Jean-Pierre Brard et les minorités spirituelles

La FPF va saisir la Halde du non-remboursement de bons de vacances

12 mars 2006

La FPF va saisir la Halde du non-remboursement de bons de vacances Le président de la Fédération protestante de France (FPF), Jean-Arnold de Clermont, a annoncé samedi qu'il allait saisir la Halde du refus de plusieurs Caisses d'allocations familiales de rembourser des bons de vacances pour des associations protestantes.

"Ce dossier sera déposé à la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) avant le 14 juillet", a déclaré le pasteur de Clermont lors d'un déjeuner de presse.

La FPF dénonce depuis quatre ans ces refus mais vient d'apprendre l'existence d'une circulaire d'octobre 2005 de la Caisse nationale d'allocations familiales recommandant d'exiger pour le remboursement des bons de vacances des conventions qui mentionnent explicitement la neutralité religieuse des associations concernées, a-t-il expliqué.

"On nous dit en haut lieu que les Caisses d'allocations familiales (CAF) sont autonomes, mais il y a des instructions qui viennent du sommet", a-t-il poursuivi, soulignant que les refus, qui surviennent au rythme "d'une fois par mois", sont tous formulés dans des termes similaires.

Les refus de remboursement sont motivés par le fait que les statuts de l'association concernée comportent une référence à Jésus-Christ ou que le programme d'activités prévoit un temps quotidien de lecture de la Bible, comme cela a été le cas récemment pour un camp scout d'Eclaireurs de l'Evangile qui s'est vu reprocher de vouloir faire du prosélytisme.

Parallèlement, M. de Clermont a précisé qu'il était convoqué mardi au tribunal de grande instance de Paris pour être mis en examen après une plainte pour diffamation déposée contre Le Figaro et lui-même par le député-maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Jean-Pierre Brard (app PCF).

Cette plainte, qui devrait être examinée à partir d'avril au tribunal de Bobigny, était intervenue après le dépôt d'une plainte en juillet 2005 par des associations évangéliques de Montreuil (Seine-Saint-Denis), la FPF étant partie civile, contre M. Brard lui reprochant des intrusions dans des cultes dominicaux qu'elles estiment contraires à la loi de 1905 sur la laïcité.

Source : La Croix


Les protestants s'inquiètent du "regard soupçonneux" antisecte

LE MONDE | 13.03.06 | 13h51 o Mis à jour le 13.03.06 | 13h51

La Fédération protestante de France (FPF) a accueilli cinq nouvelles Eglises, lors de son assemblée générale, samedi 11 mars à Paris. Parmi elles, l'Union des fédérations adventistes de France. Les Adventistes du septième jour, qui comptent 10 000 fidèles dans l'Hexagone et plus de 20 000 outre-mer, se voient souvent reprocher une vision apocalyptique du monde et une lecture littérale de la Bible. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, se défend de "ternir l'image de la Fédération" en acceptant les Adventistes. "Bien au contraire, déclare-t-il. Nous sommes en train d'affirmer notre image en tant que protestants, en privilégiant le débat interne." Jean-François Collange, président des luthériens d'Alsace-Moselle, résume la philosophie de la FPF : "Sans doute a-t-on intérêt à aider de tels mouvements à évoluer, plutôt que de les laisser dans leurs ghettos." Dans son message d'ouverture, le pasteur de Clermont s'est inquiété de "la phobie antisecte" et du "regard soupçonneux d'une part de la population française à l'égard du mouvement évangélique". "On a même inventé dans les médias une distinction sémantique entre les Eglises "évangélistes" et les Eglises "évangéliques", les mauvaises et les bonnes !", a-t-il déploré.

Devant la presse, Jean-Arnold de Clermont s'est inquiété d'un durcissement de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qu'il soupçonne de vouloir "faire du chiffre". Le président de la Miviludes, Jean-Michel Roulet, avait annoncé, lors de sa nomination, en septembre 2005, qu'il souhaitait obtenir rapidement cinq jugements contre des sectes.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-750166@51-749982,0.html


24/03/2005 | France | Source : AFP

Combat politique de M. Brard face aux plaintes après la décision des églises évangéliques

Le député-maire de Montreuil (app PCF) Jean-Pierre Brard s'est dit prêt mercredi à livrer "un combat politique" pour défendre la loi de 1905, après la décision d'églises protestantes évangéliques de l'attaquer en justice.

Trois églises évangéliques de Montreuil (Seine-Saint-Denis), soutenues par la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération évangélique de France (FEF), ont annoncé le 12 mars leur décision d'attaquer en justice M. Brard pour avoir interrompu leur culte dominical en voulant procéder à des contrôles de sécurité le 6 février.

"Je vais combattre pour continuer d'empêcher la révision de la loi de 1905" sur la laïcité, a déclaré M. Brard lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, "c'est un combat politique qui est engagé".

Jean-Arnold de Clermont, le président de la FPF "a dit qu'il nous poursuivrait en justice, je le souhaite, on va démontrer que le mobile de M. de Clermont est uniquement la révision de la loi de 1905".

M. Brard s'est dit prêt à "rencontrer publiquement M. de Clermont quand il veut". Ce dernier "essaie de judiciariser le débat, ce qui prouve la faiblesse de son point de vue", a-t-il ajouté. "Ses agressions répétées contre la loi de 1905 tombent à plat, il y a un consensus quasi total pour ne pas toucher à la loi".

"Nous ne voulons pas anglo-saxonniser la France, il s'agit de préserver nos institutions", a-t-il encore dit, accusant M. de Clermont de faire "d'une banale affaire une affaire de victimisation pour montrer qu'il y a menace sur la liberté de religion".

M. Brard a raconté ses interventions, répétant qu'il devait comme maire s'assurer du respect de la loi sur la sécurité des personnes et qu'il fallait effectuer les contrôles "au moment où l'infraction peut être constatée".

"Je ne suis pas allé visiter des Eglises, mais des lieux où il y avait des plaintes du voisinage", a-t-il expliqué.

Sur six lieux visités, deux étaient déjà fermés à la suite d'une précédente visite et un troisième a fait l'objet le 14 mars d'une décision de fermeture de la commission de sécurité pour non respect des normes, a indiqué M. Brard. Source : AFP


RELIGION Jean-Pierre Brard dit avoir interrompu un culte pour raison de sécurité

Deux fédérations protestantes vont porter plainte contre le maire de Montreuil

Sophie de Ravinel

[14 mars 2005]

Une affaire de protection contre le feu dans des salles de culte protestant en banlieue parisienne se propage comme un incendie. La Fédération protestante de France (FPF), présidée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, ainsi que la Fédération évangélique de France (FEF), ont décidé de se constituer partie civile dans une plainte qui sera déposée - avant l'été au plus tard - contre le député maire de Montreuil apparenté communiste, Jean-Pierre Brard. Ce dernier est accusé d'avoir interrompu des cultes, le 6 février dernier.

"Dans l'un de ces lieux de culte, a expliqué le pasteur Jean-Arnold de Clermont en marge de l'Assemblée générale de la FPF, M. Brard a pris la parole, se saisissant du micro, pour demander aux fidèles de prier moins fort par respect pour le voisinage. Il s'est aussi permis d'arracher des affiches sur les murs, puis a demandé à ce que lui soient présentés dans la demi-heure les registres sur la sécurité." Selon le président de la FPF, qui n'a pas directement constaté les faits, "des excuses auraient suffi pour classer cette affaire". Outre la violation de l'article 32 de la loi de 1905 sur la liberté de pratiquer les cultes, trois des associations culturelles "visitées" devraient porter plainte pour abus de pouvoir de la part du maire. Mais elles ne comptent pas s'arrêter là. Les fidèles sont noirs pour la plupart et Jean-Arnold de Clermont "se dit profondément convaincu qu'il y a aussi discrimination".

Interrogé par Le Figaro, Jean-Pierre Brard accuse à son tour Jean-Arnold de Clermont. "Il se situe sur le registre de l'affabulation et de la victimisation pour arriver à ses fins : la révision de la loi de 1905 pour mise en péril de la liberté religieuse." Le maire de Montreuil nie en bloc avoir saisi un micro ou déchiré une affiche. Il affirme avoir demandé des documents sur la protection incendie, usant de son pouvoir de police administrative. Un responsable d'une des assemblées l'aurait accueilli avec agressivité sans disposer d'aucun des documents exigés. Pour cette raison, Jean-Pierre Brard est revenu une heure plus tard avec trois policiers - "muets et passifs" - afin de faire évacuer les lieux. "En cas d'incendie, justifie le maire, je suis le premier mis en examen."

Pour le maire de Montreuil, cette affaire n'a rien à voir avec un paravent derrière lequel se dissimileraient des crispations laïques face à des craintes de fondamentalisme ou de dérives sectaires. "On ne peut pas me taxer de ce type de comportement. L'amendement sur l'enseignement du fait religieux à l'école que j'ai proposé à l'Assemblée le 2 mars dernier, a été adopté à l'unanimité moins une voix." Jean-Pierre Brard et Jean-Arnold de Clermont ont déjà croisé le fer ces dernières années, notamment sur la question des sectes dont le député de Seine-Saint-Denis s'est fait une spécialité à l'Assemblée.

http://www.lefigaro.fr/france/20050314.FIG0001.html


Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil, député et persécuteur de chrétiens évangéliques !

" Incident dans une paroisse évangélique ", " Les protestants dénoncent des obstacles à la liberté de culte ! ", " Le Maire de Montreuil surveille ses Protestants "... Les gros titres ont fusé pour une affaire qui ne sera pas classée fait divers ! Que s'est-il donc passé à Montreuil, dans la région parisienne, pour que les médias s'intéressent à l'intervention du Maire-Député Jean-Pierre Brard, dans quatre églises évangéliques le dimanche 6 février ? Une intervention que la Fédération Protestante de France (FPF), au travers de son Président Jean-Arnold de Clermont, qualifia d' " incident extrêmement grave ".

La mairie de Montreuil, sur un ton de suffisance…

" Je ne dirai pas que M. Brard a été agressif… Non, pour moi il a juste fait son devoir en vérifiant si tout était ok au niveau sécurité ", explique l'assistante de M. Brard, interrogée sur les incidents liés à l'intrusion du Maire dans les églises évangéliques. Cependant, les faits sont là. Lorsque le Maire s'est rendu à l'église haïtienne de Montreuil, " il a commencé par arracher les affiches devant la porte. Le Pasteur est alors venu à sa rencontre pour lui demander ce qu'il se passe. A cela, le Maire l'a ignoré , il ne lui a rien répondu. M. Brard rentre dans l'assemblée et s'assoit. C'est de la folie !! ", témoigne Félicien Mas, le Pasteur adjoint de l'Assemblée chrétienne Le Rocher.

M. Mas poursuit, " il est resté pendant quarante minutes dans cette église. Quelques temps après s'être assis, il s'est levé et a commencé à compter les chaises. Il s'est alors écrié : ''Vous êtes en surnombre'' ". Surnombre ? Il s'agit d'une salle pouvant accueillir 300 personnes et seules 50 à 60 personnes étaient présentes lors de l'intervention du Maire… Jean-Pierre Brard ne s'est pas contenté d'être un simple perturbateur de culte, il s'est complu à jouer au théologien. " Il est monté au créneau pour dire aux chrétiens ''Arrêtez de chanter ! Arrêtez de faire du bruit ! Ici on prie dans le cœur !'' " rapporte, encore effaré, le pasteur adjoint.

Questionnée sur cette intervention outrepassant pleinement le rôle sécuritaire de M. Brard, la mairie ne répond que par le mépris : " Si c'est un des pasteurs qui l'a dit, il faut le prendre avec beaucoup de pincettes... ". La parole d'un Pasteur ne vaut-elle point celle du Maire de Montreuil ? Il semblerait que non. Jean-Arnold de Clermont, avait écrit une lettre au Premier Ministre M. Raffarin pour dénoncer cet " incident extrêmement grave ". La Mairie, de son côté, n'admet pas la moindre incidence concernant l'intervention du Maire. Selon eux " M. de Clermont, qui veut réformer la loi de 1905, a sauté sur l'occasion pour essayer médiatiquement de gonfler l'affaire ".

Plus surprenant encore, le Maire s'était auto-mandaté au nom du Préfet. " Il avait mis un article dans le monde, le 11 février, où il déclarait avoir reçu la bénédiction du Préfet. Nous avons rencontré le Préfet et il a nié totalement cela " précise Félicien Mas, avant de mettre en garde toutes les églises évangéliques : " Ce problème ne concerne pas une église locale ou même la région seulement. Le problème qui est arrivé ici peut se perpétrer ailleurs ! "

Jean-Pierre Brard a indéniablement fauté !

Jointe au téléphone, l'assistante du Maire explique avec ironie que " ce n'est pas le soir à minuit qu'il va y avoir du monde ", avant de préciser " Si vous prévenez au préalable, ce n'est pas en règle vis-à-vis de la sécurité. Si nous prévenons, ils vont prendre leurs précautions ". A cela, le pasteur Mas ne lui reproche rien. " Il n'y a qu'en plein culte que l'on peut venir voir si la sécurité est bien respectée. Je suis d'accord sur ce point là. Il serait venu s'asseoir, assister au déroulement du culte jusqu'à la fin et demander tout ce qu'il avait à demander, il aurait eu raison ". Mais, le désaccord se situe dans l'acte en lui-même. " En plein culte, rentrer et tout arrêter pour demander cela, là je ne suis plus d'accord. Il est en faute ! ".

Le Pasteur Mas rappelle à l'ordre Jean-Pierre Brard car " d'après la loi de 1905, le Législateur est censé faire en sorte que les cultes se déroulent sans problème, et c'est lui qui perturbe et qui arrête son déroulement. Cette infraction est passible de 15 à 30 jours de prison ferme ". Par ailleurs, avec quelle intention le Maire est-il intervenu ? Pour Samuel Rodrigues, de la Communauté Chrétienne du Plein Evangile de Montreuil, son intention était " l'extermination " des églises évangéliques. " Il s'agit vraiment d'une descente de police prête à fermer les locaux. Si la police est prête, c'est qu'il y a déjà une intention de fermeture non ? Si on vient simplement pour un contrôle, la police n'attend pas dehors ".

Le Pasteur de l'église du Plein Evangile n'en démord pas, il ne s'agit pas d'une " simple visite de routine " comme l'a présentée le Maire. " Si la sécurité était réellement au coeur de cette affaire, il devrait faire cela partout. C'est là que l'on voit qu'il y a autre chose qu'une simple "visite de routine". S'il y a vraiment cette volonté de préserver la sécurité, on commencerait ailleurs, et prioritairement dans les cases des cités qui existent à Montreuil. On sent bien qu'il y a une volonté de s'attaquer au monde évangélique, que M. Brard ne porte pas dans son coeur particulièrement ".

Une idéologie communale clairement néfaste aux églises évangéliques…

Jean-Pierre Brard est le maire de Montreuil depuis le 18 mars 1984. Egalement député depuis 1988, il est apparenté au groupe communiste. En 1995, il était vice-président de la commission d'enquête sur les sectes. Une tâche qu'il a poursuivie en 1999 en tant que rapporteur de la commission sur les sectes et l'argent. " Il nous considère comme des sectes dangereuses à la solde de Bush et il veut compromettre l'implantation de l'impérialisme américain " affirme sans détour Samuel Rodrigues, avant de rajouter que " M. Brard, qui connait Billy Graham, le considère comme un sujet très dangereux. Si on le considère comme dangereux, je ne sais pas quelle est la définition de la dangerosité ! "

Selon M. Rodrigues, " Jean-Pierre Brard connaît très bien nos failles. Il sait bien que s'il s'attaque juste à une église, comme il y a un certain indépendantisme, ça ne va pas jouer sur les autres. Mais là il s'est trompé puisque nous sommes vraiment solidaires, en dépit du fait que nous n'avons pas été personnellement touchés ". Même s'il n'y a jamais eu de problèmes majeurs auparavant avec la mairie, les églises subissent fréquemment de nombreux tracas. Concernant l'évangélisation, " il n'y a aucune autorisation possible ! Le stand biblique que l'on avait depuis plusieurs années nous a été supprimé. Même le stand d'une Bible par foyer. Rejet complet. On sent bien qu'il n'est pas dans l'idéologie de la commune d'avoir des églises évangéliques, mais là il est allé un peu trop loin ".

Les églises, solidaires pour réagir efficacement !

Face à ces incidents inacceptables, une réunion a eu lieu ce jeudi 17 février pour mettre au point une " démarche commune ", explique Samuel Rodrigues, également coordinateur de la pastorale inter-églises de la région parisienne. " Je ne sais pas si c'est personnel, mais de toute manière il est allé trop loin et on a pas l'intention de laisser passer ça sous silence. On ne peut pas accepter la manière quelque peu stalinienne avec laquelle il a agi, et c'est cela qui provoque ma révolte ".

M. Mas souligne l'aspect spirituel de cette étrange histoire. " L'Eglise est là aussi pour conseiller les autorités. La Bible nous dit d'honorer les autorités car elles viennent de Dieu et de prier pour elles, car ils ont une lourde responsabilité. Si nous ne faisons pas notre travail, nous aurons à subir des autorités qui seront malades… ". Le Pasteur adjoint conclut en témoignant d'une volonté d'entente paisible entre la mairie et les églises évangéliques. " Nous ne voulons pas faire de problème avec la mairie. Nous sommes à Montreuil depuis 1992. Lors de l'inauguration, nous l'avions invité en tant que représentant. Il avait répondu qu'il ne viendrait pas car il n'aimait pas ce genre de choses. Nous n'avons pas de problèmes avec lui, mais c'est lui qui a des problèmes avec nous ! Il est clairement anticlérical ".

Les églises sont prêtes à dialoguer avec les autorités, mais ces dernières le veulent-elles réellement ? M. Rodrigues se souvient que " lors d'un colloque, nous avions invité M. Clément, qui était le Conseiller régional de la Seine Saint-Denis, ainsi que d'autres personnalités. Nous avions aussi invité les maires des villes à venir pour une table ronde avec le secrétaire de la FPF et de la FEF et un certain nombre de pasteurs, qui étaient là prêts à répondre à leurs questionnements. Mais ils n'ont absolument pas donné suite, ce qui montre que le désir de dialogue n'était pas présent. On ne connaît pas les évangéliques, mais lorsque nous voulons nous faire connaître, on nous ignore, on nous méprise…"

Paul Ohlott

Source : www.topchretien.com


Les protestants dénoncent des entraves à la liberté de culte

jeudi 10 février 2005, 13h59 - AFP

La Fédération protestante de France (FPF) a dénoncé jeudi une "irruption" du député-maire (app-PCF) de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Jean-Pierre Brard le dimanche précédent durant le culte dans une paroisse évangélique de la ville.

"C'est un incident extrêmement grave", a déclaré le président de la FPF Jean-Arnold de Clermont lors d'une conférence de presse, dénonçant deux autres cas de tracasseries administratives envers des églises évangéliques africaines dans le même département, à l'Eglise Gethsemané de Villetaneuse et celle de l'Arche de Paix à Saint-Denis.

M. de Clermont n'a pas directement évoqué la question du racisme mais le pasteur Moke Pengele de l'Arche de Paix a déclaré que ces difficultés étaient liées à "notre couleur".

"Le protestantisme apprécie d'être dans un pays où la liberté des cultes est globalement respectée, mais des menaces pèsent aujourd'hui ponctuellement sur cette liberté", a-t-il dit.

M. de Clermont, qui a demandé un rendez-vous d'urgence au ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin et doit être reçu "dans les prochains jours" par le préfet de Seine-Saint-Denis, n'a pas exclu une action en justice à l'encontre de M. Brard.

Il a rappelé que l'article 32 de la loi de 1905 réprime ceux qui empêchent, retardent ou interrompent les exercices d'un culte par des troubles ou désordres causés dans le local servant à ces exercices.

"Je me préparai à prêcher lorsque j'ai vu trois personnes entrer, M. Brard m'a montré sa carte et expliqué qu'il venait contrôler la salle en disant: +sortez moi le dernier rapport+ (sur la sécurité) sinon je reviens dans une demi-heure et je fais évacuer la salle", a raconté aux journalistes Félicien Mas Miangu, pasteur de l'Assemblée évangélique Le Rocher, membre de la Communauté d'Eglises d'expression africaine en France (CEAF, membre de la FPF).

Par hasard, l'aumônier général des prisons de la FPF Jean-Marc Dupeux, avec lequel M. Mas travaille à la prison de la Santé, était venu assister au culte. Il est alors intervenu pour expliquer à M. Brard que l'église appartenait à la FPF et le député-maire, estimant que cela constituait un label, est alors reparti.

M. Brard a pour sa part expliqué à l'AFP avoir contrôlé dimanche quatre locaux recevant du public dans sa ville en vertu de son pouvoir de police administrative et que le Rocher ne présentait pas de problèmes, contrairement aux trois autres lieux.

"J'ai contrôlé dimanche quatre lieux de culte qui reçoivent du public comme je le fais régulièrement, c'est la vie quotidienne d'un maire", a-t-il dit à l'AFP. "Je ne m'intéresse pas à quelle religion y est implantée mais au contrôle de sécurité (....) car s'il y a un jour un problème comme un incendie je serai désigné comme responsable".

Source : La Croix. Reproduit sur : http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=12834.64&highlight=brard&c=non

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