Ne pas déranger...

par André Tarassi   (septembre 2004)

 

 

Le conflit de perceptions entre les adorateurs du confort tiède que prône notre civilisation matérialiste et les adeptes de thérapies diverses est probablement un ingrédient fondateur de la chasse aux sectes. 

 

Pour les premiers "il ne faut rien bousculer". Pour les seconds, les grands moyens sont parfois recherchés afin de secouer le carcan des habitudes, des automatismes et des conditionnements.

 

Nous pourrions en rester sur ce constat et vivre les uns et les autres en harmonie dans cette diversité, quels que soient les jugements portés sur les uns ou sur les autres. 

 

Si la secte des adorateurs du confort tiède a trouvé la plénitude dans le fait de se protéger de toute critique, de toute intrusion dans leur jardin secret, de toute interrogation quant à leurs mensonges, contradictions et souffrances, nous pouvons respecter ce choix. 

 

Mais nous devons le même respect à ceux qui demandent à sortir des sentiers battus, des certitudes, des sillons tout tracés de comportements par leur désir de mettre en lumière ce qui les habite, ce qui les pousse et les tire de l'intérieur d'eux-mêmes. 

 

Et tout thérapeute sait que cela produit des secousses parfois impressionnantes.

 

Le problème aujourd'hui est que ces secousses sont mises en avant par les adeptes du confort tiède comme la preuve d'une erreur, d'une escroquerie ou d'une manipulation. 

 

Tout cela est, comme pour le reste, fondé sur une incompréhension, un manque de culture et une peur pure et simple de ce qui se passe vraiment au coeur de l'être humain. 

 

De tous temps, il y a eu des personnes qui ne se satisfaisaient pas de dormir sur leurs lauriers pas plus que sur la vision étroite de la vie qui nous est enseignée par les journaux télévisés ou les instructions civiques. Il y a un désir impérieux de savoir, de "se connaître soi-même", de sortir de la niche étriquée de nos systèmes de fuites et de protections. Ces personnes ne font que manifester une aspiration naturelle à être plutôt qu'à paraître, à élargir la fenêtre de leur perception, à ne pas attendre la mort pendant des années de confusion et de peur larvée.

 

Cela doit être absolument respecté et intégré dans nos sociétés comme une composante naturelle d'un chemin de vie, même si personne n'est obligé de l'adopter. Le fait que cela puisse parfois modifier nos comportements, nos alliances, nos certitudes est tout à fait juste, parfaitement adapté à une société civilisée qui doit s'interroger librement sur les grandes questions de la vie, sans s'enfermer dans des réponses stéréotypées ou sans profondeur.

 

Nous ne faisons, finalement, que demander à la secte des adorateurs du confort tiède de ne pas venir faire de prosélytisme et de procès ineptes chez les vivants.

 

Est-ce vraiment trop demander ?

André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux états-unis.  Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.

Haut de page


© CICNS 2004-2015 - www.cicns.net (Textes, photos et dessins sur le site)