Loi de 1905

La séparation de l’Église et de l’État en France  

 Par le CICNS

 

Le 9 décembre 2005, la France laïque fête le centenaire de la loi de 1905 qui a instauré la séparation de l’Église et de l’État. Cette loi, fondatrice de la laïcité à la Française, est défendue avec force par le gouvernement actuel dans son ensemble, Jacques Chirac affirmant que ce texte de loi avait permis « à la France de vivre, jusqu'à cette aube du XXIe siècle, dans un climat de liberté, de concorde et de tolérance religieuse ».

 

En 1905, l’État a repris le contrôle de la société et permis à la science et à la médecine de prendre leur autonomie vis-à-vis du religieux (au point de dominer aujourd’hui tous les points de vue sur la vie et la manière de l’organiser, aboutissant finalement au remplacement d’une tyrannie par une autre). Mais, si cette loi est bien née dans une France divisée qui n’a jamais vraiment guérie de son conflit, elle devait cependant promouvoir un mode de vivre ensemble où agnostiques et athées, juifs, chrétiens et musulmans ainsi que toutes les nouvelles tendances religieuses devaient constituer ensemble, dans le respect des différences, la société civile.

 

Or ce vœu n’a jamais été réellement exaucé. Au lieu de promouvoir réellement le désir d’émancipation de la société qui était à l’origine de la loi, la laïcité a été largement récupérée pour prôner le rationalisme et réguler le religieux, en s’immisçant dans la sphère privée comme les minorités spirituelles le réalisent depuis l’arrivée du pouvoir socialiste en 1981.

 

Dans ce climat où les minorités spirituelles, en particulier, mais également les protestants, souffrent d’une lutte anti-religieuse primaire, d’amalgames indécents et d’agressions impunies, il nous semble plus utile de faire de cet anniversaire l’occasion d’un débat profond sur la question de la place de la spiritualité sous toutes ses formes dans notre société que de se vautrer dans une autosatisfaction fort déplacée dans le contexte actuel.

 

Le CICNS invite donc toute personne concernée par cette question à se joindre à nos actions et en particulier au projet de Commission d’Enquête Citoyenne sur la liberté spirituelle en France.

 

 

 

Citation d'un philosophe laïque. Ces mots restent bien souvent paroles mortes, même chez ceux qui les prononcent :

 

La laïcité est une valeur essentielle, avec ce souci de la liberté de conscience et de l’égalité de tous les hommes, qu’ils soient croyants, athées ou agnostiques. L’idéal laïc n’est pas un idéal négatif de ressentiment contre la religion. C’est le plus grand contresens que l’on puisse faire sur la laïcité que d’y voir une sorte d’hostilité de principe à la religion. Mais c’est un idéal positif d’affirmation de la liberté de conscience, de l’égalité des croyants et des athées et de l’idée que la loi républicaine doit viser le bien commun et non pas l’intérêt particulier. C’est ce qu’on appelle le principe de neutralité de la sphère publique.

 

Henri Pena- Ruiz, philosophe - septembre 2003  

 

 

Le texte de la loi de 1905 au format Word

 

 

Haut de page


© CICNS 2004-2015 - www.cicns.net (Textes, photos et dessins sur le site)