Les archives de Maître Paturel

Partie 1

Un millier de pages environ, rassemblées en 70 dossiers, nous ont été envoyées en ce début d’année 2006 par Christian Paturel.

Ce dernier est cet avocat et écrivain qui après 10 années de luttes et de plaidoiries a enfin été rétabli dans ses droits le 22 décembre 2005 devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, dans une affaire qui l’opposait à l’UNADFI.

Nous avons pris contact avec lui afin de relayer son témoignage exemplaire et porteur d’espoir pour l’avenir de la liberté spirituelle.

Devant sa disponibilité et la confiance qu’il nous a très vite témoignée, nous lui avons demandé s’il pouvait combler quelques-unes de nos lacunes dans l’histoire des mouvements anti-sectes en France.

En réponse, nous avons reçu une partie de ses archives de défenseur des libertés individuelles et plus précisément celles en relation avec l’objet du CICNS.

Plonger dans ces archives, c’est découvrir ou redécouvrir une somme de témoignages et de faits qui inspirent le plus souvent le dégoût, la consternation ou la peur mais qui ont la vertu d’éclairer ce qui se passe aujourd'hui en France sous la dénomination de « lutte contre les dérives sectaires ».

Nous vous proposons de prendre connaissance ci-dessous des documents qui, à divers titres, nous ont le plus touchés.

« Enlèvement et séquestration d’enfants par la justice française » 

 Extrait du dossier 33 : Un article de Libération du 20 juillet 1993

Cet article fait état de « l’annulation de placement » de 33 enfants par la cour d’appel de Lyon. Il relate succinctement l’arrestation massive et simultanée, en 12 lieux différents, le 9 juin 1993, de 50 adultes et de leurs enfants appartenant au réseau de communautés. Ces 33 enfants ont donc été séparés de leurs parents pendant 7 semaines. L’article nous apprend qu'à la date de parution de l’article, 38 autres enfants étaient encore maintenus en placement sous l’autorité du Juges des enfants d’Aix en Provence où les familles manifestaient quotidiennement pour réclamer leur libération. L’article rapporte enfin que de nombreuses violences policières ont été relatées lors de l’arrestation : « portes défoncées », « femme traînée par les cheveux », « enfants arrachés au sein de leur mère » et que les caméras d’Antenne2 accompagnaient les gendarmes.

Me Pesenti représentait l’ADFI, partie civile contre « la secte ».

Les expertises étaient signées du docteur Abgrall.

En suivant la piste de cette affaire édifiante, on découvre que 150 enfants environ ont été abusivement et brutalement séparés de leurs parents, qu’ils ont tous dû subir des interrogatoires et des examens gynécologiques pour être finalement rendus à leur parents faute de preuves aux allégations avancées de « proxénétisme aggravé », « attentats à la pudeur » et… « séquestration » (sic).

L’accusation s’est donc restreinte à « l'excitation à la débauche de mineurs » (ancienne appellation de "corruption de mineurs").

Il semble que sur les 23 adultes ayant subi cette inculpation, un seul ait finalement été condamné à une peine avec sursis et ait perdu la garde de ses enfants au profit de sa femme divorcée. 22 ont été, en tout état de cause, relaxés définitivement en janvier 1999.

Les membres de « La Famille » ont pour beaucoup, et suite à cette affaire, décidé de quitter la France.

Malgré l'évidence de leurs erreurs, dans un article de Libération du 15 janvier 1999 relatant ce dernier non-lieu, la partie civile, l’ADFI, taxait de « catastrophe » cette décision et affirmait que les 5 ans de recherche de preuves infructueuse des juges d’instruction sont à mettre en parallèle avec une déclaration des gendarmes qui se souviennent de la désagréable impression qu'ils ont ressentie lors de leur coup de filet : "Les gens de la Famille semblaient informés de notre venue ".

Grâce au raisonnement de ces représentants de l’ADFI, on comprend donc que ces gens auraient eu des accointances dans la gendarmerie ou la magistrature et auraient décidé d’attendre les gendarmes (au lieu d’aller ailleurs ce jour-là) afin, probablement, de faire profiter leurs enfants des services sociaux de l’administration.

Une telle attitude aurait pu être compréhensible si les gens de la Famille avaient voulu faire de la publicité autour de la persécution et des suspicions qui les ont poursuivies depuis près de 30 ans. Le fait est que l’on ne trouve nulle part trace d’une telle publicité. Cette affaire est presque absente d'Internet à l’exception des sites anti-sectes qui s’obstinent, malgré les non-lieux et les évidences d'abus de procédure, à étaler des inculpations et des suspicions qu’ils ont eux-mêmes initiées comme si elles avaient valeur de preuve.

Ils condamnent à perpétuité des groupes à subir leur vindicte. Les issues des procès ne changent rien à leur conviction. Pour eux, un mouvement spirituel minoritaire acquitté est une secte qui a su tromper la justice.

Pour en savoir plus sur « La Famille » : les témoignages entendus par la commission d’enquête parlementaire belge:

http://www.dekamer.be/FLWB/pdf/49/0313/49K0313007.pdf%20 page 230 à 243 et page 329

 


Autres parties du dossier :

Partie 2 : Les bourdes du rapport Gest-Guyard

Partie 3 : caricatures et sombres desseins

Partie 4 : L'affaire Horus et celles des objecteurs de conscience.

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