Du refus de la différence

Nostalgie de l'Inquisition et du gouvernement de Vichy ?

par Claude-Gérard Sarrazin, écrivain, formateur et conférencier

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Notre siècle civilisé se déclare « libéré des superstitions et de la pensée archaïque » ; il n’est pas agnostique ; il s’affiche en tant qu’athée. Il mène une lutte discrète ou musclée aux « retardataires ».

Il semble donc difficile sinon dangereux, aujourd’hui, dans notre pays, en ce début de millénaire, de penser à s’associer à des regroupements idéologiques non reliés à des traditions acceptées ; il semble encore plus difficile d’affirmer une pensée non conforme au modèle socialement correct, c’est-à-dire matérialiste, athée. Les anticonformistes tolérés doivent se conformer strictement au modèle de contre-culture brouillon, négateur de hiérarchie, ennemi de l’esthétique… et sans danger.

Il est même difficile de publier des réflexions mettant en doute la pensée athée, à moins d’en rester à des travaux purement théologiques, provisoirement tolérés par une société de plus en plus lasse de fournir un effort de maîtrise ou d’oubli de sa petite personne.

Tout se passe comme si une autorité tentaculaire avait fixé les normes sociales, comme dans une tribu gérée par les anciens, ennemis de tout changement. Nos « anciens », nos sages écoutés sont apparus bien après la Seconde Guerre mondiale, peut-être même un peu plus tard. En quelques décennies, ils ont cristallisé ce qui se préparait depuis un siècle ou deux : l’éviction de la pensée religieuse ou spirituelle, voire tout simplement ouverte à des réalités autres que matérielles.

Un groupe, aussi petit soit-il, prétend-il mettre en doute les saintes lois qu’on parle de secte, de dérive sectaire, de manipulation, de danger pour la société. Il est entendu que les adultes (du latin : ayant terminé la croissance) ne se laissent pas manipuler ; ils sont donc athées et conformes (l’endoctrinement éventuel pour en faire ce qu’ils sont n’est pas considéré comme de la manipulation) ; les adolescents (du latin : en train de croître), quel que soit leur âge physique, « sont des proies pour les manipulateurs ». La presse et des médias plus spectaculaires s’emparent de l’aubaine et en font un sujet de révélation : une nouvelle secte en formation, une secte enfin découverte, une secte démantelée…

On aurait pu croire que la Déclaration des Droits de l’homme était prise au sérieux. Elle doit maintenant être ainsi comprise : l’homme est libre de faire ce qui lui est permis ; ce qui est permis est fixé par un consensus obtenu par… Par qui ?

Le respect de la différence est une valeur rare, enseignée partout, strictement réservée à ceux qui sont forcés de plier. Ceux qui sont au-dessus de cette faiblesse ne sont pas tenus de pratiquer cette vertu théorique.

On peut alors se demander si notre société qui lit les journaux et regarde la télévision ne prépare pas un retour à la tyrannie, à l’Inquisition, au régime de Vichy.

Notre société en est peut-être encore au cujus regio, ejus religio (telle la religion du prince, telle celle du royaume).

Il faut se rendre à l’évidence : l’inertie est un fait social ; toute déviance menace la béatitude de cette inertie. Le statu quo est souhaité, imposé s’il le faut.

Alors, le refus de la différence est-il naturel ou est-il conditionné ?

Nous ne répondrons sans doute pas directement à cette question fondamentale. Chacun tirera les conclusions qui lui sembleront logiques.

Je traiterai donc du respect de la différence en deux volets : le premier sera personnel, forcément limité ; le second sera historique (à partir de données généralement admises), forcément plus vaste. Nous pourrons alors mieux comprendre la situation actuelle visant le contrôle (musclé s’il le faut) des déviances par la chasse aux sorcières.

Je ne traiterai ni du racisme ni de l’antisémitisme : d’autres que moi s’y emploient ; les racistes et les antisémites continueront de penser qu’ils ont raison et qu’ils doivent agir en conséquence, mais ils ne peuvent plus (enfin !) espérer l’appui des instances officielles ni des forces de l’ordre. Les partisans d’une pensée autre ne sont pas dans la même situation (pour le moment du moins).

Commençons par mes expériences personnelles (des faits dont je puis être certain), premier volet de la tentative de démonstration philosophique. Mon expérience n’est pas universelle mais elle peut aider à comprendre.

Je me suis installé au Canada en 1962 (à Montréal pendant quelques années, puis dans les Laurentides). Je suis rentré en France en 1995.

 

L’hégémonie ancienne (par consensus)

 

Je vivais à Montréal depuis quelques années ; j’habitais près de l’Université de Montréal. Je m’étais lié d’amitié avec le gérant (Belge émigré) d’une grande librairie située presque aux pieds de l’Université. Il me raconta un jour ce qui lui était arrivé : il avait placé des panonceaux pour signaler les rayons afin de faciliter le choix du client. On ne parlait pas encore beaucoup des grands systèmes de classement. Il avait inscrit sur une étiquette : « religions ». Le supérieur de la communauté (au Québec, rien ne pouvait alors exister sans l’aval d’une communauté ou d’un prêtre séculier) appela le gérant pour lui signaler une faute d’orthographe qu’il fallait corriger pour ne pas laisser penser que la librairie ignorait la grammaire. Le gérant regarda vainement ses étiquettes. Le supérieur finit par lui montrer la fautive : « Vous avez mis un s à religion ».

On ne parlait pas encore des sectes, surtout au Québec du début des années 60. Mais la différence était déjà niée. Il n’y avait qu’une seule religion, la religion catholique. Le reste n’était que déviance ou folklore. Cujus regio…

L’École transmettait, explicitement et surtout implicitement, les valeurs chrétiennes. Athées et agnostiques se faisaient discrets. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que l’École portait une part de responsabilité dans le refus de la différence : c’est elle qui transmet les valeurs, c’est elle qui peut changer la mentalité d’un peuple.

Avant la première Guerre mondiale, l’École enseignait aux petits Français la haine des Allemands ; après leur défaite, les Allemands enseignaient la haine des Français aux petits Allemands.

Je venais de découvrir, sans tirer de conséquences, le refus de la différence, par personne interposée. J’allais le découvrir directement par moi-même.

 

Premiers déviants

 

C’était en 1966. Je croyais pouvoir découvrir un groupe nouveau, dans lequel on préparerait une élite au service du progrès de l'humanité ; en revanche la société reconnaissante, appuyant les efforts des pionniers... Je pensais que l'homme était sorti des cavernes grâce à de courageux illuminés.

Je subis donc les tests requis chez un psychologue de l'Université de Montréal et je pus participer à ma première réunion au sein de la société Mensa le 8 novembre 1966.

À cette époque, c'était la North American Mensa : le Canada n'était pas encore doté d'une section autonome. Nous avons réussi à créer une section canadienne autonome. Personne ne nous en a empêchés : c’était une structure, une simple structure.

Un an plus tard, un projet naquit : créer une école pour enfants et adolescents mentalement surdoués. Je fus élu responsable du projet.

Je rédigeai donc mémoires, thèses, demandes, rapports, présidai toutes les réunions du petit comité, frappai aux portes. Deux ans plus tard, je rendis mon tablier : la société ne voulait pas d'élèves surdoués ; on acceptait d'aider les handicapés (pas de rivaux possibles) mais pas les surdoués, dont on enviait le potentiel et craignait l'intelligence. Pas de déviants non manipulables sans coercition visible.

Avec une amie psychologue et une collègue professeur de mathématiques, nous récidivâmes en 1972, pour parvenir au même résultat. Le projet avait été étudié en haut lieu. J’avais, une fois de plus, présenté un dossier (à cette époque, les ordinateurs personnels n’existaient pas ; il fallait tout dactylographier, avec l’obligation de tout recommencer pour une nouvelle présentation). Les autorités académiques de la région me répondirent : on acceptait toutes mes démonstrations mais ce projet ne correspond pas à nos politiques ».

L'aventure Mensa se termina pour moi : je quittai le groupe sur la pointe des pieds et on m'oublia. J'avais beaucoup appris et je ne regrette rien. La société refuse la différence, quelle qu’elle soit.

Il ne s’agissait pourtant pas de créer une secte religieuse ou « démoniaque », ou encore anarchisante ; il s’agissait seulement de créer un lieu propice à l’épanouissement d’enfants et d’adolescents surdoués. Accepter ce projet, c’eût été reconnaître une différence fondamentale. On ne connaissait (et je crains qu’on ne connaisse encore) que le lit de Procuste.

S’il est impensable (et des décennies plus tard, cette école est toujours en gestation) de vivre autrement l’éducation et la scolarité, comment vivre différemment sa spiritualité si la société impose l’athéisme et le matérialisme philosophique ?

 

Un regroupement utopique

 

En 1970, je fus approché par le président de la Fondation Cosmos (Jonquière, à quelques centaines de kilomètres au nord de Montréal) pour collaborer à la revue et aux futures réalisations. Le projet m'enthousiasma. Il s’agissait de mettre en pratique des données spirituelles les plus élevées et de faire naître un village à la manière d’Auroville (en Inde). On ne parlait pas encore de sectes ; on fronçait seulement le sourcil ; suffisamment pour que, finalement, cinq ans plus tard, le président se retrouve seul et doive dissoudre l'organisme avant d'avoir pu voir naître la ville du futur, Cosmopolis, qui resta un beau rêve.

Un petit échantillon suffira : tout est bien ficelé, à un certain niveau.

Le président publia plusieurs numéros d’une belle revue et trois ouvrages. Le distributeur (une grosse pointure) distribua. Mon livre plut. La télévision m’accorda plusieurs émissions, dont une d’une heure entière, seul avec l’animateur. Mais le distributeur refusa de payer. Procès. Après trois ans, le président gagna sa cause. Trop tard : il avait déposé le bilan. Mon livre s’éteignit ; ceux des autres également.

En même temps que paraissait mon ouvrage à Jonquière, un gros éditeur montréalais publiait mon premier traité de morphopsychologie, qui ne souleva aucune opposition. CQFD, je crois.

 

Les facultés psi à l’Université

 

On me sollicita pour faire partie du conseil d'administration d'un institut en gestation, l'Institut Canadien de Recherches en Parapsychologie (Canadian Institute of Psychic and Parapsychology Research, organisme à but non lucratif). Les réunions du conseil commencèrent. L'Université du Québec nous fournit un local. Il faut dire que nous avions élu comme président le doyen de la faculté de psychologie d'une célèbre université. Pendant tout l'été, le fondateur organisa des conférences hebdomadaires (auditorium rempli). Il me demanda de présenter tous les conférenciers et de donner moi-même trois conférences. Ce fut passionnant, héroïque, enrichissant. C'était l'époque de la découverte des guérisseurs philippins. Je dus arbitrer un débat entre un journaliste, un patient d'Agpaoa et un représentant de l'Ordre des Médecins ; tous étaient allés aux Philippines. Notre projet touchait des sphères interdites.

Le grand soir arriva : c'était le 24 août 1973, après un bel été en public. C'était la réunion générale de tous les membres et sympathisants. Tous les comités pressentis étaient là, sauf le président, retenu à Québec. Je dus présider à sa place et présenter l'organigramme de l'Institut, organigramme qu'un ami (membre de la société Mensa d'ailleurs) et moi-même avions mis au point pendant de très nombreuses heures.

Un délégué du Ministère de l'Education était présent, non invité mais inévitable. Il fit tant d'obstruction, retarda tellement les débats, critiqua tant de points, que la tension monta dans la salle (toujours à l'Université du Québec). L'auditoire serrait les dents. Le représentant laissa planer des doutes sur les qualifications de certains membres du comité de sélection (trois docteurs) puis il m'attaqua personnellement et démolit tout mon travail. Mes répliques ne faisaient que creuser le fossé.

Excédé, je me levai et annonçai ma démission en offrant ma place au délégué du gouvernement. Je donnai mes notes et documents au fondateur et allai m'asseoir dans la salle. Après un instant de silence pesant, un collègue se leva et, de sa voix de stentor (il était d’ailleurs baryton d’opéra dans ses temps libres), claironna :

– Monsieur, vous ignorez tout savoir-vivre. Vous n'apportez que la zizanie. À votre tour de nous dire comment nous devrions nous organiser puisque vous nous avez pris pour des enfants.

Le délégué accusa le coup, mais il savait nager ; il répliqua :

– De la discussion jaillit la lumière ! J'ai surtout voulu faire jaillir les meilleures idées !

Un brouhaha couvrit sa voix et l'assemblée se disloqua en petits groupes. Tous les membres de l'Institut étaient des universitaires et beaucoup étaient docteurs en quelque discipline.

Je rejoignis au téléphone le président qui m'approuva et ajouta sa démission à la mienne. L'aventure s'arrêta là. Il fallait comprendre : notre projet était irrecevable, quel qu’en fût le sérieux.

Les détracteurs n'hésitaient pas, dans le passé, à s'attaquer aux sommités : combien de plumitifs « scientifiques » n'ont-ils pas déploré le fait que le grand Pascal fût si attiré par la religion et la mystique ? Combien n'ont jamais pardonné à Alexis Carrel d'avoir écrit Le voyage à Lourdes ? On feint la modestie en insistant sur les mérites scientifiques des génies en cause (Pascal, Carrel et les autres) et on parle de leur extrême naïveté, voire de leur folie terminale.

On a bien fait tomber l’Ordre du Temple…

Alors s'attaquer à de simples citoyens...

 

Le professeur dérangeant

 

J’ai enseigné de nombreuses années au Québec. Jusqu’en 1998, l’École publique était confessionnelle. Catholique, je devais enseigner dans une école catholique. J’avais oublié de rester discret sur mes convictions intimes, je n’avais pas encore compris les règles du jeu. Je faisais lire les évangiles en classe… et les élèves découvraient des différences importantes entre ce qu’ils apprenaient là et ce qui était habituellement véhiculé. Je dérangeais les habitudes. On fêtait par exemple l’Halloween (la fête des déguisements de sorciers et sorcières) dans l’école catholique ; je rappelais qu’on avait brûlé jadis des sorcières. On véhiculait des lapins et des œufs en chocolat pour Pâques ; je demandais le rapport entre la Passion de Jésus et ces traditions issues des fêtes de la fécondité chez les païens qu’on avait éliminés d’une manière pas toujours chrétienne.

J’ajoutais à mes méfaits l’animation d’un groupe charismatique.

 

Les charismatiques

 

De 1971 à 1974, j’animais un groupe de jeunes charismatiques. Aucun pape ne s’était encore prononcé sur la question (il fallut attendre 1975).

Mon groupe travaillait par petites équipes pour établir une biographie d'un saint selon une grille que j'avais fournie. Je faisais évidemment une large part aux expériences mystiques.

J'étais assis au milieu d'une équipe de quatre qui travaillait sur sainte Thérèse de Lisieux. Le groupe en était au moment où la sainte va mourir.

« Quelle peine nous aurons après votre mort !

« — Oh ! non, répliqua-t-elle joyeusement : vous verrez, ce sera comme une pluie de roses.

« C'est la promesse de cette pluie de roses, promesse réalisée, qui a fait dans le monde la renommée de Thérèse. »

(Laudet, F., Sainte Thérèse de Lisieux, Mame, Tours, 1949, p. 82)

Un parfum de rose se fit sentir, d'abord discret, puis de plus en plus précis. L'odeur dépassa le petit groupe pour se répandre dans la pièce entière, avec une telle intensité que deux jeunes filles ouvrirent une fenêtre pour respirer. Par précaution, je demandai si quelqu'un avait renversé un flacon de parfum et je fis le tour de toutes les équipes, toutes bien sages et discutant à voix basse jusqu'à mon intervention vérificatrice. Dans un impressionnant silence, on me regarda visiter chaque équipe. Le parfum fut perçu pendant cinq minutes entières.

L'événement fut connu de toute la région et on en fit des gorges chaudes. Deux mois plus tard, dans le même groupe, je rappelai l'événement... qui se reproduisit avec la même intensité et pendant encore plus longtemps.

Avec le groupe des garçons charismatiques, nous allâmes visiter une abbaye voisine. Les Trappistes nous reçurent très amicalement. Le prieur dirigeait mon groupe dans la visite du monastère. Je lui contai l'histoire des roses de sainte Thérèse de Lisieux. Alors que les défenseurs de la sainte foi parlaient de manifestation diabolique et de sorcellerie, le prieur me dit, d’un ton fraternel :

– J'en parlerai ce soir au chapitre. Il est beau de savoir que des enfants reçoivent de telles grâces si près de chez nous.

Le récit de ces manifestations (il n’y eut pas que les roses) avait fait le tour du village puis de la région. Fin 1972, je fus convoqué par tout ce que la région comptait de prêtres, curés et aumôniers, dans une annexe de l'église centrale : étais-je un sorcier ? Je parvins à prouver ma bonne foi, mais ma réputation de magicien-sorcier perdura et les ennuis renaissaient chaque année, grâce aux défenseurs de la vraie foi.

Nous dérangions, nous étions des déviants.

On attaqua autrement ; on tenta de monter contre moi un dossier de détournement de mineurs et de pédophilie (les accusations classiques). On ne parvint pas à trouver le moindre témoin (même les élèves que j’avais dû punir en classe refusèrent l’idée de mes hypothétiques perversions) et certains parents m’assurèrent de leur concours.

Un professeur intégriste alimenta la presse locale, qui publia deux articles ridiculisant mes cours et ma personne. La Direction de l’école refusa de se mouiller ; le syndicat (plus athée qu’agnostique, anticlérical) me pria « de ne pas faire de vagues inutiles ». Un collègue (Parisien émigré) me conseilla de faire appel à un avocat et de poursuivre en diffamation. J’ai eu tort de ne pas suivre ce conseil.

En 1978, je fus convoqué par les autorités académiques ; et le président laissa la place à un représentant de l’évêché, qui mena le combat. On me ressortit cette littérature, qu’on prenait au sérieux. Le syndicat prit ma défense : si on parvenait à m’abattre (motif : mauvais catholique), presque tout le corps professoral était en danger (l’expression « tiédeur religieuse » est un euphémisme).

On voulait bien que je parle de religion puisque l’École était confessionnelle, mais selon les normes ; une religion très laïque, faite de rites, d’obligations et d’interdits (l’expérience spirituelle étant réservée aux saints reconnus, morts si possible).

Je venais de dire que mes élèves avaient atteint l’âge philosophique ; je me devais donc de leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes. La réplique de Mgr*** stupéfia mes assistants :

– Vous n’avez pas à leur apprendre À penser, mais CE qu’il faut penser.

Un lundi matin, je trouvai dans mon casier de courrier une convocation immédiate avec interdiction d’entrer dans ma classe. Le directeur du personnel me reçut. On avait « découvert que je dirigeais une secte » dans laquelle je faisais entrer des mineurs. La surprise passée, je demandai où se trouvait ma secte, où était garée ma limousine, d’où on tenait pareils renseignements. Le syndicat prit encore ma défense. Je restai interdit de cours pendant un mois. On accepta cependant de me verser un salaire. Le syndicat des professeurs exigea des accusations écrites et précises ; si la réponse n’arrivait pas, des mesures seraient prises. Les autorités firent machine arrière : elles pressentaient le scandale d’une action juridique portée à la connaissance du grand public. On effaça tout et je repris mes cours, applaudi à ma rentrée par les collègues (nous étions cent-cinquante professeurs ; les intégristes ne se manifestèrent pas ce jour-là).

On multiplia les tracasseries administratives jusqu’à ce que je quitte l’enseignement.

En France, l’École est laïque, n’est-ce pas ? Je n’aurais pas été inquiété. Pour cela.

J’avais compris certaines lois de l’exclusion des déviances politiquement incorrectes.

 

Des verges pour se faire fouetter

 

Tout en étant professeur, j’assumais d’autres fonctions. Vice-président de l’Ordre des Naturothérapeutes du Québec de 1973 à 1977, vice-président du congrès international des médecines alternatives à Montréal en 1976, Directeur des Études et cofondateur de l’Académie nationale d’hygiène et de médecine naturelle (médecines alternatives) du Québec, je fis partie en 1976 de la délégation (de cinq responsables) reçue par une commission parlementaire en vue de faire reconnaître les médecines alternatives. Notre programme (que j’avais mis au point en consultant les autres thérapeutes) était accepté. Une seule condition était requise : que toutes les Écoles et Instituts de médecines alternatives s’unissent autour de nous pour former une seule fédération avec un tronc commun. L’Ordre des médecins (appelé Collège des médecins au Canada) n’eut même pas à se manifester : chacun voulut rester seul maître chez lui et la fédération mourut avant de naître. J’ai donné ma démission en 1978 et me suis retiré de toute activité publique pendant plusieurs années.

Les groupes minoritaires refusent souvent de s’unir (l’union fait la force) et restent sans poids face à des adversaires bien organisés et bien unis. Malheureusement, bien des groupes persécutés ou se pensant persécutés sont intimement convaincus de posséder la vérité, pardon LA Vérité , avec un V majuscule ; s’associer à d’autres groupes signifierait relativiser cette unique vérité. D’autres, plus naïfs, pensent vivre dans des pays ayant signé l’adhésion à la Charte des Droits de l’homme.

Passons maintenant au second volet de l’étude et demandons-nous si certains responsables n’auraient pas la nostalgie de l’Inquisition et du gouvernement de Vichy.

Partons de loin dans le temps.

 

L’Inquisition

 

L’Inquisition fut créée par le pape Innocent III afin de lutter contre les Cathares ; la décision fut approuvée par le concile de Latran IV (1215 ; 1200 membres). Outre les hérétiques (jugés comme tels), de nombreuses personnes furent brûlées vives pour fait de magie, de sorcellerie, de maladie « diabolique », sans oublier les « juifs apostats » (les Juifs convertis qui revenaient au judaïsme).

Le « bon chrétien » ne lisait pas les Écritures (il ne les lit pas plus aujourd’hui) ; la nouvelle Inquisition – laïque, athée – peut agir au grand jour pour « chasser l’ennemi »… de qui ?.

Le « bon chrétien »  aurait pu se demander pourquoi les autorités religieuses ne respectaient pas les principes fondamentaux voulus par le Fondateur du christianisme :

« Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal.

« Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : Imbécile sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : Fou sera passible de la géhenne de feu. » (Mt V, 21-22).

« Cessez de juger selon l'apparence, mais jugez selon ce qui est juste ! » (Jn VII, 24).

« car c'est de la façon dont vous jugez qu'on vous jugera, et c'est la mesure dont vous vous servez qui servira de mesure pour vous. » (Mt VII, 2).

On faisait évidemment jurer « sur les saints évangiles », aussi bien les princes que les manants, les religieux que les laïcs, malgré l’interdit formel, toujours ignoré de nos jours d’ailleurs (aux États-Unis, pays pourtant « fidèle aux Écritures », le serment sur la Bible est statutaire) ; ce qui laisse supposer que les accommodements sont toujours possibles puisque « le bon peuple » ne lit jamais les textes législatifs, religieux ou profanes. :

« Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments.

« Et moi, je vous dis de ne pas jurer du tout:  ni par le ciel car c'est le trône de Dieu,

« ni par la terre car c'est l'escabeau de ses pieds, ni par Jérusalem car c'est la Ville du grand Roi.

« Quand vous parlez, dites oui ou non : tout le reste vient du Malin. » (Mt V, 33-37).

Pourquoi le clergé ne chassait-il pas les démons qui s’étaient emparés des suspects au lieu de les brûler ? Avaient-ils oublié (ou étaient-ils loin de la réalisation spirituelle requise pour officier) :

« Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons… » (Mc XVI, 17),

Les temps ont changé, le Moyen Âge est oublié. Aujourd’hui, cette attitude est impensable. Ce qui n’empêche pas les intégrismes de tout bord, les fanatismes actifs et meurtriers, aujourd’hui et parfois chez nous. Si chacun acceptait de lire les Écritures avec lesquelles on le conditionne…

Les anti-cléricaux rappellent sans cesse à l’Église ses erreurs passées et passent sous silence les changements apparus au cours des siècles ; ils oublient les intégrismes contemporains, pas forcément religieux.

 

L’Inquisition laïque

 

Le refus de la différence et la chasse aux sorcières font partie des traditions bien humaines. Notre époque n’a rien inventé, elle ne fait qu’utiliser les recettes ayant démontré leur efficacité.

Des révolutionnaires libèrent le peuple de la tyrannie royale. « Au nom du peuple », ils instaurent la liberté.

Le 26 août 1789, les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, signent la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen : « l'Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être Suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen. »

Cette Déclaration est si fondamentale qu’elle est reprise au XXe siècle sous le nom de Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (adoptée par l'assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 à Paris). Nous y reviendrons.

Restons-en à la grande libération de 1789.

Le 10 mars 1793, moins de quatre ans après la Déclaration solennelle, la Convention créa le tribunal révolutionnaire destiné à juger « les crimes commis contre la République  ». Après la promulgation de la loi sur les suspects (du 17 septembre 1793) tout s’accéléra. «  Plaçons la Terreur à l'ordre du jour », proposa Bertrand Barrère de Vieuzac (responsable de la condamnation à mort de Louis XVI) au nom du Comité de salut public. Il fallait du sang pour consolider la Révolution. En cette année 1793, on vit guillotiner à Paris Marie-Antoinette, les Girondins, Bailly, Barnave, Philippe Égalité (le 6 avril 1793), etc... On envoya pêle-mêle à l'échafaud quantité de personnes étrangères à la politique comme les seize carmélites de Compiègne (17 juillet 1794), Madame Élisabeth, la comtesse du Barry, etc. Environ 17 000 condamnations à mort selon les documents officiels ; en fait près de 40 000 victimes, si l'on compte les personnes assassinées sans jugement. Parce qu’il était noble, Antoine Laurent de Lavoisier, fondateur de la chimie moderne et fermier général, fut guillotiné à Paris sur la place de la Concorde le 8 Mai 1794, On lui indiqua que : «  La République n'a pas besoin de savants ».

Certains historiens établissent un bilan plus lourd : 40 000 personnes guillotinées ; 200 000 personnes tuées ; 500 000 ont été emprisonnées. Au nom du peuple (non consulté) souverain.

La religion n’était pour rien dans l’instauration de la Terreur.

Néanmoins, elle eut à en pâtir.

Talleyrand (Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, 1754 – 1838),  évêque d’Autun en 1788, élu du clergé aux états généraux de 1789, nommé membre du comité de la Constitution , propose, le 4 novembre 1789, de mettre les biens du clergé à la disposition de la nation pour améliorer l’état des finances.

Depuis le 12 juillet 1790, tous les ecclésiastiques de France ont dû prêter serment de fidélité à la Constitution Civile du Clergé. En 1792, les réfractaires sont tous bannis de France. Ceux qui seront pris sur le territoire national seront punis de mort sur simple constatation de leur identité.

L’intégrisme athée insiste sur l’Inquisition religieuse mais ne parle jamais de la Terreur.

Passons quelques siècles. Retrouvons la bonne tradition.

 

Vichy

 

Inutile de revenir sur le statut des Juifs ; on a tout dit, tout précisé et il serait indécent d’en rajouter. Voyons un autre aspect du refus de la « déviation sociale ».

La loi du 13 août l940, décrétée par le maréchal Pétain, interdisait « les associations secrètes ». Les obédiences maçonniques furent dissoutes, tandis qu’on imposait à leurs dignitaires le statut des juifs. (Le 15 décembre 1943, une ordonnance du Comité français de libération nationale, signée à Alger par le général de Gaulle annulait la loi du 13 août l940.)

La loi du 11 août 1941 interdit aux Francs-Maçons l’exercice des fonctions publiques, fonctions énumérées à l’article 2 du statut des juifs du 2 juin 1941.

On ne visait pas que la Franc-Maçonnerie. On pensait à tous les groupes de pression du patronat, par exemple.

Le 30 août 1942, à Gergovie, Pétain s’exprime clairement (et ses propos pourraient être d’actualité) : « Une secte, bafouant les sentiments les plus nobles, poursuit, sous couvert de patriotisme, son œuvre de trahison et de révolte. »

Dans ces temps de guerre, les interdits n’étaient pas que formels ; la déportation des Juifs n’était pas une simple hypothèse de travail.

 

Hitler

 

Hitler fermait toutes les obédiences maçonniques en 1935. Les persécutions et les camps de concentration furent le lot des Francs-Maçons. Gœring disait que « la lutte contre les juifs, les francs-maçons et autres puissances idéologiques opposées à l’Allemagne est une tâche toujours urgente du parti et de l’armée. »

Inutile, là encore, d’insister sur le sort des Juifs. Tout a été dit, et bien dit.

Quant au christianisme, c’est le mépris officiel. Ne retenons qu’un exemple célèbre. Rajmund Kolbe, en religion Maximilien Marie Kolbe, est mort au camp de concentration d'Auschwitz le 14 août 1941.

 

Et les Juifs ?

 

Chacun pense immédiatement au port de l’étoile jaune. Il est difficile d’imaginer qu’il ne s’agit que d’une réminiscence. L’origine de la pratique discriminatoire remonte à 1259 et c’est le « bon roi saint Louis » (Louis IX) qui a pris la décision : chaque Juif devra porter, cousu sur son vêtement, une pièce d’étoffe circulaire de couleur jaune (la rouelle). En France, le 3 octobre 1940, la plupart des professions sont interdites aux Juifs. Tous les Juifs de plus de six ans devront porter l’étoile jaune à partir du 7 juin 1942.

 

Et la Russie  ?

 

Les révolutionnaires avaient libéré le peuple de « l’odieuse tyrannie des tsars » et le peuple était souverain. Le refus de la différence (de pensée) fut porté à son comble.

   1922-1953 : déportation continue de centaines de milliers d'opposants réels ou supposés, emprisonnements arbitraires, interdiction de toute contestation de la personne de Staline.

   1930-1932 : déportation de deux millions de koulaks (paysans aisés) dans les goulags.

   1932-1933 : Staline accule délibérément les Ukrainiens à la famine : entre 4 et 7 millions de morts.

   1937-1938 : la Grande Purge élimine 690 000 personnes.

   printemps 1940 : massacre de Katyn (élimination de près de 22 000 prisonniers de guerre polonais).

Ajoutons le nombre de détenus (selon QUID) :

1930 : 1 million et demi.

1941 : 13 millions et demi.

La religion est totalement bannie.

Hitler avait donc un jumeau, que certains intellectuels français vénéraient parce qu’il était un modèle communiste, ami du peuple.

Les dissidents, qui tentèrent, en Allemagne, en Russie ou ailleurs, de réveiller « le bon peuple » ne furent pas entendus. « On » s’occupa d’eux.

La formule a fait ses preuves : un libérateur » brise le carcan d’une « hiérarchie pesante et tyrannique ». Le bon peuple applaudit, participe au lynchage et tout rentre dans l’ordre. Les nouveaux « représentants », au nom du peuple souverain (jamais consulté), installent une nouvelle dictature.

Laissons ces temps troublés et venons-en à la grande paix mondiale (officiellement, nous ne sommes pas en guerre).

 

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

 

« Article 19.

« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

« Article 20.

1.      Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.

2.      Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association. »

 

Faut-il analyser la situation ? D’autres que moi l’ont fait. On peut trouver leurs études et conclusions sur le site CICNS. Sans oublier toutes les revues et tous les sites qui se dévouent à ces mises à jour.

 

Contentons-nous de quelques repères.

 

Quand un groupe de personnes menace l’hégémonie d’une industrie (agroalimentaire, pharmacie, pétrole, médecine officielle, etc.) par ses tentatives ou ses réalisations (médecines alternatives, énergies renouvelables, cultures « bio », etc.), « on » agite aussitôt l’épouvantail garanti : une nouvelle secte ou la résurgence d’une vieille conspiration (un ancien Ordre chevaleresque ou magique, par exemple) ; « on » ne reculera devant aucun sacrifice pour noircir, empoisonner la vie, multiplier les problèmes administratifs, les exigences légales, pour faire tomber le groupe. S’il s’agit d’un individu isolé, on cherchera un lien avec une secte, sinon, on s’attaquera à sa vie privée, qu’on « embellira ». Les médias, toujours avides de primeurs, s’empareront de la chose, et le tour sera joué. Les déviants ne sont acceptés que s’ils alimentent les mécanismes assurant une certaine cohésion supranationale ou locale.

Pourquoi les publications, pourtant nombreuses et documentées, n’éveillent-elles aucun écho ?

D’abord, parce qu’elles ne sont pas relayées par la grande presse et les médias de masse en général. Chacun préfère fermer les yeux et les oreilles pour ne pas s’inquiéter. C’est humain, c’est normal. La grande presse parle plutôt de rencontres sportives, de vedettes et d’idoles, de discours d’hommes publics ; elle laisse dans l’ombre les tracasseries des « sectes » sauf s’il s’agit d’une catastrophe ou d’un scandale croustillant. Nous avons la presse que nous méritons et exigeons.

Et chacun s’abrite sous son petit parapluie d’anonymat : cela n’arrive qu’aux autres ; je ne risque rien, puisque je fais partie de la majorité silencieuse.  Cette majorité silencieuse ne risquait rien, en effet, au début de la Révolution française, au début de la Révolution russe, au début de la Révolution chinoise. Le bon citoyen fait confiance aux élus. Puis le vent tourne, les premiers élus changent ou sont remplacés. Les anarchistes ne construisent rien : ils s’opposent.

 

Et l’École ?

 

Elle devrait justement préparer le citoyen à réfléchir puisqu’il a le droit de vote, c’est-à-dire de choisir ceux qui gouverneront.

On trouve normal qu’un bachelier moyen n’ait jamais reçu d’imprégnation de la civilisation occidentale. Il a reçu des milliers d’heures de cours sur des sujets qu’il oubliera dès qu’il entrera dans sa vie professionnelle, mais il est incapable d’apprécier (encore moins de distinguer) Raphaël, Rembrandt et Renoir ; pas plus qu’il n’écoute (encore moins distingue et apprécie) Bach, Beethoven et Brahms ; il a vaguement entendu parler des cathédrales romanes et gothiques, jamais des églises baroques ; il ignore la sculpture grecque ou celle de la Renaissance  ; les grands classiques du cinéma lui sont inconnus. Il ne connaît de la religion que l’anticléricalisme officiel ou le peu que sa famille lui a transmis ; aucune réflexion en profondeur. Pur sauvage, il est livré sans repères à la vulgarité ambiante. L’École n’a pas le temps…

On trouve normal que l’École attire l’attention de l’enfant puis de l’adolescent sur l’infiniment grand et l’infiniment petit, sur les politiciens du passé et du présent, sur les guerres et les empires, mais ne lui apprenne jamais, au grand jamais, à SE connaître, à réfléchir sur lui-même, à découvrir ses forces et ses faiblesses, ses capacités et ses limites. Comment pourrait-il ensuite porter des jugements (il ne sait d’ailleurs pas distinguer un jugement de valeur d’un jugement de réalité) sur une différence culturelle ou cultuelle, une différence philosophique (qui lui aurait appris la discussion philosophique ?)  ou religieuse ?

Un tout petit exemple d’irréflexion ? Pourquoi un enfant non vacciné serait-il refusé à l’école ou autre lieu public ? Supposons qu’il soit victime d’une maladie grave pour laquelle les autres ont été vaccinés, en quoi sa présence met-elle en danger la santé de ses pairs ?

Si les vaccinés sont immunisés du fait de leur vaccination préventive, la présence d’un enfant porteur de maladie ne peut les toucher puisqu’ils sont protégés.

Si la présence d’un enfant malade contamine les autres enfants, vaccinés et immunisés selon la loi en vigueur, c’est que l’immunisation n’est qu’un leurre. Pourquoi, alors, vacciner ?

La vaccination semble une religion d’État. Cujus regio… Que pense la Science  non alignée ?

La situation exprime les attentes de la majorité. Nous sommes en démocratie. Si nous ne voulons pas revivre les Inquisitions et les dictatures, inutile de pleurer et de maudire. Il faut agir par soi-même, non pas en prenant les armes ou en brûlant des bâtiments ou des responsables, mais en posant des gestes conscients, réfléchis.

Si rien ne bouge, l’intégrisme athée grignotera peu à peu toutes les libertés reliées à la pensée et à la vie spirituelles ; non seulement les petites communautés de pensée mais aussi les grandes religions seront un jour interdites (comme en Russie sous Staline).

Je ne suis ni amer ni déçu. Je n’ai pas toujours su jouer aux échecs, et je ne changerai pas l’humanité à moi tout seul. Malgré mes erreurs, j’ai fait ma petite part.

Ce n’est pas parce des prêtres intégristes et retardataires m’ont ennuyé que je rejette le christianisme, qui a construit l’Europe (les cathédrales se répondent encore d’un bout à l’autre du continent, et l’Europe existait déjà au Moyen Âge), quoi qu’en disent certains intégristes actuels, très écoutés il faut le reconnaître.

Tout est possible. À chacun de le vouloir. Il est encore temps.

 

 

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