L'impératif spirituel

Patrice Sauvage

éditions de l'Atelier

extraits de lecture par l'équipe du CICNS

 

L'auteur explique le choix du titre de son livre comme le pendant de celui paru à la fin des années 60 sous le titre "l'impératif industriel" (de Lionel Stoléru). Plusieurs décennies plus tard, la recette que ce dernier proposait se révèle être celle d'un soufflé qui a tendance à s'effondrer. La guerre économique qui se poursuit de manière aveugle et déterminée est-elle réellement la seule perspective pour notre société ? "N'y a-t-il pas là comme une fuite en avant, comme une recherche désespérée de recettes qui retardent le moment d'affronter la réalité ?", demande-t-il.

 

L'auteur croit nécessaire pour la société, enlisée dans le règne de l'économie, de "reprendre ces enjeux à leur source qui est spirituelle".

 

Les références du livre sont explicitement chrétiennes dans sa première partie (et l'auteur y cède donc facilement à l'occasion à des allusions à "l'enfermement sectaire" qui tentent peut-être de démontrer qu'il n'est l'apôtre d'aucune "secte" et de renforcer ainsi la validité de son témoignage ?) pour aborder franchement d'autres orientations dans la seconde. Il termine par une charte de la démocratie alliée à la spiritualité.

 

Le ton de l'ensemble, non dogmatique, permet une lecture universelle, rafraîchissante parmi les publications actuelles de la "pensée unique". La cohabitation d'un langage "économique et social" avec le langage spirituel produit à la lecture le sentiment d'une réunification, comme si cette association originale, en elle-même, démontrait les possibilités évoquées dans l'ouvrage.

 


 

 

"Pour se consacrer à la vie spirituelle, il faut pouvoir être libéré du souci de survie. Or, moyennant un partage des richesses, ne peut-on dire que, dans les pays développés, ce niveau minimum de survie est assuré ?".

 

Il nous faut (...) ne plus en rester au stade des politiques qui s'attaquent aux symptômes et ne font ainsi que s'inscrire (...) dans la même "pensée unique" de l'avoir et du faire".

 

Les trois L : "Chaque homme a besoin pour vivre pleinement d'un lien (relations), d'un lieu (identité et famille) et d'une loi (sens de sa vie) (...)".

 

Sur la crise des trois L : "Nous n'avons pas en nous la sécurité qui nous permettrait de rencontrer l'autre en vérité"  "(Le) sens est donc réduit à l'individu (...), il s'agit de flatter le "petit moi" dans ses désirs les plus superficiels. On est loin d'une croissance de la "personne"".

 

(Le travail ne devrait) plus jouer le rôle structurant qu'il a depuis des siècles en Occident (...) il faudrait donc déconnecter le revenu du travail (...) et aller vers une société où le travail contraint serait réduit et l'activité désintéressée développée. Ainsi se trouve proposé depuis plusieurs années, un revenu d'existence ou de citoyenneté auquel chacun de nous aurait droit par le seul fait d'exister (...) et pouvant bien sûr être complété par un salaire". Une éducation sera nécessaire pour "faciliter cette conversion, ce changement de comportement".

 

Une économie appropriée suppose chez ses responsables un lâcher-prise par rapport à leurs intérêts personnels pour répondre aux besoins authentiques des hommes".

 

L'école qui s'est constituée en grande partie contre la tradition religieuse a évidemment du mal à prendre en compte (le manque de sens)" Mais elle pourrait permettre "à chacun de s'écouter au lieu de se fuir dans le brouhaha de l'information : l'école pourrait ainsi être un lieu privilégié de recherche d'intériorité, de silence, pour que chacun puisse "se poser" et se découvrir sous un autre regard que celui de sa famille ou de ses voisins (...) susciter au moins chez tout homme et toute  femme le désir d'être vraiment sujet de soi-même et non plus assujetti au monde".

 

Pour redonner un sens à la démocratie grâce à la spiritualité (...) (la démocratie) doit reposer sur des hommes et des femmes ayant une attitude juste (...) suivant leur loi intérieure (...) qui permettrait de concilier la liberté de chacun et l'intérêt général".

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