On peut s'interroger ...

Quelle est l'intention cachée des autorités au sujet des minorités spirituelles ?

par André Tarassi   (septembre 2004)

 

Dans le marasme qui prévaut actuellement sur la question des minorités spirituelles, comment ne pas s’interroger sur les intentions des autorités ?

 

Nous recevons parfois des réponses qui se veulent rassurantes à ce sujet : Il n’y aurait pas de mauvaises intentions. Le souhait véritable de nos gouvernements serait de protéger la démocratie et les droits de l’homme.

 

Pourtant, il ne se passe guère un jour sans que ces intentions soient brutalement balayées par des actes ou des paroles qui semblent révéler des projets cachés, lesquels n’ont plus rien à voir avec la démocratie ou les droits de l’homme.

 

Quand une association comme l’UNADFI, dont les membres et les dirigeants, motivés à la lutte contre les mouvements spirituels souvent à la suite de déceptions ou de conflits personnels, est subventionnée par un état qui ne peut pas ignorer que ces personnes n’ont aucune qualification ni aucune culture véritable pour traiter de la question des minorités spirituelles ("sectes" dans leur jargon), on peut s’interroger…. (surtout dans une période où l’état semble si attaché aux qualifications des psychothérapeutes, par exemple !)

 

Quand des organismes officiels de défenses des libertés religieuses (le Centre civique d'étude du fait religieux inauguré par JP Brard à Montreuil, un des plus virulents adversaires des minorités spirituelles) ou pour la lutte contre les discriminations (la Haute autorité contre la discrimination, qui a curieusement laissé de côté les discriminations religieuses ou encore certaines associations municipales, que nous avons rencontrées et qui démontrent en réalité un véritable désintérêt pour la question et une ignorance volontaire entretenue …derrière un discours trompeur) sont créés comme des leurres, parce qu’ils représentent en fait des moyens de diversion et de recensement des minorités spirituelles, on peut encore s’interroger sur les intentions véritables de cette farce…

 

Quand des circulaires officielles (1) sont envoyées dans les préfectures, les municipalités et les bureaux des activistes anti-sectes pour multiplier les affaires de secte (c’est-à-dire « les créer »), on peut s’interroger sur les intentions des autorités…

 

Quand les forces de police sont, en France, préparées à des assauts sur des communautés spirituelles - assauts similaires à celui de Waco aux Etats-Unis - , avec un conditionnement préalable des agents les préparant au pire (diabolisation des communautés, voir l’affaire de l’Essentiel dans l’Aveyron) et provoquant ainsi des dérives graves de leur part, on peut s’interroger sur l’intention véritable de leurs responsables…

 

Quand la Miviludes, organisme respectable et aux intentions affichées des plus louables, produit un rapport (voir notre analyse) qui trahit à chaque paragraphe une perception superficielle du phénomène dont ils ont la charge et des préjugés sans nuance, ainsi qu’une invitation à la délation comme à la pire époque des discriminations religieuses ou ethniques, on peut s’interroger ….

 

Quand certains ministres ou députés manifestent ouvertement leurs aversions à l’égard des religions ou des minorités spirituelles et se servent de leur position et du battage qu’ils ont le pouvoir de faire pour répandre des rumeurs (voir les accusations de JP Brard, la nomination de Catherine Picard, ancienne député, à la tête de l’ADFI, les propos de Roger Ikor), on peut s’interroger sur la réalité de leur aspiration à un gouvernement démocratique…

 

Quand Mr Vivien, dont on a même entendu certains anciens associés se plaindre, est toujours actif dans la mouvance anti-sectes, invité sur les plateaux de télévision et considéré par les autorités comme un expert en la matière, on peut s’interroger sur les belles paroles de notre gouvernement et son intention de calmer le jeu ?

 

Quand les médias se font les vecteurs d’une grossière pensée unique, interdisant toute possibilité d’approfondissement des sujets les plus sensibles de l’actualité, à quel besoin ou quel ordre répondent-ils ? On peut s’interroger…

 

Quand l’infamante liste parlementaire de 1996, malgré le fait qu’elle ne puisse légalement pas être utilisée pour incriminer un groupe ou une personne à raison de son appartenance, malgré le fait qu’elle ait été produite à la hâte et avec de grossières erreurs, est quotidiennement utilisée comme référence pour dénoncer les groupes qui y ont été listés, on peut s’interroger sur la volonté véritable des autorités de faire la lumière sur le sujet…

 

Quand certains individus, connus pour leurs propos haineux sur les minorités spirituelles, sont présentés officiellement comme des experts dans les tribunaux sur la question des sectes et passent le plus clair de leur temps à animer des forums sur Internet pour distiller leur venin de la façon la plus grossière mais la plus efficace pour ternir des réputations, on peut se demander par qui ils sont soutenus et par quoi ils ont été motivés pour trouver autant de temps et d’énergie dans de si pauvres débats…

 

Les membres du CICNS s’interrogent donc. Ils auraient aimé pouvoir témoigner de la sincérité des propos de leur gouvernement et des autorités en charge de la question qui nous occupe. Sans vouloir faire de généralités sur nos dirigeants, avec lesquels nous n’avons pas pu parler directement, il reste que la tendance est aujourd’hui à la rumeur, à la délation, à la dramatisation des faits et à la haine. Cela saute aux yeux de beaucoup. Pourquoi un tel aveuglement aux rênes du pouvoir ?

 

 

André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux états-unis.  Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.

 

 

Elisabeth Guigou, alors ministre de la Justice, a demandé aux associations spécialisées dans la lutte contre les sectes de déterrer un plus grand nombre d'affaires. Par la circulaire aux magistrats et aux juges de France du 1.12.98, le Garde des sceaux présente l'action de la nouvelle mission interministérielle sur les sectes tout en regrettant le manque de plaintes. II n'y aurait pas assez de dénonciations permettant d'enclencher des poursuites. Pour pallier à cette carence d'affaires, le ministre de la Justice a chargé les juges de travailler en collaboration plus étroite avec l'ADFI et le CCMM supposés collecter des témoignages à charge.                      revenir au texte

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