Le sacrifice de l'innocence

André Tarassi (2004) 

Nos esprits sont assaillis d’informations contradictoires qui sèment le doute. La quête spirituelle est aujourd’hui une des victimes de cette confusion.  

Là où le cœur de l’homme pensait trouver la fraîcheur, la vérité et l’amour, il entend qu’il faut en fait se méfier et s’informer. Il s’informe donc, le cœur battant, et les sources d’informations lui donnent à manger de la haine, de la malveillance, de la duplicité. C’est comme si une grande partie du monde s’était liguée pour que l’innocence et la confiance ne puissent plus renaître.

 

Je ne dis pas qu’il faut se voiler la face devant la nature sombre de l’activité des hommes mais que cet éclairage exclusif placé sur certains travers de la quête spirituelle laisse volontairement dans l’ombre la plus belle part de la nature humaine.

 

Il faut un cœur disponible pour s’ouvrir à la vie. Ceux qui ont entrepris aujourd’hui de mettre en pièce l’élan spirituel des hommes ont fondé leur perception du monde sur la méfiance, comme une garantie de sécurité. Ils veulent faire la promotion de ce regard biaisé sur l’humanité et ils gagnent du terrain depuis déjà de nombreuses années.

 

Nous assistons au sacrifice de l’innocence.

 

Je vois aujourd’hui des personnes sensibles soumises à une désinformation organisée qui les conduit à retourner dans leur retranchement de peur et d’exclusion. La porte qu’ils voyaient timidement s’ouvrir sur un monde plus fraternel est écrasée par le char d’assaut des antisectes. Internet est saturé d’accusations qui ne laissent aucune place à la parole du cœur. Partout, nous pouvons lire, incrédules, les méfaits que la ligue des mécréants attribue à la quête spirituelle.

 

C’est, à mon sens, l’effet le plus subtil et le plus dommageable de cette croisade ignoble.

 

L’esprit des hommes se nourrit au sein des médias, une accoutumance qui le conduit à absorber comme une éponge, et par la tête, un message de haine et de destruction des valeurs quand il était venu pour demander, par le coeur, une nourriture qui le sauverait de l'enfermement.

 

Les hommes sont finalement obligés de retourner à leur prison quand la liberté qu’ils croyaient possible est à ce point salie par ceux qui ont intérêt à faire exister les prisons pour des raisons qui dépassent l’entendement du commun des mortels.

 

On veut nous faire entendre que la voix fragile du coeur n'a pas sa place dans notre société. Mais nous pouvons répondre que l’humanité a besoin d’inspiration, d'enchantement, qu'elle veut croire en sa capacité à vivre dignement dans la confiance et qu’elle ne se laissera pas éternellement abreuver de haine. Le CICNS a été fondé sur cet espoir utopique dans la volonté du plus grand nombre de préserver des valeurs essentielles quand les plus superficielles dominent et de se réveiller à une époque où tout concoure à nous endormir.

   

André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux États-Unis.  Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.

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