon certains chercheurs et en grande partie à cause d'actions humaines, une extinction massive des espèces pourrait se produire au XXIème siècle.

Il est remarquable de constater comment la "mondialisation" qui pourrait être une mise en valeur de la diversité, conduit immanquablement à l'uniformisation, voire la destruction.

Le rejet de la spiritualité dans sa diversité en France s'inscrit dans ce grand broyeur qu'est la pensée unique, à l'origine de nos comportements criminels envers la nature et les hommes.

De nombreuses voix s'élèvent dans le brouhaha ambiant pour proposer une nouvelle vision du monde. Il ne tient qu'à nous de faire de 2006 une année "porte-voix" pour le droit à la liberté spirituelle.

 


Décembre 2005

 

L'UNADFI a gagné en premier instance un procès l'opposant à un collectif d'avocats et de plaignants l'accusant d'être une police de la pensée.

Le jugement a considéré qu'il était porté atteinte à leur honneur et à leur réputation. Dans un communiqué de presse, l'UNADFI affirme que les demandeurs ne visaient en réalité qu'à "instrumentaliser la justice...".

Demandons-nous ce qu'il est fait de l'honneur et de la réputation des milliers de personnes qui ont été salies au cours des vingt dernières années par des diffamations, des rumeurs, des procès (instrumentalisés ?) en raison de leur appartenance spirituelle et qui préfèrent le taire. L'indignation devant les ravages d'accusations infondées n'a pas encore atteint la sphère spirituelle. Nous continuerons à travailler afin de restaurer un équilibre nécessaire.

 


Décembre 2005

 

Les événements dans les banlieues des grandes villes montrent que la seule réponse de notre démocratie aux questions difficiles est de construire un rempart de violence (physique, politique, médiatique, ou légale).

Ce rempart est plus ou moins proche de notre espace de liberté en fonction des sujets. Concernant les nouvelles spiritualités, la politique de lutte contre les dérives sectaires a très rapidement restreint l'espace d'expression des citoyens.

La violence appartient à l'homme. L'élan spirituel n'est pas en cause, même si, à l'occasion, cet élan peut être perverti par la violence. Ce qu'apportent les nouvelles spiritualités et les religions d'une manière générale, dans leur message initial, est l'idée d'une fraternité possible entre les hommes.

Nous avons fini par accepter que les libertés individuelles soient bafouées pour diverses raisons, invoquées dès que cela arrange : raison d'état, ordre public, fléau social etc... Et l'idée de fraternité laisse très vite la place à la certitude que l'homme est un loup pour l'homme et que seule une restriction des libertés et la violence ramèneront de l'ordre.

La loi de 1905 en séparant la sphère spirituelle et la sphère de l'état a permis finalement aux personnes qui souhaitent animer leur dimension spirituelle de revivifier à leur façon cette idée de fraternité que l'Etat a du mal a garder vivante.

La séparation peut rester telle qu'elle est mais l'Etat pourrait avantageusement reprendre à son compte cette idée d'une nouvelle fraternité qui fait du reste partie de notre devise républicaine : "Liberté, égalité, fraternité". Qu'est ce donc que cette fraternité sinon l'idée que les hommes peuvent vivre autre chose que la compétition et la méfiance policées par des règles sociales ?

 


Novembre 2005

 

Durant quatre jours, le CICNS a participé à la rencontre Éveil et Action à Paris. Nous y avons rencontré de nombreuses personnes très concernées par notre action, dont beaucoup nous ont raconté leur histoire douloureuse, avec souvent des mots très durs contre l'ADFI et traitant de secte "ce pays fasciste dans lequel on est forcé de penser du mal de toute démarche alternative".

 

En même temps, peu d'entre eux connaissent réellement la situation. Ceux qui croient la connaître le mieux déclarent que la situation en France s'améliore et que les pouvoirs publics sont plus tolérants, et il semblerait effectivement que certains grands mouvements spirituels soient davantage laissés en paix. Par contre, les individus témoignent d'une aggravation de l'atteinte à leur liberté de pensée.

Les quelques 600 personnes qui ont participé à cette rencontre avaient en commun un désir de partager d'autres valeurs que celles prônées par notre société matérialiste en déclin, et étaient porteuses d'un message de paix, de partage et de fraternité. Elles témoignaient d'un dynamisme et d'une grande créativité au travers de projets concrets et solides pouvant apporter des solutions immédiates aux problèmes de santé, d'énergie, d'éducation et de relations sociales et familiales ainsi que dans les domaines politiques et économiques. Elles témoignaient aussi de la difficulté à trouver, en France, un espace où s'exprimer librement, et ce surtout dès qu'on parle de spiritualité ou d'une vision holistique de la vie.

Nous avons réalisé quelques interviews dont cette lettre se fera l'écho, et des portes se sont ouvertes vers des mouvements spirituels avec qui nous avons eu des contacts très positifs et prometteurs d'actions communes.

 

De façon générale, le message du CICNS a été très bien accueilli et fortement encouragé, et nombreux sont ceux qui sont venus apporter leur soutien à notre projet de Commission d'Enquête Citoyenne, n'hésitant pas à montrer leur joie de voir une telle initiative prendre forme.

 

Merci à tous ceux qui étaient là et nous ont accueillis, comme à tous ceux qui nous lisent et nous rejoignent dans ce grand mouvement solidaire et paisible en train de changer le monde.

 


Novembre 2005

 

27 juin 2005 : Communiqué de presse des députés Philippe Vuilque, Georges Fenech, Jean-Pierre Brard, membres du groupe d'étude sur les sectes à l'assemblée nationale :

 

"Avec la circulaire RAFFARIN du 27 mai 2005, certains aimeraient voir un tournant dans la politique française de lutte contre les sectes et plus particulièrement une remise en cause de la liste des sectes établie par le rapport parlementaire de 1995 et actualisée en 1999...la circulaire ne préconise absolument pas d’en finir avec la liste parlementaire...Mieux encore, par cet arrêt, le Conseil d'Etat confirme l'intérêt « informatif » de la liste parlementaire qui reste donc une référence pour le travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires."

 

Voilà qui met malheureusement fin aux espoirs de certains qui notaient dans la circulaire Raffarin un infléchissement positif de la lutte aveugle contre les dérives sectaires.

AFP, 29 septembre 2005 : dans une interview, Jean-Michel Roulet, nouveau président de la MIVILUDES, déclare :

"Nous ne sommes pas très forts pour accueillir les victimes de viols mentaux, il y a une formation à faire chez les policiers, les magistrats pour que ces victimes puissent témoigner". M. Jean-Michel Roulet aimerait "avancer ne serait-ce que de cinq jugements" durant sa présidence.

 
S'agit-il, comme cela s'est déjà produit en 1998, de fabriquer des coupables pour justifier l'arsenal de la politique anti-secte ?

Samedi 8 Octobre 2005 : Anne Hidalgo adjointe au Maire de Paris dans une interview à La Vie n°3136 :

"La nébuleuse des mouvements sectaires, qui pratiquent la manipulation mentale et veulent prendre possession de la liberté de l'individu... Il faudrait qu'un grand débat public ait lieu sur cette question".

Beaucoup en France ont désormais découvert qu'ils font partie de cette nébuleuse dont une carte sera maintenue à jour à Paris par la Mairie. L'ennemi est désigné, il est nébuleux donc difficile à définir ce qui le rend d'autant plus dangereux, et du même coup justifie tous les débordements.

C'est dans ce climat de psychose entretenue que Mme Hidalgo souhaite un débat public et MM Philippe Vuilque, Georges Fenech, Jean-Pierre Brard invitent à la création d'une commission d'enquête parlementaire. Peut-on croire que les pouvoirs publics souhaitent équilibrer le débat sur les minorités spirituelles ?

Si, après 20 ans de surveillance, aucune statistique n'est disponible sur l'importance du phénomène des dérives sectaires, la question est peut-être sans objet. Il ne s'agit pas de nier l'existence de délits que la justice peut traiter sans créer une législation spécifique, mais de remettre fermement en cause la politique d'amalgame et de discrimination suivie jusqu'à présent.

C'est ce que nous proposons d'étudier dans le cadre de la Commission d'Enquête Citoyenne sur la liberté spirituelle en France. Cette enquête est une opportunité que nous nous donnons de sortir de la désinformation. Cette opportunité aura-t-elle un écho auprès des plus de 500 000 personnes qui sont dans cette soi-disant nébuleuse injustement montrée du doigt et qui ne demandent qu'à vivre ouvertement et dans le cadre de la loi pour la grande majorité d'entre eux ? Nous savons qu'une certaine inertie pèse encore sur les victimes de la campagne contre les minorités spirituelles mais nous espérons un réveil prochain.

 


Octobre 2005

 

Le débat sur la liberté spirituelle fait peur. Mais il fait peur aussi à ceux qui, d'une certaine façon, font la promotion des nouvelles spiritualités.

Comme annoncé dans la lettre précédente, nous devions participer à une émission de Radio Ici et Maintenant le jeudi 15 septembre ainsi qu'au salon "Restez Zen" à Paris du 16 au 19 septembre. Dans les deux cas, les organisateurs n'ont finalement pas accepté notre participation. Nous nous excusons auprès de ceux qui auraient aimé nous écouter ou nous rencontrer lors de ces rendez-vous. En écoutant leurs peurs et leurs arguments, la réponse négative de ces organisations devant notre proposition de faire réfléchir sur la liberté spirituelle met deux choses en évidence :

- Un contexte français qui a depuis longtemps installé la crainte d'évoquer simplement le sujet des minorités spirituelles et qui a généré une auto-censure.

- Le germe de la discrimination qui est en chacun de nous. Parce que le choix d'éviter un débat sur la liberté spirituelle cache potentiellement certaines idées arrêtées sur qui est dangereux et qui ne l'est pas. Et nous pouvons alors nous poser la question : sur quoi est fondée cette peur, est-ce que mes informations sont fiables, complètes, ai-je pris la peine d'écouter d'autres sons de cloche ? Ne suis-je pas moi-même suspect aux yeux de certains ? Et même si mon appréciation est fondée, cela m'empêche-t-il d'en parler sans passion ?

Ce questionnement conduit à l'acceptation de l'autre dans sa différence, avec discernement mais sans jugement (c'est le rôle de la Justice). L'élan solidaire que nous souhaitons créer au travers de la pétition pour la Commission d'Enquête Citoyenne sur la liberté spirituelle en France est une affirmation de cette attitude d'ouverture pour regarder les choses en face dans le cadre de la loi.

 


Septembre 2005

 

Voilà plusieurs années déjà que nous interpellons les pouvoirs publics et les médias sur la politique de discrimination qui vise les minorités spirituelles.

Une information abondante a été et continue d'être apportée par le CICNS et des personnes reconnues pour leurs compétences (sociologues, juristes, philosophes) ou des personnes témoignant directement de la discrimination qu'elles ont subie, pour susciter un débat équilibré sur le sujet.

Malgré cela, les pouvoirs publics n'ont fait aucune proposition concrète et crédible pour véritablement comprendre et faire le point sur l'émergence des nouvelles spiritualités. La seule analyse proposée est tronquée et met une attention excessive sur le problème, prétendu de grande ampleur, des dérives sectaires. Cette dernière expression perpétue l'amalgame entre spiritualité et criminalité et met ainsi au banc de la société l'ensemble des personnes qui désirent simplement vivre la dimension spirituelle qui les anime.

Il est temps de lancer un projet de Commission d'Enquête Citoyenne sur la liberté spirituelle en France. Le terme « citoyenne » implique que les citoyens prennent l’initiative de l’enquête. Il est donc important que cette action soit soutenue par le plus grand nombre de personnes en signant la pétition de soutien, pour constituer une voix représentative.

La responsabilité de l'enquête sera donnée à un Comité de Pilotage constitué d'universitaires (sociologues, ethnologues, spécialistes du droit) et de juristes (avocats). Les membres de ce Comité devront avoir une compétence et une neutralité reconnue sur le sujet.

Les premiers contacts que nous avons pris pour la constitution du Comité ont reçu un écho positif pour cette initiative. Nous sommes confiants de pouvoir réunir, avec votre soutien, les personnes qui apporteront la crédibilité aux résultats de cette enquête, tout en étant conscients que cet engagement demande d'accepter les critiques et les pressions inévitables sur un sujet difficile à dépassionner en France. Mais cette difficulté de notre démocratie à l'auto-analyse, n'est-elle pas une raison de plus d'agir ?

Cet élan solidaire rassemblera les personnes attachées à la liberté spirituelle au-delà des croyances et des peurs et dans le respect de la loi. Il sera le témoignage de l'acceptation de l'autre dans sa différence et la reconnaissance que la diversité est une chance et une richesse. Cela est déjà inscrit dans nos Constitutions française, européenne, universelle ; sachons retrouver dans nos comportements l'inspiration de ces textes fondateurs.

 


Août 2005

 

Les nouveaux mouvements religieux? "Ça ne va bientôt plus intéresser personne. Tout est fait pour que ça n'intéresse personne."

Tels sont les propos que nous livrait récemment Bernard Renaud, éditeur dans le domaine de l'ésotérisme de la spiritualité et de la santé naturelle.

Nous constatons en effet l'avancée de la répression dans ses contours juridiques, les brimades infligées aux mouvements spirituels par le biais des mairies, des banques et de certaines administrations, mais aussi dans la consécration que reçoit la "lutte anti-secte" de la part de certains medias, écrivains,  hommes politiques, ou cinéastes, qui reprennent sans distinction ni précautions des propos et des idées reçues et banalisent ainsi une mise aux bancs de la société d'une partie de ses citoyens.

Si nous partageons le constat, nous ne nous associons pas à cette prophétie pessimiste. Le CICNS, au cours de cet été, s'est enrichi de nouveaux contacts, a rencontré des personnes qui, à l'instar de Bernard Renaud, sont prêtes à dénoncer l'étouffement de la spiritualité dans ce qu'elle a de plus vivant.

Le CICNS s'est également enrichi de nouveaux adhérents et du spectacle devenu discret de l'inexorable et silencieux renouveau de l'élan spirituel au sein même d'une société au visage maquillé de matérialisme et de cynisme.

La rentrée du CICNS se fera avec l'annonce de nouveaux projets et une vitalité à la hauteur des exigences de l'actualité.

 


Juillet 2005

 

Un nouveau projet de loi anti-terroriste sera présenté fin août en France. S'il est accepté, une caméra devrait être installée dans chaque bus à Paris (4000 en tout) : "Au nom de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement va donc proposer au Parlement, qui en discutera à l'automne, de multiplier les dispositifs de surveillance dans les lieux publics (métro, bus, commerces) et d'obliger les opérateurs à conserver la trace des appels téléphoniques (à l'exclusion du contenu des conversations) et des courriers électroniques" (Le Monde du 27/07/05).

 

La réponse aux grands problèmes de société est toujours la même : un accroissement de la surveillance et de la répression des libertés individuelles ... au nom de leur défense. Qui peut croire que ces caméras ne seront utilisées que lors de menaces terroristes et que les conversations ne seront pas écoutées pour tout autre raison ? Les nouvelles technologies sont maintenant au service du contrôle des populations.

 

La difficulté des minorités spirituelles à vivre leur foi s'inscrit dans un mouvement général de suspicion à l'égard de tout ce qui peut mettre en péril la société de consommation. Il ne s'agit pas là de défendre le terrorisme, qui est vraie une calamité, mais de voir comment nos sociétés, basées sur la compétition et sur l'a priori que la différence est un danger, sont conduites à créer des ennemis. Que resterait-il de nos valeurs s'il n'y avait plus d'ennemi ? Ainsi quand un disparaît, il faut rapidement en créer un autre.

 

Les minorités spirituelles, sources d'idées nouvelles, apportent une autre perception de la vie dans une société mal en point. Est-ce la raison pour laquelle elles sont pourchassées comme des terroristes ? Une autre vision semble pourtant incontournable si nous voulons sortir d'un cercle de plus en plus vicieux. Notre choix individuel est au coeur de la réponse aux problèmes et de ce qui se produira ou non.  


Juin 2005

 

La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité) est, sur le papier, le dispositif le plus prometteur aujourd'hui proposé par les pouvoirs publics pour lutter contre toutes les discriminations. Le discours du Président de la République lors de l'installation de la HALDE a cependant clairement défini l'orientation principale de cet organisme : l'égalité des chances face au monde du travail. Cet objectif est louable. Néanmoins, si l'on rapproche ce message fort d'intronisation, des nombreux commentaires de la presse qui ont pointé le manque de ressources de la HALDE pour traiter l'ensemble des dossiers et plaintes qui remonteront, il apparaît que les discriminations envers les minorités spirituelles arriveront assurément en queue des préoccupations de cette institution.

 

Le journal de France 2 de 20h du 20 juin 2005 a généré un certain émoi parmi les personnes sensibles à la liberté spirituelle.  Un reportage du journal mentionne l'intention des pouvoirs publics de mettre fin à l'utilisation du rapport parlementaire de 1995. On ne sait pas trop ce que recouvre l'expression "mettre fin", dans la mesure où théoriquement cela fait longtemps que ce rapport n'a aucune valeur juridique et normative. Doit-on y voir un aveu de l'État de l'absence de valeur juridique et normative des notes du Ministère de l'Intérieur ?

Quoi qu'il en soit une autre façon très plausible de comprendre les intentions des pouvoirs publics dans cette annonce est que loin de se limiter au 172 mouvements du premier rapport, la lutte va s'étendre à l'ensemble des mouvements (entre 600 et 800) répertoriés par l'ADFI comme groupes "sectaires". Où est le changement ? la liste sera étendue mais ne sera pas officielle.

 

En y regardant de plus près, ce reportage est un modèle du genre dans sa façon de lancer différents messages contradictoires. On s'étonnera peut-être qu'une chaîne de télévision publique ne cherche pas à les clarifier. Mais peut-on encore vraiment s'en étonner ?

 

Ces deux événements mis bout à bout pointent toujours dans la même direction. A moins d'un retournement de situation assez inattendu de la part des pouvoirs publics et des médias, les minorités spirituelles sont vouées à la condamnation.

 

Il suffirait pourtant  que l'ensemble des chercheurs spirituels, représentant plus de un pour cent de la population, affirment  solidairement leur droit à une vie spirituelle pour que s'élève en France, une force de résistance pacifique qui toucherait les consciences et ferait entendre une autre voix que celle de l'intolérance et de l'oppression. 


Juin 2005

 

Cette lettre n° 18 vous parvient plus tôt que prévu parce que nous jugeons que la révélation du projet de Mme Hidalgo à Paris demande notre attention de toute urgence. 

La liste du rapport parlementaire sur les sectes de 1995 n'a aucune valeur normative et juridique. Il semble vain de le rappeler puisqu'elle continue à être une référence pour mettre une partie de la population à l'index : la carte des sectes à Paris en est l'illustration. Les pouvoirs publics connaissent parfaitement le pouvoir destructeur de la rumeur. Ils sont à l'origine de cette rumeur et l'entretiennent en se protégeant légalement : le rapport n'est pas attaquable et le Ministère de l'Intérieur est lui-même à l'origine de la note disqualifiant juridiquement le rapport. C'est une mécanique implacable. Mais qui est dupe ?

Merci de lire notre article et de le faire circuler largement. Vous êtes également invités à écrire au maire de Paris ou aux maires d'arrondissements, ainsi qu'aux responsables politiques de votre choix. Un modèle de lettre est disponible sur cette page, mais vous êtes encouragés à l'écrire plus spontanément encore en faisant entendre votre voix devant ce virage totalitaire que prend notre société.

 


Mai 2005

 

La chaîne Teva, le Nouvel Observateur, bientôt France 2, parlent des prétendues sectes. Le discours est sans surprise. Nous présentons un témoignage du docteur Tal Schaller. Entre ses deux visions d'une même réalité, existe-t-il un pont ? Nous pensons que oui. D'abord de façon factuelle, il nous semble possible de rassembler les évidences qui montrent que le rejet des uns ne se fonde sur aucune réalité leur permettant de dénoncer les dérives des minorités spirituelles comme un phénomène significatif. Au delà de ces évidences factuelles, il existe une part d'irrationnel dans l'attitude de rejet de l'autre qui est différent et qui dérange parce qu'il appelle au changement. Il est probable que même en face de l'évidence certains continueront à réagir contre ce qui les effraie ou ce avec quoi ils ne sont pas d'accord. On pourrait presque dire qu'il s'agit là des fondations de ce pont que nous essayons de construire ensemble. Arriver à accepter l'autre même si l'on n'est pas d'accord avec lui, parce que c'est dans cette diversité que la vie s'exprime. Cette partie du pont doit être construite des deux côtés, mais nous irons aussi loin que possible vers l'autre rive pour tendre la main.

 


Mai 2005

 

Les résultats de la tournée du CICNS en mars 2005 continuent à se concrétiser avec la sortie (sur vos écrans d'ordinateurs) des films d'interviews réalisés au cours de ce périple. Vous disposez aujourd'hui du témoignage de Maurice Duval, d'autres sont en préparation. Ces nouveaux regards rendent encore plus vivant le message d'ouverture à la diversité des démarches spirituelles que nous souhaitons partager. Le chemin est à peine défriché, mais il ne manque pas de bonnes volontés et de citoyens plein d'ardeur pour apporter leur expérience, leur savoir ou tout simplement leur bonne foi à la mise en lumière d'un domaine de l'existence humaine qui doit pouvoir se vivre au grand jour. Il suffit de rassembler ses énergies sous une forme ou une autre pour créer un mouvement solidaire, un premier mouvement d'ailes de papillon qui deviendra un souffle salutaire, celui-là. Le printemps est porteur d'idées nouvelles. Nous ne manquerons pas de vous les présenter à peine auront-elles éclos.


Avril 2005

 

Le regard du CICNS éveille un regain d'intérêt si l'on en croit les statistiques de fréquentation de notre site (environ 500 visiteurs par jour). Au-delà des chiffres, les échos positifs suite à notre tournée de présentation de ce printemps nous encouragent dans la voie tracée. Chacun peut transmettre ce message d'ouverture pour une spiritualité plus libre. Il s'adresse d'abord à soi-même car accepter la différence, accepter l'autre, n'est pas toujours simple, puis peut s'adresser aux autres. Cette période, sur fond de referendum, est favorable à une grande confusion tant les débats semblent embrumés par les réactions et les peurs. Certains n'hésitent pas à parler de choix de civilisation dans les temps qui viennent. La MIVILUDES à travers son président s'enorgueillit de l'envergure du dispositif administratif et légal mis en place pour lutter contre l'important phénomène des dérives sectaires. Elle précise toutefois qu'un des objectifs de l'année à venir sera de définir cette notion et qu'il n'y a pas de chiffres pour en mesurer l'importance, les chiffres n'étant pas fiables. Nous assistons donc depuis de nombreuses années à la mise en place d'un dispositif phénoménal sans savoir précisément à quoi il est destiné ni en qualité, ni en quantité : il y a effectivement de quoi être fier. Il semble que les personnes attachées à la liberté spirituelle et de conscience soient poussées à démontrer leur innocence. Puisse cette conjoncture nous rapprocher les uns des autres et nous encourager à nous unir pour parler de cette même voix déterminée et sereine dont le monde a grand besoin aujourd'hui.

 


Mars 2005

 

De Tours à Marseille, le périple du CICNS a été une aventure passionnante. Deux semaines de nomadisme sous le signe de la liberté spirituelle, deux semaines ponctuées de partages très divers, mais tous aussi  riches, d'expériences, d'idées, de conseils.

Au menu, tout d'abord, cinq conférences, qui ont rassemblé une soixantaine de personnes. Si le nombre en est encore restreint, les rencontres, par contre, sont d'une grande qualité. Nous avons pu échanger avec les membres de plusieurs minorités spirituelles qui nous ont fait part très simplement à la fois de leurs difficultés et de leurs craintes, mais surtout de leur aspiration à la vraie solidarité, celle qui au-delà des différences permet d'élever la voix de la spiritualité, vivante, face au mensonge.

Nous avons eu d'autre part l'opportunité de réaliser une dizaine d'interviews filmées, pour le document de 52mn dont vous connaissez le projet. Authenticité et profondeur à la clé. Nous avons maintenant "dans la boîte" une matière multiple et documentée qui répond à de nombreuses questions sur le plan juridique, sociologique et spirituel. Des témoignages clairs, "décapants" qui lèvent le voile et démontent les mécanismes de la lutte anti-sectes.

Il nous reste trois étapes pour achever cette tournée, et nous espérons bien sûr la présence de nombreux Montpelliérains et Toulousains lors des prochaines rencontres. Mais d'ores et déjà nous pouvons témoigner d'une étape nouvelle et essentielle dans notre travail: celle de l'enracinement, celle où le travail des deux dernières années commence à porter des fruits concrets, à travers des options tangibles, des soutiens effectifs. Nous sentons clairement que nous avons quitté le domaine des seuls espoirs pour entrer dans celui de la réalisation. Plus que jamais aujourd'hui nous devons rester vigilants, mais la lumière est en marche, et nous le devons à notre unité. Merci.


Janvier 2005

 

Vous avez dit « sectes » ? Nous disons : « Nouvelles Spiritualités ».

 

Le CICNS (Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités) est une association née du constat que les orientations et pratiques spirituelles sont, en France, depuis plusieurs années, mises à mal par les amalgames tendancieux d’une croisade discriminatrice envers les nouvelles expressions de la recherche spirituelle. Il n’est pas un jour, en France, sans qu’un lieu de conférence, un groupe spirituel, un thérapeute ou un particulier n'ait à subir les tentatives d'intimidation des activistes de la lutte contre les minorités spirituelles.

 

Les médias parlent de gourous, de manipulation mentale et de suicides collectifs. Nous, nous rencontrons des personnes qui se sont simplement rassemblées sous forme communautaire ou associative pour suivre leur aspiration profonde à redécouvrir la vie.

 

La plupart de ces « minorités spirituelles » sont avant tout des foyers d’entraide et de réflexion, où certaines valeurs, perdues dans les égarements de nos sociétés de profit et de mensonge, commencent à renaître.

 

La criminalité et le suicide au sein de ces groupes sont quasiment inexistants, très largement moins fréquents que dans le reste de la société.

 

Les leaders spirituels de ces groupes, contrairement aux idées reçues, montrent la plupart du temps une intégrité et un désintéressement dont pourraient s’inspirer bien des dirigeants d’entreprises ou de partis politiques.

 

Tous subissent ce rejet de la société, et certains, qui ne sont pas différents des autres, sont ouvertement discriminés, calomniés, perdent parfois la garde de leurs enfants, quand ils ne subissent pas des « descentes » d’hommes armés, comme s’il s'agissait de terroristes.

 

D’où vient ce fossé d’incompréhension, ce rejet, quand il ne s’agit pas de haine ?

 

 

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